Enseignements

« Tout nouveau conseiller spirituel de la Communion Notre-Dame de l'Alliance, pour le groupe des Pays-de-la-Loire, j'ai eu la joie de participer pour la première fois à la retraite annuelle qui se déroulait cette fois à Saint-Laurent-sur-Sèvre. 

Les motifs d'action de grâce sont pour moi nombreux : joie de découvrir de l'intérieur ce beau mouvement d'Eglise, joie de rencontrer des frères et sœurs qui partagent très simplement et humblement leur témoignage, joie de vivre un temps fraternel avec les autres conseillers spirituels, joie de pouvoir vivre le ministère d'écoute et d'accompagnement, de confession et de conseil que le ministère paroissial ne nous laisse pas toujours le temps de vivre paisiblement, joie de bénéficier - au cœur de l'été - d'un temps de retraite dans le silence et la prière, joie d'un bel enseignement... sur la joie ! Merci aux organisateurs et merci à tous les participants pour la confiance et l'amitié qu'ils portent à leurs conseillers spirituels. » 

Père Benoît PIERRE, diocèse du Mans 

« C’est d’abord une retraite personnelle où l’on peut vivre de bons temps d’enseignements et de silence. C’est une retraite spirituelle et vraiment catholique avec des prêtres et évêques, des chrétiens engagés et radicaux. Enfin c’est un lieu de fraternité et d’écoute important. Nous sommes saisis par la force et la consistance de la CNDA qui est une réalité vivante au cœur de l’Eglise. Union de prières. » 

Père Benjamin BOISSON, communauté des Béatitudes, Nouan-le-Fuzelier 

« Cette retraite de la CNDA est toujours très saisissante. Que de croix et d’épreuves traversées. Que de solitudes. Et cette année Mgr Gosselin invitait les participants à trouver leur joie dans La Croix de Jésus. Encore une voie évangélique pour témoigner de la puissance du sacrement du mariage et de la beauté de la fidélité. C’est une grande grâce d’être présent comme prêtre pour prier, écouter, communier, servir. Puissent d’autres frères prêtres venir découvrir ce peuple de Dieu, l’église de l’évangile du oui joyeux, souffrant et glorifiant en Jésus et en Marie. » 

Père Bruno de BELLOY, diocèse de Saint Brieuc 

« Chacune des retraites de la CNDA est pour moi un vrai temps de grâce dans ma vie de prêtre et de religieux passionniste. Pourquoi ? Parce que je suis témoin des grandes souffrances et des grandes blessures dans le cœur de ces femmes et de ces hommes séparés fidèles. Parce que je suis témoin de leur foi, de leur joie, du travail de l'Esprit Saint, et de leur vie de prière. Parce que toutes ces personnes m'apprennent à marcher sur le chemin de la fidélité, de l'abandon, de la confiance en ce Dieu qui est miséricorde. » 

Père Guy SIONNEAU, passioniste (région parisienne) 

Si nous devions expliquer ce qu’est la sanctification, nous pourrions peut-être dire qu’elle est la réalisation concrète de la sainteté : il s’agit pour les époux, dans le cadre du mariage, de progresser vers la sainteté et de se laisser entraîner par le conjoint. Jean-Paul II énonçait ainsi « la vocation du couple : appel à la perfection consacrée par le sacrement du mariage »1

enseignement 341 1bisDieu a pour nous un projet d’amitié et d’unité qui se nomme la grâce. Être en état de grâce, c’est être en état d’amitié avec Dieu. Le Christ nous a offert les sacrements pour communiquer sa grâce et pour la renouveler. Le mariage permet ainsi à la famille d’être le lieu de la sanctification, c’est-à-dire un lieu où nous pouvons progresser dans l’union à Dieu. Ainsi le "OUI" mutuel que les époux prononcent le jour de leur mariage, ce "OUI" par lequel ils consentent à s’unir l’un à l’autre pour toujours est élevé, purifié et transfiguré par la force du sacrement. À chaque fois que deux époux renouvellent ce "OUI" initial, ils grandissent en grâce, en sainteté, en union à Dieu. Marqués par le péché originel, nous mesurons bien à quel point notre amour - si fort soit-il - peut être marqué par la tentation de l’égoïsme. Mais avec la grâce de Dieu, tout amour humain se trouve guéri, transformé, purifié. Le sacrement de mariage permet ainsi d’apprendre à aimer en vérité. 

