Chers frères et sœurs,

Editorial-313-siteNous venons de vivre la retraite d’été, ce fut un temps de grandes grâces. Donner du temps pour le Seigneur, pour se mettre à son écoute, quel privilège ! Car il vient nous réconforter, nous apaiser, nousélever. Il a tant d’amour pour nous qu’il se laisse toucher par notre pauvreté, perpétuant son œuvre de salut, si nous le voulons bien. Car dans son immense respect pour sa création, il la laisse totalement libre. Malgré notre apparente pratique religieuse, notre cœur peut être totalement fermé à sa grâce, enfermé dans nos certitudes et nos peurs. Se mettre à son écoute, c’est d’abord ouvrir son cœur, être disponible, et entrer dans l’humilité et la docilité du pauvre qui attend tout de son Seigneur et se laisse conduire.

Pensez à ceux qui n’ont jamais entendu parler de Dieu. Imaginez vivre l’épreuve de la séparation sans la foi. Voilà qui démultiplierait encore le désespoir des époux séparés. Quelle cadeau, quel bonheur de connaître Jésus, celui qui Sauve. Prenons conscience de ce cadeau sans mesure. Car avec Lui, notre horizon est l’éternité, notre réseau social toute l’humanité et toute la cour céleste, notre carburant l’amour de Dieu et une foi qui déplace

des montagnes (Mc 11, 22).

Connaître Dieu, c’est se mettre à son école, lui qui est « doux et humble de cœur » (Mt 11,29). Se mettre à son école n’est pourtant pas reposant, bien au contraire. C’est lui qui nous invite à redire oui à notre conjoint absent, un des grands paradoxes que nous vivons dans et grâce à la foi. Ce oui, nous l’avons pour la plupart prononcé à la messe de clôture de la retraite. Tous n’y parviennent pas, ou pas encore, ou pas pour le moment. C’est important d’être dans la vérité, mais sans jamais s’arrêter, sans se décourager, sans désespérer d’un jour y arriver.

Car « tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu » (Rm 8, 28). Tout. Nous le savons, nous le voyons, le Seigneur fait pour nous desmerveilles, il transforme les cœurs. Alors qu’humainement nos situations n’ont pas changé, ou parfois ont empiré, Dieu nous donne une surabondance de grâces pour supporter, pardonner, nous réconcilier. Afin d’aimer notre conjoint jusqu’au bout et l’amener au ciel. Voilà le chemin de purification qui s’offre à nous.

Tournés vers le cœur de Jésus, par Marie, les retraitants portent aussi leurs frères et sœurs absents pour divers motifs : certains sont trop âgés ou malades, d’autres ont leurs enfants ou encore des impératifs professionnels, etc. Que tous les absents se sentent rejoints par cet esprit de communion qui nous habite, et trouvent dans ces pages un parfum de ce que nous avons vécu à La Sauque.

Ad maiorem Dei gloriam

Martin