edito-nov-dec-2012Notre appartenance à la Communion, groupe attachant et fraternel, ne fait pas pour autant de nous des chrétiens à part. Il est vrai que la Communion nous invite et nous accompagne à vivre jusqu’au bout notre mariage sacramentel, malgré la division de notre couple. Peut-être que sans cette amitié fraternelle, sans ces moments de partage et d’approfondissement du sens réel du sacrement de mariage, nous aurions pu envisager autrement la poursuite de notre vie ici-bas.

Cet attachement est devenu important dans notre vie de divorcés séparés fidèles. L’un ou l’autre a su témoigner de ce que la Communion lui apporte pour retrouver progressivement l’estime de soi, l’unité et la joie intérieure malgré l’épreuve de la séparation. Rendons grâce à la présence du Seigneur dans nos vies qui, aux yeux du monde, semblent brisées et qui a suscité en nous le renouveau de notre engagement sacramentel. Notre foi et notre participation à la vie de l’Eglise, a pu retrouver un second souffle, progressivement plus épuré et plus vrai.
Sommes-nous d’abord revêtus du Christ de par notre baptême ? Notre baptême, puis notre confirmation font de nous des enfants de Dieu à part entière. En cela, n’avons-nous pas à être attentifs à la source de notre vie chrétienne et à notre attachement au Christ, notamment dans la prière et dans nos actes ? En ce début de l’année de la foi, il me semble important de réfléchir à notre place de témoins dans la société sécularisée qui est la nôtre. La grâce du baptême reçue en abondance ne demande qu’à croître pour faire de nous des acteurs du projet de Dieu, pas seulement du fait de notre appartenance à la Communion. Cela commence ici-bas dans notre vie quotidienne au contact des croyants et des non croyants.  Cette action divine se réalise de par l’adhésion de notre intelligence et de notre volonté à chercher et à reconnaître la Vérité. Elle passe par notre compréhension et notre obéissance à l’enseignement de l’Eglise.    
Notre témoignage peut avoir un véritable impact sur nos contemporains déboussolés.  « La solitude est la rançon du déracinement, et la performance, celle du matérialisme, deux causes de la perte du sens spirituel de nos contemporains* ». Entrons dans le dialogue avec eux, sans crispation, sûrs de la Parole qui nous habite, bien que nous soyons maladroits et pécheurs. « Elle peut aussi transformer ceux auxquels, malgré notre misérable apparence, nous l’annonçons* ». Les sujets d’actualité ne manquent pas : le projet de loi du « mariage pour tous », le projet de « fin de vie »… Nous pourrions nous lamenter en voyant ces projets se préparer. N’est-ce pas pour nous l’occasion de faire entendre une voix différente, qui respecte profondément la dignité de chaque personne de sa conception jusqu’à la mort, qui pour nous chrétiens est un passage. Faire usage de sa raison et sortir d’un échange réduit à l’affectif, c’est tirer vers le haut le dialogue, voire la confrontation. Chacun a droit à la vérité. C’est faire acte de charité. « La charité ne se réjouit pas de l’injustice, mais elle met sa joie dans la vérité ». (1 Co 13, 6)
« Homme, le Seigneur t’a fait savoir ce qui est bien, ce qu’il réclame de toi : rien d’autre que pratiquer la justice, aimer la miséricorde et marcher humblement avec ton Dieu. » (Mi 6, 8). N'y-a-t-il pas un appel du Seigneur adressé à chacun de nous à vivre pleinement de la grâce de son baptême et à chercher à être en vérité là où nous sommes ?


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* L’évangélisation impertinente – Guide du chrétien au pays des postmodernes. Thierry-Dominique Humbrecht o.p. Ed. Parole et Silence.