Quelle joie de découvrir, pas à pas, l’aventure concrète de sainteté dans laquelle les époux s’engagent en recevant le sacrement de mariage ! En effet, chaque fois qu’ils renouvellent le "OUI" de leur mariage, par un service rendu, un sourire mutuel, une écoute patiente et délicate de l’autre, ils grandissent en sainteté, en union à Dieu. L’acte le plus ordinaire de la vie conjugale devient, par la force du sacrement, un moyen d’aimer Dieu. Les époux sont sanctifiés dans le mariage en ce sens que l’amour quotidien qu’ils se portent les dispose à grandir dans l’amour partagé et dans l’amour de Dieu lui-même. 

En outre, la grâce du sacrement de mariage devient contagieuse puisqu’elle s’étend à tous les membres de la famille. En vivant la fécondité, à travers leurs enfants et aussi à travers toute relation humaine authentique, les époux participent à l’œuvre du Créateur. La tradition chrétienne désigne volontiers la famille comme une "petite Église"2 pour signifier qu’elle trouve son unité dans la recherche de la charité et devient ainsi une demeure de Dieu. 

Je peux imaginer la question qui vient alors dans votre esprit, je me la pose moi-même : qu’en est-il lorsque l’un des conjoints ne partage pas la foi ou que l’un des conjoints se retrouve seul, abandonné par l’autre ? Si nous parlons de sanctification par les époux, comment cela peut-il se faire si l’autre n’est plus là physiquement ? Nous arrivons là au cœur du sujet et nous ne sommes pas assurés à l’avance d’y voir entièrement clair ni de trouver les mots adaptés. 

enseignement 341 2bisComme chacun le sait, l’une des caractéristiques propres du mariage, qui distingue ce sacrement des six autres, concerne l’engagement de deux personnes. L’engagement du mariage n’existe pas sans la présence de l’autre, sans l’engagement mutuel des deux époux, sans la libre participation de l’un et de l’autre. Encore faut-il ajouter que le mariage ne consiste pas en une fusion : chacun conserve sa conscience, sa liberté, ses aspirations. Par conséquent, il n’est pas question d’imposer à l’autre son bon vouloir. Nul ne peut donc être tenu entièrement responsable des errements de son conjoint. De manière particulière, le chemin de foi est à la fois partagé et propre à chacun. Par conséquent l’éloignement de l’un, voire le renoncement de l’un aux promesses du mariage, n’empêche pas l’autre de continuer à grandir sur la voie de la fidélité au sacrement du mariage ni d’accueillir la grâce du mariage que le Seigneur ne cesse jamais de renouveler dans le cœur des personnes mariées. C’est bien l’attachement à la personne du Christ qui nous permet d’avancer en toute circonstance, de tenir bon dans l’épreuve, de nous relever après la chute, de traverser le temps du désert. 

La conséquence de cet acte de foi est la suivante : ce qui est dit du sacrement de mariage, de la grâce du sacrement, de l’engagement conjugal, peut encore être vécu lorsque s’impose l’épreuve de la solitude. « Voilà la force essentielle et fondamentale : l’amour greffé dans le cœur (“répandu dans les cœurs”) par l’Esprit Saint [...] Les époux doivent implorer par la prière cette force essentielle et toute autre aide divine ; ils doivent puiser la grâce et l’amour à la source toujours vive de l’Eucharistie; ils doivent, avec humble persévérance, surmonter leurs propres manquements et leurs propres péchés, en ayant recours au sacrement de pénitence. Voilà les moyens - infaillibles et indispensables - nécessaires pour former la spiritualité chrétienne de la vie conjugale et familiale »3

