diaconia2013Le 11 mai dernier s’est achevé à Lourdes le grand rassemblement Diaconia 2013. Personnellement, je n’y étais pas, mais à en croire les médias et les échos de certaines personnes présentes, cet évènement, où se sont retrouvées plus de 12 000 personnes engagées dans l’attention aux plus pauvres, aux plus faibles d’entre nous, a été un grand moment de fraternité. Pour vous faire une idée de ce qui s’y est vécu vous pouvez lire (en page 15) le témoignage de notre sœur Bernadette, envoyée par son évêque avec la Pastorale Familiale du diocèse de Nantes pour représenter la Communion Notre-Dame de l’Alliance.

Avant de souffrir sa Passion, Jésus donne ce commandement à ses apôtres « aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jn, 15,12), Lui qui va donner sa vie par amour pour ceux que le Père lui a donnés, pour ceux qu’Il appelle ses amis, pour nous.

Se donner aux autres, prendre sur son temps pour être à l’écoute de l’autre, c’est aussi cela la diaconie. A la Communion, sommes-nous concernés par Diaconia 2013, l’attention, l’accueil à plus fragile que nous ? Avec nos fragilités, notre souffrance, nous accueillons des frères et sœurs qui sont eux aussi fragiles, en souffrance. Notre propre fragilité est quelquefois un handicap, un obstacle à surmonter pour écouter celui ou celle qui demande notre attention.

« Accueillez celui qui est faible dans la foi, sans critiquer ses scrupules » nous dit saint Paul dans l’épître aux Romains (14,1) Cet accueil doit permettre à celui qui le souhaite de trouver sa place au sein de la Communion, et la paix intérieure qui lui permettra de grandir dans sa foi au Christ ressuscité et renforcer sa fidélité au sacrement du mariage.

La rencontre avec des frères et sœurs qui semblent avoir dépassé la révolte, la colère parfois et acquis cette paix intérieure est souvent réconfortante mais peut être aussi un peu déroutante sur la route qu’il faudrait pouvoir emprunter, celle du pardon possible au conjoint parti.

Il nous faut accepter l’autre tel qu’il est avec ses incertitudes, ses doutes, en se mettant soi-même à l’arrière-plan, lui laisser le temps de cheminer à son rythme comme sur les routes d’un long pèlerinage. Bien souvent ce sont ces personnes, par leurs questionnements, qui nous amènent à redécouvrir notre foi avec beaucoup d’humilité. Ne faut-il pas, quelquefois, mettre en veilleuse nos certitudes, comme la lampe de chevet, pour entendre ce que l’autre veut nous partager de sa souffrance ?

diaconia2013-2« Ensemble, osons le changement de regard sur les plus fragiles. Abandonnons un regard qui juge et humilie pour un regard qui libère. Nous n’avons pas de prochain clés en main. La proximité se construit chaque jour. » Cette parole extraite du message final de Diaconia s’adresse à nous tous, présents ou non à Lourdes. C’est dans notre quotidien que nous sommes jugés en tant que chrétiens.

« On ne peut pas annoncer l’Evangile de Jésus sans le témoignage concret de la vie » a dit le Pape François à la Basilique de Saint-Paul-hors-les-murs. A Sainte-Marie-Majeure cette fois, il nous a dit aussi : « il est difficile aujourd’hui de prendre des décisions définitives ! N’ayons pas peur des engagements définitifs, des engagements qui impliquent et concernent toute la vie ! De cette façon notre vie sera féconde ! »

Notre témoignage de Séparés Divorcés Fidèles doit être empli d’actes qui donnent à réfléchir à nos interlocuteurs. Il en est ainsi de ceux qui se sont retrouvés en province et à Paris dans les "Manifs pour tous" pour défendre les valeurs du mariage et de la famille, notre présence au sein des instances diocésaines de la Famille. Mais surtout l’acte de fidélité à notre conjoint que nous avons posé un jour de notre vie de couple. Cette fidélité que notre entourage voudrait bien que nous remettions en question mais nous nous accrochons à Celui qui est notre Roc, à Celui qui est resté fidèle jusqu’à la mort.