Enseignements

Extraits de l’allocution donnée à Orléans par Mgr Vincenzo Paglia, président du Conseil pontifical de la famille, aux séminaristes du diocèseet aux responsables des mouvements de la pastorale familiale.

Le débat actuel sur la famille se concentre chaque jour davantage sur une question de fond : la famille, entendue comme l’union stable entre un homme et une femme et de leurs enfants, est-elle encore une ressource pour la personne et pour la société, ou bien est-elle seulement la survie du passé qui fait obstacle, tant à l’émancipation des individus qu’à l’émergence d’une société plus libre, plus égalitaire et plus heureuse ? C’est une question qui nécessite un regard sur la situation historique de la famille d’aujourd’hui, que l’on pourrait dire paradoxale.

D’un côté, on continue d’attribuer aux liens familiaux une grande valeur et il ne fait aucun doute qu’il en soit ainsi : même avec toutes ses contradictions, le désir d’avoir une famille reste l’une des plusgrandes priorités de la majorité des personnes. De l’autre côté, les liens se relâchent, les ruptures conjugales sont toujours plus fréquentes et entraînent l’absence d’un des deux parents ; les familles se dispersent, se divisent, se recomposent, mais « la déflagration des familles est le premier problème de la société moderne » (Xavier Lacroix).

 

Synodes sur la famille : le P. Alain Mattheeuws fait le point

Jésuite, docteur en théologie morale et sacramentaire de l’Institut Catholique de Toulouse, il est actuellement professeur à l’Institut d’Etudes Théologiques à Bruxelles. Sa recherche concerne le sacrement du mariage1. Il donne également des cours à la Faculté Notre-Dame de Paris et dans d’autres Facultés. Il évoque le 18 mars 2014 (Zenit.org) le double synode de 2014 et 2015 sur la famille. Il fournit quelques précisons utiles sur le fameux "questionnaire", à distinguer d’un "instrument de travail" synodal, qui viendra ensuite : « il convient toujours de considérer (...) la bonté de la volonté divine et la puissance de son action plus que l’incapacité de nos libertés à y correspondre ».

synode-famille-1Dans l’Eglise, il y a de la vie et des nouveautés : on parle beaucoup de la famille et des deux prochains synodes qui lui seront consacrés. Pourquoi attacher une telle importance à ces synodes ?

Tout simplement parce que la thématique du mariage et de la famille concerne une grande majorité des chrétiens ainsi que l’ensemble de toute société. Nous le voyons concrètement aussi dans les évolutions occidentales du statut du mariage civil : il y a de l’intérêt et de la passion ! De plus quelles que soient les situations, nous sommestous « fils ou filles » de nos parents et « enfants de Dieu en son Eglise ». Jean-Paul II avait également commencé son pontificat par un synode sur la famille. La condition familiale est un lieu de vie bien particulier, surtout si elle est sacramentelle. Ce n’est pas une question annexe ou simplement réservée à des spécialistes. Le mariage n’est-il pas un lieu privilégié de sanctification et de présence divine ?

Que dire ou penser du questionnaire proposé à tous les chrétiens ?

La Communion Notre Dame de l’Alliance, représentée par ses modérateurs et son conseiller spirituel général, a travaillé à un document qui a été remis à Mgr d’Ornellas, notre évêque référent et à Mgr Léonard, archevêque de Malines-Bruxelles. En voici le contenu.

Synode-familleVivant de la grâce du sacrement de mariage, au-delà de l’épreuve de la séparation, nous croyons en foi et en vérité que ce sacrement est un trésor pour l’humanité, chemin privilégié du salut de l’âme pour l’homme et la femme qui se sont unis en Christ. Mais il ne peut être perçu comme tel qu’avec les yeux et le cœur de la foi. Il n’est donc pas étonnant que dans un monde déchristianisé et axé sur la consommation immédiate, les exigences du mariage soient considérées comme d’inacceptables contraintes. En tant que "séparés fidèles", nous faisons pourtant l’expérience d’un espace de liberté et de croissance insoupçonné, qui se situe bien entendu sur un plan spirituel, et qui va de pair avec des renoncements et souffrances sur les plans émotionnels et affectifs. Mais avec le Christ, ce chemin est vie, bonheur et joie, en plénitude.