Editorial

Cette année 2018 se termine et nous y avons ressenti plus fortement l’appel à la mission. D’abord à Rome, lors de nos rencontres très exceptionnelles avec le Saint-Père et les cardinaux de la Curie, puis à Dublin à l’occasion de la Rencontre Mondiale des Familles. En France, les très nombreuses rencontres avec nos évêques (près de 45), le premier parcours spécifique organisé avec le diocèse de Versailles, et les appels à témoigner de plus en plus nombreux : invitation du diocèse d’Evreux pour sa journée de réflexion sur les différentes formes de fécondité, le sanctuaire de Montligeon pour un week-end d’accueil sur le thème de la rupture, ou le Collège des Bernardins pour la clôture d’un séminaire sur la réception d’Amoris Laetitia. Avec un écho plus fort que d’habitude, le message de la Communion s’est fait entendre. 

La vocation initiale de la Communion, l’intuition de ses fondateurs, et son message sont toujours perspicaces, 35 ans après (1983-2018) : il n’y a rien à y changer, bien au contraire, le charisme propre du mouvement a pris une actualité brûlante après Amoris Laetitia. Nous en rendons grâce au Seigneur. 

Edito 338Chacun des membres de la CNDA est appelé de par son baptême, devenu alors « prêtre, prophète et roi » à devenir missionnaire, pour collaborer à la mission de l’Evêque dans son diocèse. A l’image de Jonas, prophète malgré lui, notre mission doit s’inscrire d’abord et simplement dans le témoignage personnel qui est le point d’ancrage de notre vie de baptisés. Témoigner de notre foi dans la fidélité, témoigner de la fidélité dans notre foi, à partir de notre situation de pauvreté. 

Dans le même temps, nous n’oublions pas la vocation originelle de la Communion : servir nos frères. Cet appel au service, rejoint la préoccupation du Saint-Père pour les périphéries, et la vocation de l’Eglise à être hôpital de campagne. Notre mission, c’est aussi d’aller rejoindre fraternellement ceux qui en ont besoin, les personnes séparées, seules. Avec proximité et tendresse, les aider à se relever, et retrouver en Christ leur raison d’être, par une annonce kérygmatique du Christ mort et ressuscité pour nous sauver. 

Il est vrai que nous restons fragiles, parce que c’est la situation même des frères et sœurs de la Communion. Mais ce ne doit pas être un alibi pour manquer d’audace, bien au contraire, c’est Dieu qui se glorifie dans nos fragilités. « C’est quand nous sommes faibles que nous sommes forts » nous dit saint Paul : nous en avons tous fait l’expérience, nous l’avons vécu dans notre chair, cette contradiction, à travers l’épreuve douloureuse de notre séparation, et l’accueil de la miséricorde de Dieu Notre Père qui nous relève. 

Oui, les ouvriers sont peu nombreux, et alors ? Allons travailler avec joie à la vigne du Seigneur ! Et qu’il nous comble de ses bénédictions pendant ces fêtes de la Nativité, qui nous rappellent tout à la fois la fragilité de nos vies et la promesse de la gloire éternelle chantée par les anges. 

Très joyeux Noël à vous tous, et nos vœux fraternels pour une sainte année 2019. 

Emmanuel et Marie