« Il ne faut pas se méprendre sur cet idéal de perfection comme s’il supposait une sorte de vie extraordinaire que seuls quelques “génies” de la sainteté pourraient pratiquer. Les voies de la sainteté sont multiples et adaptées à la vocation de chacun. Je remercie le Seigneur, qui m’a permis de béatifier et de canoniser ces dernières années de nombreux chrétiens, et parmi eux beaucoup de laïcs qui se sont sanctifiés dans les conditions les plus ordinaires de la vie. Il est temps de proposer de nouveau à tous, avec conviction, ce “haut degré” de la vie chrétienne ordinaire : toute la vie de la communauté ecclésiale et des familles chrétiennes doit mener dans cette direction. Il est toutefois évident que les parcours de la sainteté sont personnels, et qu’ils exigent une vraie pédagogie de la sainteté qui soit capable de s’adapter aux rythmes des personnes. Cette pédagogie devra intégrer aux richesses de la proposition adressée à tous les formes traditionnelles d’aide personnelle et de groupe, et les formes plus récentes apportées par les associations et par les mouvements reconnus par l’Église »4

enseignement 341 3bisAinsi donc, l’engagement qui est le vôtre depuis le jour de votre mariage et que vous poursuivez désormais au sein de la Communion Notre-Dame de l’Alliance représente une modalité concrète du chemin vers la sainteté. « Votre engagement pour la fidélité est un exemple patent de la valeur du sacrement de mariage. Nous vous encourageons à poursuivre avec courage votre cheminement de foi et à essaimer ces valeurs dans nos communautés ecclésiales pour une redécouverte de la vérité de ce sacrement »5

« Quand nous scrutons devant Dieu les chemins de la vie, il n’y a pas de domaine qui soit exclu. Sur tous les plans de notre vie, nous pouvons continuer à grandir et offrir quelque chose de plus à Dieu, y compris sur les plans où nous faisons l’expérience des difficultés les plus fortes. Mais il faut demander à l’Esprit Saint de nous délivrer et d’expulser cette peur qui nous porte à lui interdire d’entrer dans certains domaines de notre vie. Lui qui demande tout donne également tout, et il ne veut pas entrer en nous pour mutiler ou affaiblir mais pour porter à la plénitude. Cela nous fait voir que le discernement n’est pas une autoanalyse intimiste, une introspection égoïste, mais une véritable sortie de nous- mêmes vers le mystère de Dieu qui nous aide à vivre la mission à laquelle il nous a appelés pour le bien de nos frères »6

P. Benoît PIERRE (diocèse du Mans) lors de la récollection du groupe Pays de la Loire des 9-10 février à La Pommeraye. 

1 Jean-Paul II, Homme et femme il les créa, Cerf, 2004, p. 250. 

2 Cf. Décret sur l’apostolat des laïcs Apostolicam Actuositatem, n. 11.

3 Saint Jean-Paul II, Homme et femme il les créa, op. cit., p. 653. 

4 SaintJean-Paul II, lettre apostolique Novo millenio ineunte n. 31.
5 Cardinal Ladaria Ferer L., Lettre adressée à la CNDA, 2 février 2018. 6 Pape François, Gaudete et exsultate, op. cit., n. 175.

Elles s’enracinent dans le "OUI" du sacrement de mariage 

D’emblée, je veux dire que la sanctification des consacrés se construit aussi dans le "oui" de la donation sous la forme des vœux de pauvreté, d’obéissance et de chasteté. Le consacré(e) s’engage à suivre le Christ fidèlement jusqu’au bout. De même que le mariage catholique s’appuie traditionnellement sur les quatre piliers que sont la liberté, la fidélité, l’indissolubilité et la fécondité, de même la vie consacrée ne peut se concevoir sans liberté, sans fidélité et sans fécondité. Ces deux états de vie nous appellent à la même radicalité évangélique sur le chemin de la sanctification qui a sa source dans la sainteté du Père, dans la vie Trinitaire. Je pourrais faire l’histoire de mon "OUI", mais ce n’est pas le moment. Il s’agit de faire l’histoire du vôtre. 

1- Votre « Oui » a une histoire, il est une histoire d’amour 

Relire cette histoire alors que vous êtes séparés, divorcés, engagés dans la Communion pour faire mémoire de "votre vouloir être et de votre vouloir vivre" à l’heure de "votre OUI" sacramentel. Revenir un instant à la rencontre de Jésus sur la route d’Emmaüs qui ouvre le cœur des disciples à l’intelligence des Ecritures. Notre vie est " une écriture". 

enseignement 340 1Ce "OUI" est né d’un désir et d’un désir d’aimer quelqu’un appelé à devenir votre époux ou votre épouse dans le sacrement de mariage. Vous avez voulu que ce "OUI" s’enracine en Dieu qui est Amour et dans l’union du Christ et de son Eglise. Avec votre 

conjoint, vous vous êtes engagés généreusement sur le chemin de la fidélité avec la volonté de durer. Une fidélité construite au quotidien dans l’échange, la prière, l’union charnelle, le souci de l’éducation des enfants, les préoccupations économiques, les relations d’amitié, les temps de détente ensemble, la diversité de vos engagements, etc. 

