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Catégorie : en Belgique

Il n’est pas courant que la retraite de la CNDA se déroule en Belgique. Plusieurs d’entre vous nous ont déjàcarte_belgique posé des questions à son sujet.
Certains nous ont même confié qu’ils n’avaient jamais mis les pieds sur le sol belge alors qu’il fait si bon vivre dans notre petite Belgique, même sans gouvernement mais toujours avec un roi.
Au fil des « Anneau de feu », vous aurez une approche de la Belgique afin que vous soyez bien adaptés pour votre atterrissage dans le Grand Nord.
Tout d’abord voici où se situe Banneux, petit village situé à 120 km à l’est de Bruxelles, dans le diocèse de Liège. En train, la gare principale la plus proche est Verviers à 14 km.
Vous vous souviendrez, bien entendu, de ce que César a dit des Belges :
astrixbanneux

 

 

 

 

Maintenant que vous savez où se situe Banneux, il serait intéressant de savoir ce qui fait sa caractéristique.marie_banneux-2 C’est une petite page d’histoire que nous vous proposons cette fois-ci.
Banneux est un lieu marial tout comme Beauraing et il est difficile de séparer ces deux lieux de pèlerinage.  C’est en ces deux seuls lieux que la Vierge Marie est apparue en Belgique.
Les premières apparitions commencèrent à Beauraing à la fin novembre de l’année 1932.  Marie est apparue une trentaine de fois à un groupe de cinq enfants appartenant à deux familles et ce jusqu’au 3 janvier 1933. Quelques jours à peine après son « au revoir » à Beauraing, elle apparaît à Banneux, le 15 janvier 1933 à Mariette Beco, une enfant de douze ans, aînée d’une famille de sept enfants. Elle apparaîtra huit fois à Mariette et lui dira « adieu » le 2 mars de cette même année.
Marie s’est ainsi faite présente en deux endroits en Belgique en l’espace de trois mois et demi. Dans les deux endroits, elle a demandé une chapelle et un lieu de pèlerinage. Son message essentiel est : « Priez, priez beaucoup ».
À Beauraing, elle apparaîtra à la fin les bras ouverts et le cœur tout illuminé, d’où l’appellation de Notre-Dame de Beauraing : la Vierge au cœur d’or.
À Banneux, elle désigne à Mariette une source qu’elle réserve à toutes les nations pour soulager les malades.  Elle se présente comme la Vierge des pauvres. 
Banneux est un peu notre Lourdes à la belge.
Et puisque Marie a demandé de prier et de prier beaucoup, associons-nous déjà à la prière de Mgr Louis-Joseph Kerkhofs, évêque de Liège au moment des apparitions :
« Vierge des Pauvres, sois bénie ! Et béni Celui qui daigna t'envoyer vers nous ! Ce que tu n'as cessé d'être pour nous, tu l'as été et tu le seras pour tous ceux qui, comme nous et mieux que nous, t’ont donné ou te donneront leur foi et leur prière. Tu seras pour nous tous ce que tu t'es révélée à Banneux, la Médiatrice de toutes les grâces, l'Associée du Dieu-Sauveur, la Mère compatissante et puissante qui aime les pauvres et tous les hommes, qui réconforte les malades, qui soulage la souffrance, qui sauve les individus et les sociétés, la Reine et la Mère de toutes les nations, venue pour conduire ceux qui se laissent guider vers Jésus, vraie et unique source de vie éternelle. Vierge des Pauvres, nous croyons en toi ; crois en nous. Amen.



