Chers frères et sœurs, chers à mon cœur,

Editorial 317Nous voici dans le temps pascal, qui nous mène de Pâques à la Pentecôte. Après la passion et la mort - que nous connaissons nous aussi à notre façon - il y a la résurrection, sommet de notre foi chrétienne. Et si le Christ n'est pas ressuscité, notre prédication est donc vaine, et votre foi aussi est vaine (1 Cor 15, 14). De même, sans la résurrection du Christ, notre choix est vain.
Mais nous sommes morts avec Lui, et avec Lui nous sommes aussi ressuscités. Dans le baptême, vous avez été mis au tombeau avec Lui et vous êtes ressuscités avec Lui par la foi en la force de Dieu qui l’a ressuscité d’entre les morts
(Col 2, 12). Nous sommes morts à l’homme ancien pour renaître à l’homme nouveau, transformés, transfigurés par la lumière de Pâques. Nos plaies ne sont pas visibles, car c’est notre cœur profond qui a été transpercé. Et c’est par cette blessure que nous sommes unis de façon intime au Christ.
Le cœur de Jésus ne s’est jamais refermé depuis que le mal l’a frappé. Un torrent d’amour et de miséricorde coule sur le monde entier par l’endroit même où le mal l’a frappé. Face au mal, Il a pour seule réponse amour et miséricorde. « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23, 34). C’est bouleversant, vertigineux. En choisissant de rester fidèle à notre conjoint, ne choisissons-nous pas aussi de garder notre cœur ouvert ?
En choisissant de suivre le Christ, nous sommes invités nous aussi à ne répondre au mal qu’avec amour. Que c’est exigeant, presque contre- nature. Mais n’est-ce pas la belle voie pour grandir dans l’amour ? Si la nature humaine nous pousse à la loi du talion, le Christ nous invite : Eh bien ! Moi, je vous dis : aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent (Mt 5, 44). En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font- ils pas autant ? (Mt 5, 46) Il n’y a que la grâce qui nous permette de dépasser nos rancœurs et nos haines, et de transformer un mal en un bien plus grand encore. Il n’y a que par la grâce que nous pouvons regarder notre conjoint à la manière du Christ, et l’aimer encore à l’image du cœur du Christ. C’est bien la grâce du sacrement de mariage.
Avant de rejoindre son Père, le Christ nous a fait la promesse : Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde (Mt 28, 20). Plus le péché est grand, plus Il est présent. Plus la souffrance est grande, plus Il est là pour la soulager. Laissons-nous vraiment agir le Christ, dans la confiance et l’abandon ? La tentation est grande de vouloir faire quelque chose par nous-mêmes, empêchant parfois sa grâce d’agir.
Nous allons vers la Pentecôte, Il nous envoie son Esprit de feu. Accueillons-le et demeurons en Lui, afin de tenir dans la fidélité, alors que le monde nous appelle à autre chose. Veillez, demeurez fermes dans la foi, soyez des hommes, fortifiez-vous (1 Cor 16, 13). Plus que jamais, soyons unis au Christ, et unis les uns aux autres. Que tout ce que vous faites se fasse avec charité ! (1 Cor 16, 14)
Ad maiorem Dei gloriam !
Martin