Dans Lumen Gentium n° 11, le Concile vous a tracé votre route de sainteté. Je le cite : « Par la vertu du sacrement de mariage, les époux chrétiens s’aident mutuellement à se sanctifier par la vie conjugale, par l’accueil et l’éducation des enfants... Il faut que, par la parole et par l’exemple, dans cette sorte d’Eglise qu’est le foyer, les parents soient pour leurs enfants les premiers hérauts de la foi, au service de la vocation propre de chacun et tout spécialement de la vocation sacrée ». 

Un retour sur ce que vous avez vécu en couple peut vous permettre de rendre grâce de tous les moments d’amour, d’unité, de grande joie vécus ensemble, dans le don réciproque. Mais en même temps, vous ne pouvez oublier tout ce qui, sournoisement, jour après jour , consciemment ou inconsciemment, ouvertement ou dans le silence, est venu ébranler votre "OUI" initial : la pauvreté de vos échanges, de vos moments de prière ensemble, de détente ensemble, de vos manques de confiance en l’autre, vos peurs de vous donner, etc. 

Aujourd’hui, séparé ou divorcé, vous voulez toujours que ce "OUI" sacramentel reste la source de votre sanctification personnelle et de celle de votre conjoint. Dans la séparation, la rupture, vous continuez à construire la sainteté de votre couple en vivant au jour le jour la fidélité à votre "OUI". Le débordement de votre amour ne peut que rejaillir sur votre conjoint sans que vous puissiez en mesurer les effets au plus profond de ce qu’il est et de ce qu’il vit. D’une certaine manière, il vous faut vivre aujourd’hui une "sainteté à deux" alors que vous êtes "seul(e) " et que bien souvent vous éprouvez douloureusement le poids de la solitude. 

enseignement 340 2Pour garder cette source de l’amour, bien vivante et jaillissante en vous, il vous faut apprendre à aimer sans mesure à la manière de saint Bernard, qui ne craignait pas de décrire ce lien d’amour entre l’âme et son Dieu comme le lien qui unit l’épouse et l’époux. Je veux le citer 

dans son Commentaire du Cantique des Cantiques même si ses paroles peuvent vous étonner ou même vous choquer : « Pour exprimer la douce affection réciproque du Verbe et de l’âme, on n’a pas trouvé de noms plus doux que ceux d’époux et d’épouse... Si donc le verbe aimer convient de façon spéciale et particulière aux époux, ce n’est pas à tort qu’on désigne du nom d’épouse l’âme qui aime... Elle s’écrie : « Qu’il me baise d’un baiser de sa bouche »... Son amour est ardent, car l’âme s’enivre de cet amour à tel point qu’elle ne pense plus à la majesté de l’Epoux... Oh qu’elle est grande, la force de l’amour ! Quelle confiance inspirée par l’Esprit de liberté ! Quoi de plus évident que cette parole : « L’amour parfait bannit la crainte ». 

Ce chemin de l’amour est de l’ordre de la folie que nous pouvons suivre sans craindre de nous tromper. Il est chemin de sanctification pour vous personnellement et pour votre conjoint toujours en relation avec votre « oui » initial. 

2- Votre "OUI" se fonde dans la Croix du Christ 

Comme Lui, vous êtes écartelé(e), comme Lui, vous faites l’expérience de la solitude, « mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné » comme Lui vous apprenez à donner le pardon « Père pardonne-leur », comme Lui, vous vous abandonnez à sa volonté « en Tes mains je remets mon esprit ». La Croix, pour tout baptisé est incontournable. 

enseignement 340 3Le mariage chrétien, comme l’engagement dans la vie consacrée,  trouvent leur sens profond dans la Croix de Jésus. La grâce du mariage vous a été donnée par le don surabondant de l’amour et de la vie du Christ en Croix. 

