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Catégorie : en Belgique

mfsallets-mbrochierA Banneux, la journaliste Bernadette Lennerts (Médias catholiques) est venue passer quelques heures avec nous et a pu s'entretenir avec deux responsables, Marie-France Sallets et Martin Brochier. Elle recueillit également quelques bribes d'enseignement et ne manqua pas d'interroger Mgr Warin, évêque auxiliaire de Namur, présent ce jour-là, ainsi que le père Christophe Cossement, conseiller spirituel pour la Belgique.
Voici ce que Bernadette Lennerts a retenu de sa visite.

La Communion Notre-Dame de l’Alliance réunit des hommes et femmes mariés, qui ont décidé d’être fidèles à leur conjoint en restant seuls après une séparation ou un divorce. (+ de photos)

Le mouvement se réunit annuellement pour une retraite qui rassemble les membres belges et français. Cette année, c’est en Belgique, à Banneux, que les quelque 150 retraitants, de tous âges et de toutes conditions sociales, ont été accueillis pour une semaine spirituellement bien dosée. La retraite s’est égrenée sur six jours (6-11 août), rythmés par les repas pris en silence, les pauses-café pendant lesquelles se resserrent les liens d’amitié. Parmi les moments forts, le chapelet, l’enseignement, les sacrements, avec, en point d’orgue, la veillée de réconciliation et la nuit d’adoration.  Pour encadrer ces personnes, dont certaines arrivent terriblement blessées, il y a toute une équipe, parmi laquelle Martin Brochier et Marie-France Sallets, les deux responsables pour la Belgique francophone, et l’abbé Christophe Cossement, conseiller spirituel de ce groupe.


D’emblée, la question du « pourquoi la fidélité ? » dans un contexte de séparation vient à l’esprit. Selon Marie-France, ce chemin n’est pas évident pour tout le monde. « Surtout quand on nous demande : alors quand recommences-tu une nouvelle relation ? Mais en groupe on se soutient, c’est comme une grande réunion de famille, on se retrouve avec joie. »
Si la joie est visible sur certains regards, elle n’occulte pas les souffrances et les blessures. « Ici on vient déposer des choses parfois très lourdes » poursuit Martin Brochier « c’est pourquoi la confession est si importante pour recevoir des paroles de vérité, pour grandir dans l’amour, sans verser dans le sentimentalisme. »
Comment la joie peut-elle s’afficher sur les visages quand on est séparé ou divorcé ? « Petit à petit, on fait chemin avec Jésus ou Marie » répond Marie-France « on reçoit une paix et une douceur dans le cœur, qui nous attire vers les autres et nous fait rayonner de cette joie intérieure qui nous habite. »
L’abbé  Cossement, qui prendra le mois prochain la tête de l’Institut supérieur de théologie du diocèse de Tournai, voit son rôle de conseiller spirituel comme un encouragement à la voie choisie par ces personnes qui rament à contre-courant en vivant la fidélité au mariage tout en restant seules.  « Dans ce chemin de solitude, parfois au milieu de l’incompréhension de leur entourage, les personnes séparées ou divorcées ont besoin d’être encouragées. Pour elles, Dieu devient un compagnon de chaque jour, quelqu’un qui habite leur  situation de solitude. »



Rester fidèle à son sacrement, cela a-t-il du sens ? « Derrière le sacrement, il y a la fidélité de Dieu. Dieu nous a faits pour une vocation au bonheur » précise l’enseignant du jour, le Père Antoine-Marie Berthaud, dominicain de Bordeaux et conseiller spirituel général du mouvement.  « Le mariage, c’est l’image du bonheur. Qu’est-ce qui vient casser le mariage ? La mésentente, le divorce. La complémentarité de l’homme et de la femme, que Dieu a voulue pour réaliser un bonheur réciproque, est inscrite dans le cœur de la nature humaine, mais ce sont des difficultés normales de complémentarité qui endurcissent le cœur. Le divorce est le résultat de cet endurcissement. »
Comment reconstruire quelque chose après l’échec ? « N’ayez pas peur de revenir vers Dieu ! » répond le dominicain. Se référant à la rencontre de Jésus avec la femme adultère, il explique : « le Christ ne la condamne pas, il lui dit simplement : va mais ne pèche plus ! Et il lui pardonne son péché. C’est à ce Dieu-là que j’ai donné ma vie, c’est à ce Dieu-là que les membres de la Communion Notre-Dame de l’Alliance veulent s’accrocher, veulent s’unir, pour vivre la fidélité malgré les vents contraires et les ricanements du monde ».


Venu à la session à l’invitation de Martin Brochier et de Marie-France Sallets, Mgr Warin, évêquemgr warin auxiliaire de Namur et référendaire pour la pastorale familiale en Belgique francophone, entend jouer son rôle comme celui de coordinateur. « C’est une pastorale difficile à développer » admet-il. « Dans ce contexte, l’Eglise peut vraiment manifester sa gratitude envers le mouvement. En vivant la fidélité, la Communion Notre-Dame de l’Alliance dit quelque chose de la fidélité indéfectible de Dieu. J’ai été frappé de ce que les  personnes se présentent en citant leur nombre d’années de mariage avant de dire depuis combien de temps elles sont divorcées ou séparées. La grâce de Dieu continue à agir dans leur vie. Le nœud est fait par Dieu » poursuit l’évêque auxiliaire de Namur. « Dieu donne une grâce sur laquelle nous pouvons nous appuyer. Il a construit pour les hommes un pont pour franchir le fleuve, mais beaucoup préfèrent traverser le flot impétueux du monde à la nage ! »

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