joie-esperanceIl y a un an, Christiane (Lescar), Olivier (Carcassonne) et moi, nous avons eu la joie de participer à Lourdes au rassemblement de l’Eglise de France sur le thème : 50 ans après le Concile Vatican II. Les 2 500 personnes, venues des quatre coins de la France, étaient heureuses de fêter cet événement historique. Ce fut un signe fort de la vitalité visible de l’Eglise présente et souvent malmenée au sein de notre société matérialiste et postchrétienne.

Plusieurs orientations soulignées par le Concile (1) sont tout à fait d’actualité 50 ans après :

 

- le renouveau liturgique (la messe au cœur de la vie du chrétien) ;

- la place redonnée à la Parole de Dieu dans la vie quotidienne (le Christ à travers son Evangile était visuellement présent au cœur du lieu de notre rassemblement) ;

- l’Eglise, qui est tout le peuple de Dieu (clercs et laïcs) ;

- l’ouverture au monde (élan œcuménique, dialogue avec les non-croyants, attention portée à la liberté religieuse...).

Etant né un an après l’ouverture du concile par le bienheureux Pape Jean XXIII, le 11 octobre 1962, je me suis demandé en quoi cet anniversaire me concernait. En écoutant les différentes interventions, notamment celles sur la place des laïcs dans l’Eglise, comme peuple de Dieu, j’ai reçu un nouveau dynamisme de transmission de ma foi nourrie de la charité.

Le cœur du message de Monseigneur Claude Dagens a fait écho en moi. Par exemple quand il a dit : « La lumière du Christ rayonne, éclaire, réchauffe, dilate. Elle est d'une profondeur inépuisable, celle de l'Amour qui se donne ». Il m’a fallu du temps pour découvrir que la brisure de mon couple a révélé ma fragilité, et qu’elle ne conduit pas fatalement à la mort mais peut devenir, avec le Christ, chemin de résurrection. Tout cela m’a interpellé quant à ma façon de témoigner d’une foi « apprise » à une foi « vécue » au quotidien. Cette ouverture à la sainteté sous l’impulsion de l’Esprit donne sens jour après jour à mon être chrétien. La conversion de mon cœur, qui est un long travail, ne peut être gratifiante que par l’action de la grâce reçue.

Nous, frères et sœurs de la Communion, ne sommes-nous pas en train de le vivre, en ayant « (re)mis » progressivement le Christ à la première place dans notre vie en nous laissant guider par Lui, le Bon Pasteur ? Peut-être du fait de notre séparation ou de notre divorce ?

Oui, nous sommes des témoins comme quoi le lien conjugal et sacramentel est vivant. Notre modeste témoignage est un signe visible de ce que fait le Christ en transformant la vie d’un chrétien. Nos vies sont un petit reflet de la présence du Christ ici-bas, mort sur la croix et ressuscité pour chacun de nous, pour le pardon de nos péchés et nous ouvrir à la vie éternelle.boussole

Nous pouvons faire nôtre cette parole du bienheureux Jean-Paul II (2) : « Je sens plus que jamais le devoir d’indiquer le Concile comme la grande grâce dont l’Eglise a bénéficié au XXème siècle : il nous offre une boussole fiable pour nous orienter sur le chemin du siècle qui commence ».

Cette orientation n’est pas sans combat spirituel, plus profond que la recherche de la guérison de nos blessures affectives. « Quel est l’enjeu de cette guerre ? C’est de savoir si, dans mon cœur, mais aussi dans celui de l’Eglise et dans celui de l’humanité tout entière, le Royaume des cieux va être instauré, avec sa loi d’amour et avec le style de vie du Seigneur : pauvreté, humilité et service. Ou bien si le Royaume de ce monde qui va triompher, avec ses lois et ses valeurs de richesse, de vanité et d’orgueil », nous dit le Cardinal Jorge Mario Bergoglio (3) Pape François aujourd’hui.

« Si donc je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres » (Jn. 13, 14). Peut-être cette Parole du Christ est-elle une réponse pour vivre au quotidien notre fragilité humaine qui est à la merci du démon ?

Notre engagement de laïc dans l’Eglise à la suite du Christ (dans la société comme citoyen), fait de nous des chrétiens, responsables, forts d’une liberté intérieure renouvelée et orientés par cette boussole qu’est le concile Vatican II. N’est-ce pas gratifiant pour dépasser ce qui nous semble impossible à vivre à vue humaine ? Le vrai sens de la vie n’est-il pas d’être au service les uns des autres, de chercher le bien sans relâche ?

Bonne route vers la Pentecôte.

 


(1) Quatre constitutions : Sacrosanctum concilium, Dei verbum, Lumen gentium et Gaudium et spes.

(2) Novo millennio ineunte, n°57 (6 janvier 2001), cité par le Pape Benoît XVI dans sa lettre apostolique Porta Fidei, n°5 (11octobre 2011).

(3) Amour, Service & Humilité éd. Magnificat.