Depuis la venue du Fils dans le monde, il n’y a pas pour nous d’autre forme d’amour que celle dans laquelle il nous a aimés. « En ceci consiste l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés et qui a envoyé son Fils en victime de propitiation pour nos péchés » (1 Jn 4,10). « A ceci nous avons connu l’amour : celui-là a donné sa vie pour nous. Et nous devons, nous aussi, donner notre vie pour nos frères » (1 Jn 3,16 ; Jn 15, 12-14). L’amour fidèle entre les époux, leur sanctification hier dans la communion des corps et aujourd’hui dans leur séparation se nourrit de cette charte de l’amour. 

Le théologien Urs von Balthasar, souligne très fortement ce lien entre le sacrement et la Croix : « Le mariage ne peut devenir sacrement qu’en participant à l’esprit du Christ offert en sacrifice... C’est Dieu qui, dans l’acte de foi, offre les époux l’un à l’autre, à l’intérieur de l’acte chrétien fondamental : l’acte du don de soi... Les époux chrétiens, quand ils s’unissent, attendent toujours d’avance de Dieu la réponse débordante de sa grâce... » (p. 226-228). 

En passant par la Croix de Jésus, l’état du mariage et l’état de la vie consacrée sont appelés à la même radicalité. Ils sont tous les deux manifestations de l’amour d’un Dieu fidèle et vivent de cet amour. Et «les deux états sont féconds en vertu de cet amour, parce qu’ils portent en eux la source de la fécondité » (p.229). Une fécondité qui demeure dans la séparation dans la mesure où elle prend la forme de l’espérance, de la compassion, de l’accompagnement de la foi (auprès des enfants et petits-enfants), de l’amour (auprès des jeunes qui prennent le chemin du mariage) ; une fécondité qui engendre à l’ouverture à la Parole de Dieu, à la vie sacramentelle. Une fécondité inséparable de la fidélité au "OUI" du Sacrement. 

3- Votre "OUI" fait mémoire de la fidélité de Dieu à l’Alliance 

enseignement 340 4Jusque dans la séparation, la fidélité de Dieu est source de votre fidélité. Souvenons- nous : dans l’Ancienne Alliance, fidélité conjugale et fidélité divine à l’Alliance sont inséparables. Il faut reprendre quelques textes des prophètes. 

Osée : « Je te fiancerai à moi pour toujours, je te fiancerai à moi par la justice et le droit, l’amour et la tendresse, je te fiancerai à moi par la fidélité et tu connaîtras le Seigneur » (2 ,21-22). 

Jérémie : « Je te rappelle ton attachement, du temps de ta jeunesse, ton amour de jeune mariée ; tu me suivais au désert dans une terre inculte » (Jer 2, 2). 

Ezéchiel : « Moi je me souviendrai de mon alliance avec toi, aux jours de ta jeunesse : j’établirai avec toi une alliance perpétuelle... J’établirai mon alliance avec toi : alors tu connaîtras que je suis le Seigneur » (Ez 16, 50-52). 

Votre sainteté et la sanctification de votre conjoint s’inscrivent toujours dans cette relation d’alliance de Dieu avec son peuple et chacun de nous. Une telle fidélité à votre "OUI", qui est source de votre sanctification et de celle de votre conjoint, sera nécessairement un combat pour «ne pas entrer en tentation» et demeurer dans la chasteté. Ce combat est de l’ordre de la folie, de la folie de la Croix, de la folie de l’amour qui ne peut se mener qu’avec une vie spirituelle forte nourrie de la Parole de Dieu, de la prière, et des Sacrements (Eucharistie, Réconciliation), nourrie d’une vie en Eglise, puisque le critère de l’amour conjugal, demeure toujours l’amour entre le Christ et l’Eglise. 

enseignement 340 5Ce combat ne peut se conduire si vous cherchez à vous établir dans une solitude confortable en oubliant «d’élargir votre fécondité et de la traduire de mille manières en rendant présent l’amour de Dieu dans la société » (Amoris Laetitia n° 184 et suivants), auprès des personnes âgées, des enfants, des plus pauvres, dans la vie associative... 

La sainteté dans le mariage, dans la séparation, dans la vie consacrée trouve son épanouissement dans le don de soi (et non le repli sur soi), le don de la vie, le don de l’amour. 

Père Guy Sionneau, conseiller spirituel du groupe Ile-de-France-Montmartre, les 16-17 février