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Y a-t-il un péché que Dieu ne peut pas pardonner ? Un enfant répond : « le suicide car, quand on s'est suicidé, on ne peut pas se confesser ».
Le curé d'Ars répondit à une femme qui pensait que son mari s'était damné car il s'était jeté du pont : « Qu’en savez-vous ? Vous ignorez ce qu’il s'est passé entre le pont et l’eau... »

motcspig 319Question des païens : Dieu peut-il vraiment tout pardonner ? Pour répondre, il suffit d'écouter la prière pour les morts, de vivre le sacrement de pénitence, de réconciliation, de confession, du pardon...
Avouer ses fautes demande que l'on prenne de la peine (pénitence) et le pardon est le fruit de ces efforts, de ces démarches pour une réconciliation avec Dieu, avec l'Eglise, avec soi-même.
Il est important de comprendre que l'on confesse ses péchés, pas sa personne. Dieu a l'amour des personnes mais la haine des péchés.

Nous ne devons pas dire « je suis voleur », mais « j'ai volé » ; ou encore « j'ai mauvais caractère » (vous accuseriez le Créateur !), mais plutôt « j'ai fait un mauvais usage de mon caractère, j’ai manqué de maîtrise de moi »...
Le péché est de moi mais il n'est pas moi. Cessons de confondre le pécheur et son péché. Car aucun homme n’est réductible à ce qu’il a commis. Ainsi nous faut-il toujours parler au passé parce qu'on ne confesse pas un état permanent, mais des actes qui sont derrière nous. Et « avoir une tendance à » ne signifie pas pécher.
Venant voir le prêtre, je désire être guéri de cette lèpre du péché.
Je confesse mes péchés, mais pas ceux des autres, comme dans la "confession du chat" : « le chat passe dans le salon, je cours après, j'emporte la nappe, le vase tombe et se casse... » ce n’est pas la faute du chat, mais bien la mienne. Le chat se confessera pour sa part  !
A quoi bon se confesser puisque l’on fait toujours les mêmes fautes  ? Je vous rassure  : on ne refait jamais le même péché puisque celui qui est pardonné n’existe absolument plus. C’en est donc un tout neuf  ! Par contre lorsqu’une mauvaise habitude a été prise, l’impression de retomber toujours dans les mêmes ornières nous invite à utiliser plusieurs fois le fer à repasser de la miséricorde pour effacer les mauvais plis !
Il est des obstacles qui nous empêchent de vivre ce sacrement. Par exemple moins nous y allons, plus cela parait difficile de se confesser… alors allons-y plus souvent, cela deviendra plus facile.
On peut aussi se demander ce que va penser le prêtre ? Le prêtre est toujours émerveillé de l’œuvre de Dieu  : plus les péchés sont lourds plus le prêtre est heureux du retour d’une personne blessée et perdue. Le prêtre assiste en première ligne au miracle de la miséricorde. Un prêtre, comme un urgentiste, ne connaît pas le malade mais traite le mal. Il sait que la personne n'est pas réductible à ses péchés.
Pourquoi, malgré le pardon, certains péchés nous restent en mémoire ? Dieu ne m'aurait-il pas vraiment pardonné ? Quand Dieu pardonne il le fait absolument. Pénitence et absolution, le péché est totalement pardonné.
Contrairement à ce que pense M. Freud, il existe une bonne culpabilité, comme quand on se casse la jambe et que la douleur nous oblige à nous arrêter. La culpabilité est un signal
d'alarme qui m'empêche d'aller plus loin dans le malheur et me permet d'identifier le mal afin d’y remédier.
Parfois Dieu nous laisse le souvenir du péché pourtant pardonné. Pour deux raisons principales  :
Premièrement pour que nous ayons le bénéfice de l'expérience contre la tromperie du Diable. Deuxièmement pour faire mémoire du pardon qui a suivi la faute et selon la traditionnelle louange du peuple Juif (« Seigneur tu m'as pardonné, car éternel est ton amour ») cette mémoire devient alors un motif de joie renouvelée. C’est vrai, j’avais fait cela Seigneur, mais tu as eu le dernier mot et tu m’as sauvé  !
Alors comme le dit s. Paul  : «  Laissez-vous réconcilier avec le Christ  !  ». Laissez-vous aimer par Jésus. L'obstacle à la Miséricorde est finalement l'orgueil ; l'antidote à l'orgueil c'est l’humilité. Aucun péché n’est impardonnable. Le pire des péchés est un grain de sable au pied de la montagne de la miséricorde de Dieu  ! Si. Il en est un pour lequel Dieu ne peut rien. C'est le fameux «  péché contre l'Esprit Saint  », c'est-à-dire le refus obstiné de la Miséricorde de Dieu. Car l'Esprit-Saint est «  l’acteur  » de la rémission des péchés et l'action spécifique du pardon lui est attribuée. L’enfer existe. La damnation est possible, c'est le choix de l'homme et non le fait de Dieu qui est mort pour moi sur la croix. Dieu ne force pas l'homme à l'aimer. S. Augustin  : si Dieu nous a créés sans nous, il ne nous sauvera pas sans nous  ! A nous donc de vivre de la miséricorde de Dieu  !
Intervention du Père Antoine-Marie lors du Conseil de printemps 2015