caremeA peine les lumières des fêtes de fin d’année éteintes et nous voilà déjà en route pour célébrer le Christ Ressuscité, celui là même qui s’est fait petit parmi les petits un jour de Noël. Mais il faut d’abord nous préparer à cette rencontre. Pendant les quarante jours du Carême, l’Église s’unit chaque année au mystère de Jésus au désert (C.E.C. n° 540), « Lui qui a été éprouvé en tout, d’une manière semblable, à l’exception du péché » (He 4,5).

 

 

En cette année de la Foi, ce temps du carême prend une signification particulière. Dans sa lettre apostolique « Porta Fidei », Benoît XVI nous rappelle « l’exigence de redécouvrir le chemin de la foi pour mette en lumière de façon toujours plus évidente la joie et l’enthousiasme renouvelé de la rencontre avec le Christ » (P.F.n° 2).

Durant sa préparation au baptême il est demandé au catéchumène « d’avoir le désir de parvenir à une connaissance intime du Christ » (rituel). Depuis notre baptême, reçu enfant ou à l’âge adulte, avons-nous toujours ce désir de la rencontre avec Jésus Christ, mort sur la croix pour nous sauver ?

Temps de conversion, de remise en question de notre fidélité à l’appel du Seigneur, le Carême est un moment privilégié pour revenir à la source, ainsi que nous le dit Benoît XVI dans son message pour le carême 2013 : « dans le contexte de l'Année de la foi, il nous offre une occasion précieuse pour méditer sur le rapport entre foi et charité: entre le fait de croire en Dieu, dans le Dieu de Jésus Christ, et l'amour qui est le fruit de l'action de l'Esprit Saint et qui nous guide sur un chemin de consécration à Dieu et aux autres. »

Et si nous vivions ce temps particulier de la vie du chrétien, souvent synonyme pour la société de privations et tristesse, comme un temps de purification dans la joie à venir du Christ ressuscité.

La règle de saint Benoît définit le carême comme un temps où il faut attendre la Sainte fête de Pâques dans la joie du désir spirituel. Cette joie, nous pourrons la trouver dans le don de soi à l’autre, le partage avec le plus démuni et aussi dans l’écoute de notre sœur ou notre frère en situation de souffrance.

« En carême, une seule chose nous est interdite : la tristesse. Une seule prescription nous est faite : éviter ce qui conduit à l’amertume. Un seul travail nous est prescrit : choisir le bonheur le plus comblant. Une seule béatitude à vivre : celle de nous laisser embrasser par l’Amour miséricordieux. Un seul mandat nous est confié : découvrir la joie irremplaçable de la bonté et du pardon.» (Bernard Meyer, moine cistercien, prêtre, de l’abbaye ND d’Acey, Jura).

Aller vers l’autre, physiquement ou spirituellement, c’est aussi une première étape à franchir lorsqu’il y a un pardon à donner ou à recevoir et c’est pour cela que le sacrement de réconciliation nous est proposé.

Chaque année l’Evangile du mercredi des Cendres nous rappelle comment vivre ce temps de ressourcement, en toute discrétion, dans le secret de notre vie intérieure, là où le Père est présent.

Pour terminer je fais mienne, et vous la confie, cette prière de Saint Anselme :

« Seigneur mon Dieu, donne à mon cœur de te désirer ; en te désirant, de te chercher ; en te cherchant de te trouver ; en te trouvant, de t’aimer ; et en t’aimant, de racheter mes fautes ; et une fois rachetées, de ne plus les commettre. »

Bonne route vers Pâques !