Enseignements

catechese334 1Lors du dernier conseil, le Père François Potez, curé de Notre- Dame-du-Travail, nous a fait méditer sur ce sujet, dont voici quelques extraits.

« En introduction, je dirai que je suis émerveillé par l’amour de Dieu pour les hommes blessés.

L’homme a été créé à l’image de Dieu, c’est à dire capable de cet amour, de le recevoir, de l’échanger, face-à-face. Il existe une discontinuité absolue entre l’homme et l’animal : la frontière entre le végétal et l’animal est floue, mais la frontière entre l’animal et l’homme est claire, c’est l’esprit. Prenons l’exemple de la cathédrale de Vézelay : un chien n’y verra rien, il tournera autour des piliers, seul l’homme est saisi par l’esprit de la cathédrale.

Nous allons méditer trois textes de l’évangile qui nous montrent comment une écoute attentive conduit à la communion avec le Christ et nos frères. 

enseignement334 11er temps : l’Annonciation (Lc 1, 26 à 38)

La première leçon de ce texte, c’est que l’écoute est l’affaire de la Vierge Marie. C’est elle d’abord et par excellence qui écoute en silence le Seigneur et vit avec lui une communion parfaite. C’est dans les bras de Marie que nous-mêmes saurons écouter le Seigneur. 

La Vierge est aussi la mère et le modèle de l’Église. Je peux écouter le Seigneur quand je suis seul dans ma chambre, mais à condition que je sois en communion avec l’Église. Ce point me semble particulièrement important pour votre vocation. Vous proclamez par toute votre vie que l’engagement d’alliance pris est toujours vivant quoiqu’il arrive, quoiqu’il en coûte. Or cette alliance, c’est celle de Jésus et de l’Église. Il appartient donc au cœur de votre vocation que vous manifestiez votre communion avec l’Église, même dans la solitude.

Regarde vers le ciel 

enseignement333 1Le soleil était couché depuis longtemps, quand Abraham se plaint au Seigneur et lui présente - nous pouvons aussi penser que cela arrive à travers ses larmes - toute la déception qui envahit son cœur. Tout cela se passe sous la tente, sa demeure habituelle. Qui sait combien de fois Abraham a confié cette amertume au Seigneur ? Mais ce soir-là, le Seigneur accueille son cri de douleur et répond à sa plainte : « Ce n’est pas lui qui sera ton héritier, mais quelqu’un de ton sang. Regarde le ciel, et compte les étoiles, si tu le peux. Telle sera ta descendance ». 

Compter les étoiles n’est pas qu’une expression poétiquement suggestive mais cela contient l'annonce que l'histoire qu'Il veut construire avec Abraham surpasse toute imagination humaine, qu’elle est beaucoup plus grande que ce que l'homme peut 

imaginer. Dans les larmes, quand la tristesse devient insupportable, Dieu fait à nouveau irruption dans la vie d'Abraham et renouvelle la promesse initiale. Mais que peut valoir cette parole face à la réalité nue, quelle valeur a cet engagement, même prononcé solennellement et presque sous la forme d'un serment, s’il n’est même pas possible d’entrevoir le germe de cette nombreuse descendance ? YHWH ne donne aucune preuve à Abraham, Il ne dit même pas quand tout cela arrivera, Il ne demande que de Lui faire confiance. Le Seigneur ne nous libère pas de la souffrance mais nous demande de l'attendre : ce sera à Lui, à l'heure choisie, de renouveler le pacte. Il demande ainsi à Abraham de ne pas chercher d’autre récompense, si ce n’est Lui.