neverspred2Nous sommes 150 dans l’ancienne chapelle des novices, où la retraite nous est prêchée par le Père Jacques Philippe, de la communauté des Béatitudes, sur le thème de « la paix et la liberté intérieures ». Il pouffe souvent, comme le prestidigitateur télévisuel Garcimore, mais ne rate jamais ses effets. Florilège d’un apprentissage destiné à affronter la tourmente sans pâtir des tourments :

·         La paix est multiple, comme en témoignent la diversité des adjectifs : paisible (avant le trouble), apaisé (après le trouble) ou pacifié (après la révolte).

·         Selon saint François de Sales, plus un lac est calme, mieux il reflète le soleil et il en est de même pour notre cœur et Dieu. Notre premier devoir est donc d’être en paix…

·         shalom vient d’une racine qui signifie entièreté, complétion (comme l’agneau pascal sans défaut) ; l’inverse est l’insatisfaction, la frustration, le vide.

·         La parole de vie fondamentale (« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, […] et ton prochain comme toi-même » Luc 10, 27) est comme un trépied : si un des amours n’est pas à bonne hauteur, c’est le tabouret qui s’effondre ! Si je me traite de bourrique, je fais injure à l’amour que Dieu me porte et ne pourrai offrir à mon prochain que des ruades…

·         Notre amour (pour Dieu, autrui et nous-même) est-il vraiment désintéressé ? Bien souvent, on croit donner mais on achète…

·         Le mépris de soi n’est pas fruit de l’humilité mais de l’orgueil déçu.

·         « Les plus grands obstacles à la sainteté sont le découragement et l'inquiétude » (Jésus à sainte Faustine).

·         « Tu as du prix à mes yeux et Moi, Je t'aime […] J’ai gravé ton nom dans la paume de ma main » (Isaïe 43, 4 et 49, 16)

·         Ressasser le passé nous rend nostalgique ou nous accable ; se projeter dans l’avenir nous fait idéaliser ou redouter ; seul le présent est un cadeau à ouvrir…

·         La souffrance ne peut pas ne pas être consolée par Dieu car il n’est de souffrance que d’amour…

·         « S’il nous est impossible de modifier une situation qui ne dépend pas de nous, il nous reste la possibilité de modifier notre regard pour l’accepter. L’humour devient alors une formidable parade contre le désespoir. » (Viktor Frankl)

·         La croix que l’on accepte est plus facile à porter que celle que l’on refuse ; de plus, passer de la résignation au consentement, en y mettant foi et espérance, féconde notre acte.

·         Ce qui vient de l’extérieur peut nous faire mal (souffrir) mais ne peut nous faire du mal (rendre mauvais) ; c’est notre façon d’y répondre qui peut laisser pénétrer ce mal en nous. Ce serait alors comme une sorte de complicité : personne ne peut m’énerver ; c’est moi qui m’énerve…

·         Le mal n’a pas de consistance, hormis celle que nous lui donnons.

·         « Le mal n’est pas une substance vivante, mais une perversion de l’intelligence et de l’âme » (saint Ambroise de Milan)

·         On ne guérit pas le mal en le dénonçant, ce qui risque de l’accroître de façon perverse, mais en faisant le bien.

·         Au contraire de la victimisation, la liberté est la capacité d’affronter toute situation dans un sens positif.

·         Toute épreuve recèle un appel à grandir mais seul celui qui est interpellé doit le formuler…

·         Certaines pauvretés que la vie nous inflige peuvent être entendues comme un appel de Dieu à développer notre humilité.

·         La sagesse nécessite de savoir laisser de côté les questions sans réponse. La seule question qui a toujours une réponse (qu’attend Dieu de moi ?) nous fait grandir car elle nous responsabilise…

·         Au lieu de nous demander ce que nous pouvons encore attendre de la vie, interrogeons-nous sur ce que la vie (Dieu) attend encore de nous !

·         Intervention opportune du Père Alain Bandelier pour rappeler que le pardon n’engage que celui qui le donne (contrairement aux promesses politiques ! NdlR). Encore faut-il que le destinataire soit en mesure de le recevoir, ce qui peut prendre du temps…

·         Pour clore cette semaine, Renouvellement du « Oui » au Conjoint en la fête de saint Jean-Baptiste, martyrisé pour avoir défendu la fidélité. Selon le Père Philippe, nous sommes sans doute appelés, à travers l’épreuve de notre séparation, à être prophètes de cette fidélité…