Index de l'article

Comme chaque année, depuis sept ans, un groupe de marcheurs s’est retrouvé pour vivre quatre jours ensemble. Cette expérience s’avère une véritable « école de vie ». La Communion, on la met en pratique. C’est plus fort et plus concret que les échanges par mails ou téléphone, comme nous le montrent les impressions des uns et des autres recueillies au cours du partage final.

La parole de l’autre me fait grandir. A travers l’autre, le Seigneur m’a parlé, il me parle. Je reçois des éclairages sur moi-même. C’est parfois difficile d’accepter ces éclairages. Je me regarde en vérité, même dans mes manques ou mes faiblesses. La carapace tombe, et ça peut être dur. Il faut du courage pour venir car ça décape.
C’est un combat. Je peux avoir envie de me fermer, de fuir. Je suis libre de le faire. Mais si je choisis la confiance dans les autres et l’abandon au Seigneur, je trouve la paix et la joie.
Je pense aux couples qui, tous les jours, doivent vivre ce même combat pour grandir en amour, en amitié.
Au cours des partages, j’ai vécu des moments très forts. Il m’est devenu plus facile de voir en l’autre le visage de Dieu. C’est ce que j’ai cherché et je l’ai trouvé. Je deviens capable de rejoindre l’autre dans ce qu’il éprouve au fond de lui. De le rejoindre sans jugement. Même ce qui peut sembler négatif en l’autre – ses difficultés, sa souffrance - peut me faire grandir. J’en témoigne car je l’ai vécu.
J’apprends à voir en l’autre des facettes inattendues, des qualités, des talents qui lui sont propres. Je suis émerveillé(e) de tout ce que je découvre chez l’autre en vivant ainsi au jour le jour avec lui. Nous avons tous des talents, et parfois ils sont cachés. On les découvre en vivant ensemble.
On apprend à s’aimer soi-même comme l’on est, sans envier personne.
Une parole me touche : « Tel que tu es, je t’aime ». Si je suis aimé(e) ainsi, je peux à mon tour aimer mon frère ou ma sœur, tel qu’il est, telle qu’elle est. Je n’ai plus peur de communiquer, je ne suis plus sur la défensive. Je peux être moi-même en vérité sans avoir ni peur ni réticence.
Les veillées me faisaient peur. J’avais peur du regard de l’autre. Mais je me suis senti(e) accepté(e), reconnu(e), intégré(e) et finalement les veillées furent des moments de grande joie partagée.
L’alternance des temps en solitude, en binômes et en groupe permet de se poser, de s’éloigner parfois pour entrer en soi-même avant de retrouver l’autre ou les autres. C’est important pour l’équilibre personnel et pour celui du groupe, surtout en cas de heurts ou de tensions.
L’alternance silence-parole, solitude-binôme ou groupe, m’a permis de me ressourcer dans la prière, de prendre du recul avant de parler ou d’agir. J’apprends à retenir ma réaction première, à prier avant d’agir. Cela me demande un effort mais je sens que je progresse, avec la grâce de Dieu.
Ce fonctionnement a des règles qui semblent d’abord très rigoureuses mais j’en vois mieux maintenant le bien-fondé. Chacun y trouve sa place. J’apprends à porter la même attention à tous et à chacun. Pas d’exclusion, ni de fusion, ni de sous-groupes. Cela exige que tous jouent le jeu et acceptent les contraintes des alternances, des services, des horaires, que tous respectent les règles en y adhérant de bon cœur avec le désir de bien faire mais sans stress. On ne comprend bien la portée de cette discipline qu’en l’ayant expérimentée.