preparation-banneux-3Quand on passe une frontière peut se poser le problème de la langue.  A priori, entre la Belgique et la France, cela ne devrait pas poser trop de problèmes mais nous avons nos petites expressions bien belges, nos belgicismes (parfois venant du flamand) et notre manière de prononcer les mots.  Alors, pour éviter quelques quiproquos, voici un petit aperçu du langage parlé en Belgique et de quelques coutumes.  Pour vous faciliter la lecture, vous trouverez entre parenthèses le mot en langue de France.
Lorsque vous viendrez à Banneux, n’oubliez pas votre serviette (serviette de table), elle vous servira pour le déjeuner (petit déjeuner), le dîner (déjeuner) et le souper (dîner).  Le dimanche, vous n’aurez pas droit à vos couques (pains au chocolat) ou pistolets (petits pains ronds) et les jours de semaine, vous ne trouverez pas de pain français (baguette) sur la table.  Chez nous, on mange des tartines. Pour ceux qui n’aiment pas les chicons (endives) pas de problème, ce ne sera pas la saison.  Vous devrez à tour de rôle aider dans la cuisine pour la vaisselle.  À cet usage, vous utiliserez des essuies de vaisselles (torchons).  Dans vos effets personnels, n’oubliez pas vos essuies de bain (serviettes de bain).  Pour être à l’aise, vous pouvez prendre vos slaches (pantoufles).  En fin de séjour, vous aurez à votre disposition loque à poussière (chiffon pour épousseter) et torchon (serpillière) pour le nettoyage de votre chambre.  Vous les ferez blinquer (briller) pour les suivants.
Pour votre transport jusqu’à Banneux, on sait (peut) prévoir une navette (déplacement) à partir de la gare.  Pour ceux qui viennent en voiture, il y a un grand parking.  Attention, roulez prudemment, et mettez votre clignoteur (clignotant) ; un blouche (petit dégât de carrosserie) est si vite arrivé.
En arrivant, nous nous donnerons la baise (la bise) et sachez qu’en Belgique, on fonctionne par nombre impair, soit une ou trois baises et non deux ou quatre.
Lors des conférences, vous veillerez à éteindre vos GSM (portables) afin de ne pas être tenté d’envoyer un SMS (texto). Véronique vous donnera toujours la page des chants.  Sachez que nous apprécions beaucoup les chants des pages septante (soixante-dix) et nonante (quatre-vingt-dix).
Question météo, il peut dracher (pleuvoir très fort) ou faire très douf (chaleur étouffante). 
On vous attend spitants (pleins d’énergie).  Et nous espérons que vous serez pafs (ébahis) par cette retraite.
Nous, les Belges, nous ne ferons pas de notre nez (être arrogants), et ne serons pas dikkenek (vantards).  Mais, une fois, ce sera bien cette retraite en Belgique !


La Belgique est loin de compter autant de saints que la France et peut-être pas des saints aussi connus que, par exemple,  la petite Thérèse de l’Enfant-Jésus auprès de laquelle nous avons vécu une retraite il y a quelques années.  Nous voudrions cependant vous en faire découvrir quelques-uns qui ont marqué l’histoire de la chrétienté en Belgique et l’Eglise universelle.saint-materne
Saint Materne, disciple de saint Pierre, est venu avec ses frères, saint Euchaire et saint Valère, évangéliser la Gaule du Nord vers l’an 50.  Les deux aînés, compagnons de mission, s’attardent en Alsace, plus précisément à Trêves, l’antique capitale de la tribu celtique belge.  Saint Materne, à la mort de ses frères, prend son bâton de pèlerin et de prédicateur et s’en vient à Tongres, première ville de la Belgique actuelle à entendre le message du Christ.  Sa mission d’évangélisation va s’étendre tout le long de la Meuse ainsi que vers le Nord, jusqu’à Utrecht, une ville des Pays-Bas.
Dès que saint Materne arrive à Tongres, l’évangélisation connaît un grand succès : de nombreuses conversions ont lieu et très vite naissent les premières communautés chrétiennes. Suite à ces conversions massives, Materne bâtit un oratoire en l’honneur de la très sainte Mère de Dieu pour laquelle il a une grande dévotion.  On prétend que ce fut le premier oratoire dédié à la Vierge Marie au-delà des Alpes.
julienne_de_mont-cornillonMille ans plus tard, en 1192, naquit en Belgique, à Rétine, une petite fille du nom de Julienne. Orpheline à 5 ans, elle est recueillie par les sœurs Augustines du Mont Cornillon où elle prend l’habit à l’âge de quatorze ans.  Elle a régulièrement des visions dont celle de la lune rayonnante de lumière mais divisée en deux par une bande noire.  Elle cherche obstinément une signification à cette vision.  Dieu la lui révèlera.  La lune représente l’Eglise et la bande noire signifie l’absence d’une fête solennelle dans l’Eglise, celle du Saint-Sacrement, qui doit être instituée pour ranimer la foi et pour expier les fautes commises contre ce sacrement. Mais pour obtenir de l’Eglise l’institution de cette fête, sainte Julienne se heurte à de nombreuses résistances au point de devoir quitter son monastère.  En 1246, une première fête eut lieu mais l’évêque, Robert de Langres, mourut avant la tenue du synode qui devait l’établir par mandement officiel. La fête disparut pendant quinze ans tellement l’opposition était forte. C’est finalement par la bulle Transiturus de hoc mundo d’Urbain IV, ancien vicaire de l’évêque Robert de Langres, que la fête du Corpus Domini devint fête de l’Eglise universelle.  Sainte Julienne du Mont Cornillon mourut en 1258 sans avoir connu l’instauration de cette fête par l’Eglise.saint-damien-of-molokai

