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nevers-salleCarnet de voyage affectueux sur les pas de Bernadette avec la CNDA

Qui, hormis celui qui y habite, sait encore où sont le Hurepoix ou le Gâtinais ? A l’heure où tous les Conseils généraux ou régionaux nous surinforment, grâce à nos impôts, dès l’entrée dans leurs terres, il n’y a plus que les suffixes des noms de villages ou les enseignes du commerce pour dire les vieux pays de France !

Partis du Parisis, après les susdits, nous avons sillonné la Brie et l’Auxerrois puis abouti en la capitale du Nivernais pour suivre la retraite annuelle de la Communion Notre-Dame de l’Alliance… Une telle retraite se différencie d’un séjour monacal sur plusieurs plans. En premier, par la règle du silence, moins stricte et pas toujours aussi bien respectée… Ensuite, parce que la nature même de la situation des participants les fait déborder de prévenance les uns pour les autres, par exemple lors des repas : combien de fois ai-je dû redire par geste que « non, merci » je ne prends ni sucre, ni lait, ni beurre, ni jus… Enfin, parce qu’elle nous ouvre sur les autres et sur le passé, surtout dans une ville aussi chargée d’histoire.

La cathédrale, dédiée à sainte Julitte et son fils saint Cyr, est étonnamment flanquée de deux absides comme parfois sur les bords du Rhin : une romane, tournée vers l’occident, et une gothique, vers l’orient. Un curieux carillon à une aiguille sonne les quarts à côté de la chaire, comme pour limiter la durée de l’homélie (celle-ci devant respecter les canons de la minijupe : assez courte pour éveiller l’intérêt et assez longue pour recouvrir le sujet…) La crypte recèle une superbe mise au tombeau et la chapelle de l’Immaculée Conception témoigne que son culte était ici déjà répandu au XVème siècle.

A proximité, le palais ducal surplombant la Loire ravive en moi le souvenir de Lagardère et de la « botte de Nevers ». Que la France est belle !

La première « grotte de Lourdes » que j’ai vue, lors d’un séjour professionnel, était à Marrakech. Depuis que j’ai découvert la vraie, en accompagnant Jean-Paul II lors de son pèlerinage en juillet 2003, je renâcle à m’intéresser aux répliques. Je fais une exception pour celle des Sœurs de la Charité de Nevers, en raison de la présence en ces lieux de sainte Bernadette puisqu’elle vécut ici après Lourdes : bienheureuse enfant qui nous valut un si grand sanctuaire marial !

Le fait qu’elle ait été canonisée sous son diminutif, plutôt que sous son prénom d’origine – Marie-Bernarde – bien qu’elle ait repris le même en religion, montre qu’en tout elle était petite : rescapée du choléra, ne mesurant qu’un mètre quarante, elle fut tout étonnée d’être voussoyée par la « belle demoiselle » et que celle-ci l’ait « regardée comme une personne ». Ne pouvant travailler, au couvent, elle se résignait en disant que Dieu lui avait « donné l’emploi d’être malade »…