edito-130900-1Fin 1983, naissait la Communion Notre-Dame de l’Alliance en France, puis en Belgique peu de temps après.Le cheminement qui a conduit, il y a 30 ans à la naissance de la Communion a commencé bien avant, avec l’épreuve personnelle de chacun des fondateurs, Anne-Marie Le Marquer et Paul Salaün. « Il faut du temps pour découvrir que la brisure d’un couple nous révèle notre extrême fragilité, et qu’elle ne conduit pas fatalement à la mort mais peut devenir, avec le Christ, chemin de résurrection » (Louisette - Pays-de-Loire).

C’est ce que nous essayons chacun de vivre au quotidien à coeur ouvert dans la continuité de ce qu'Anne-Marie et Paul ont initié fraternellement sous la conduite de l'Esprit, en confiant leurs intuitions au père Guillaume.

Au même moment, je faisais connaissance avec celle qui allait devenir mon épouse en 1985. Comment aurais-je pu imaginer qu’au moment d’échanger nos consentements, je vivrais la même épreuve que celle de nos fondateurs, et de chacun de nous, séparés divorcés fidèles ? J’ai découvert l’existence de la Communion bien après, il y a 11 ans, après la prononciation de notre divorce civil.

Quand mon épouse m’a demandé de mettre fin à notre vie commune, j’étais en plein désarroi, bien que conscient de nos difficultés. Ce oui que je lui avais librement donné le jour de notre mariage restait inscrit au fond de mon coeur. J’ai redécouvert la fidélité de Dieu à notre égard et que Jésus nous aimait en vérité et avec miséricorde sans nous juger. Son regard juste a provoqué en moi un décentrage intérieur. J’ai reçu la grâce de pardonner à mon épouse et à moi-même retrouvant progressivement la confiance et la paix intérieure. Peu de temps après un prêtre m’a dit : « tu es marié ». Cette parole simple et forte m’a permis de retrouver sens à ma vie, à notre vie. Je découvrais petit à petit la verticalité de l’Amour de Dieu. Dans notre sacrement de mariage, nous avions reçu une part réelle de Dieu, certes invisible, pour vivre notre aventure humaine.

edito-130900-2Puis, j’ai rencontré Thierry (Île-de-France Sud-est) qui m’a présenté avec conviction la Communion. J’ai y trouvé cette compréhension mutuelle à regarder autrement chacun nos épreuves en vérité, purifiée de la culpabilité et du jugement personnel qui enferment au contraire, avec une ouverture à l’autre que je connaissais peu. Annick, dans le précédent édito souligne cette ouverture du coeur : « Il nous faut accepter l’autre tel qu’il est avec ses incertitudes, ses doutes, en se mettant soi-même à l’arrière-plan, lui laisser le temps de cheminer à son rythme comme sur les routes d’un long pèlerinage. Bien souvent ce sont ces personnes, par leurs questionnements, qui nous amènent à redécouvrir notre foi avec beaucoup d’humilité ». Des conseils, et la vraie joie des temps d’amitié et de rencontres spirituelles m’ont conforté à poursuivre ce chemin de vie, qui me semblait loin de notre projet initial de vie à deux et en famille. L’horizontalité de cette vie fraternelle est l’autre façon de s’ouvrir à la grâce de Dieu agissante en chacun. « L’amour prend patience ; l’amour rend service ; l’amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil ; il ne fait rien de malhonnête ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s’emporte pas (1 Co 13, 4-5) ».

edito-130900-3C’est à travers vous, chers frères et soeurs, que je découvre l’Amour du Christ qui se donne totalement et que ma valeur, celles de mes actes ne vient pas de moi, mais de Son regard.

Plus j’aime le Christ, plus j’aime mon épouse. Merci !

Mon petit témoignage de ce que la Communion a changé dans ma vie n’est que le reflet du vôtre pour exprimer à Jésus, à Marie et à Joseph toute ma gratitude pour toutes ces merveilles qu’ils font dans nos vies en faisant de nous des témoins de la bonne nouvelle du mariage entre un homme et une femme.

Vincent