Enfin, parlons de saint Damien de Veuster ou Damien de Molokaï récemment canonisé. Septième d’une famille de huit enfants, il a un grand amour pour l’adoration eucharistique qui le soutiendra dans sa mission. Jeune religieux, il prend la place de son frère malade pour partir sur l’île de Molokaï.  C’est là que sont isolés les lépreux.  Il va s’en occuper jusqu’à la fin de sa vie avec un grand amour fraternel au point de devenir lui-même lépreux. Sa grande désolation est de ne pouvoir se confesser régulièrement, étant le seul prêtre du lieu.  Il meurt le 15 avril 1889, quelques jours avant Pâques.  Et voici ses dernières paroles : « Qu’il est doux de mourir comme un enfant des Sacrés-Cœurs de Jésus et Marie ! »

 


Peut-être que certains d’entre vous hésitent encore à venir vivre la retraite annuelle à Banneux ?  Franchir la frontière belge est un cap qui se passe sans difficulté puisqu’il n’y a plus de douane !moules-marinieres
Certains redoutent peut-être la cuisine belge et ils n’ont pas tout à fait tort car rien ne vaut un bon verre de vin sur la table avec un bon morceau de fromage. Et en cela la France peut recevoir la médaille d’or pour ses bons mets qui font plaisir au palais.  Mais la Belgique sait aussi y faire en bonnes choses à se mettre sous la dent ou dans le gosier. Nous n’avons pas d’égal en matière brassicole.  Nos bieres-belgesmoines nous ont montré l’exemple depuis des siècles.  Dans notre petit pays, vous aurez le plaisir de goûter pas moins de 726 espèces de bières et ce pour tous les goûts : certaines plus fortes (jusqu’à 12° d’alcool comme la plupart des vins), d’autres plus sucrées ou plus amères, des blondes, des brunes ou des ambrées...  Certaines se dégustent agréablement au coin d’un feu ouvert, d’autres sont désaltérantes à souhait par les journées ensoleillées.  De plus, cette agréable boisson contient des nutriments excellents pour la santé dont la levure.  Et pour ce qui est de se nourrir, chaque région a sa spécialité : le waterzooï gantois, les choux de Bruxelles, la tarte al Djote de Nivelles, les lacquemants de Liège, sans compter nos bonnes sucreries ou bonbons comme le cuberdon, le chokotoff, la babelutte.  Et puis, qui peut parler du chocolat sans mentionner la Belgique ?
Mais peut-être que l’aspect culinaire vous importe peu et qu’il vous faut autre chose à vous mettre sous la dent pour vous faire venir à Banneux…chocolats-belgesgaufreEh bien, les petits Belges, nous avons la grande joie de vous annoncer que notre Eglise prend très au sérieux notre retraite en Belgique car pas moins de 5 évêques et le cardinal lui-même vont faire le déplacement jusqu’à Banneux pour VOUS rencontrer.  Leur venue sera un encouragement pour nous tous dans notre mission, si difficilement compréhensible par le monde, qu’est la fidélité à notre conjoint après la séparation.
Mgrs Kockerols, Hudsyn et Warin seront présents le jeudi soir lors de la veillée de réconciliation.  Le samedi, le Cardinal Danneels présidera la messe du renouvellement du OUI en présence de Mgr Jousten, évêque de Liège, et de Mgr Léonard que vous connaissez déjà.
C’est pour nous une vraie joie de vous accueillir dans notre pays et nous serons vraiment heureux de vous voir nombreux à Banneux.  Nous espérons que la distance ne sera pas un obstacle à ce déplacement.  À très bientôt !