Comment grandir dans le Christ ?
Nous sommes, tous et toutes, des êtres « en devenir », en croissance. Semblable au grain de moutarde (Mt 13, 31-32), semblable au levain dans la pâte (Mt 13,33), notre vie dans le Christ, notre vie spirituelle, n’a jamais fini de grandir, de se déployer. C’est dès maintenant que nous accomplissons notre vocation d’homme, de femme, dans la rencontre de notre Dieu avant d’entrer dans la joie de l’éternel « face-à-face ». Le Cardinal Newman, maintenant bienheureux, après une forte maladie en 1816, se convertit et prit conscience d’une vérité qui ne le quittera jamais : « je concentrai toute ma pensée sur deux êtres, et deux êtres seulement dont l’évidence était absolue : moi-même et mon Créateur ». C’est à partir de cette conviction que Newman va construire toute sa vie spirituelle.
Elle peut être aussi la nôtre pour affirmer d’emblée que, sur le chemin de la vie spirituelle, nous avançons sur un cheminesprit-st-parole de ressemblance avec Celui qui est notre Créateur. Et pour nous laisser modeler comme l’argile entre les mains du potier, pour nous laisser ciseler comme la perle fine entre les doigts de l’orfèvre, nous avons besoin de nous en remettre totalement à ce Père qui nous aime et veut notre bonheur. Toute notre vie spirituelle est dans ce « lâcher prise dans le Seigneur », pour  faire tomber nos résistances et nous laisser construire par Celui qui est venu nous donner sa vie en abondance. Me connaître, ordonner mes sentiments, me nourrir au quotidien du pain de la Parole de Dieu, goûter sa présence dans le silence de l’oraison, rencontrer mon Seigneur dans les sacrements de l’Eglise et sur le visage de mes frères les plus petits à la manière de Celui qui s’est fait serviteur… autant d’étapes incontournables pour avancer, patiemment, sur le chemin de la vie spirituelle. C’est un long parcours, parsemé d’embûches où le combat doit être mené avec rigueur et discernement, non pas seul, mais en acceptant de se laisser accompagner, guider, par quelqu’un en qui l’on a confiance.
Je voudrais clore ces lignes en revenant auprès de l’Apôtre Paul pour entendre ce qu’il nous dit sur cette route du Christ : « Il s’agit de le connaître, lui, et la puissance de sa résurrection, et la communion à ses souffrances, de devenir semblable à lui dans sa mort, afin de parvenir, s’il est possible, à la résurrection d’entre les morts. Non que j’aie déjà obtenu tout cela ou que je sois devenu parfait ; mais je m’élance pour tâcher de le saisir, parce que j’ai été saisi moi-même par Jésus-Christ. Frères, je n’estime pas l’avoir saisi. Mais mon seul souci : oubliant le chemin parcouru et tout tendu en avant, je m’élance vers le but, en vue du prix attaché à l’appel d’en haut que Dieu nous adresse en Jésus Christ » (Ph 3, 10-15)
La vie spirituelle est une belle aventure « dans » et « avec » le Christ qui se joue au présent, inséparable de notre histoire passée mais toujours ouverte à l’avenir imprévisible de l’Esprit.