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Depuis quelques mois, les quatorze groupes régionaux de la Communion se sont penchés sur des « questions du monde » ayant un jour été posées aux uns ou aux autres. La réflexion, menée en plusieurs étapes, fut l’occasion de fructueux échanges éclairés par nos conseillers spirituels, ce qui nous permit de vérifier et affermir les fondements de notre foi...
"Nous souhaitons que les éléments de réponses publiés dans cette "foire aux questions" puissent ouvrir des pistes de dialogue et permettent à ceux qui y sont appelés de témoigner simplement, sans complexe et sans arrogance, de l’espérance qui les fait vivre" (extrait de l'édito du mois).

 


1. Vous êtes resté fidèle car vous avez peur de faire un péché en vous remariant. Le divorce est-il un péché ?

Le péché est un manquement à l'amour de Dieu et du prochain. Par le péché, on marque sa volonté de se couper de Dieu. (Péché des origines, Gn 3). Le divorce est un acte civil qui casse le mariage civil. Mais aux yeux de Dieu et de l'Eglise, le mariage sacramentel demeure (CEC 2382, 2383).

Dans le sacrement de mariage, la parole est donnée pour toujours ; c'est un signe de l'Alliance entre Dieu et les hommes. La fidélité à son conjoint est à l’image de la fidélité et de l'amour de Dieu et envers Dieu.

Celui ou celle qui se remarie civilement commet le péché d’adultère. « Tout homme qui répudie sa femme et en épouse une autre commet un adultère, et celui qui épouse une femme répudiée par son mari commet un adultère » (Lc 16, 18)

La faute se situe aussi pendant la vie commune dans une série de manquements à l'amour qui conduisent à la mésentente et à la séparation.

Dieu seul juge les personnes mais il est donné à l'homme de reconnaître ses actes comme objectivement bons ou mauvais. Or il est des actes intrinsèquement mauvais, notamment l'adultère.

Dans l'épreuve de la séparation, le choix de la fidélité et de l’amour à la suite du Christ permet souvent de vivre une nouvelle naissance spirituelle. « Qui ne prend pas sa croix et ne suit pas derrière moi n'est pas digne de moi » (Mt 10, 38)


2. Comment peut-on demander le divorce et rester fidèle ?

Il arrive que la vie commune ne soit plus possible pour des raisons diverses pouvant nuire gravement à l'équilibre de la famille. Après avoir cherché toutes les solutions possibles, se séparer peut demeurer la seule issue, parfois même urgente et nécessaire.

C’est ainsi que l’on peut être amené à divorcer aux yeux des hommes (action civile) tout en se sachant unis à jamais dans le cœur de Dieu (sacrement).

Référence à l’enseignement de l’Église (JP II)
"Le cas du conjoint qui a été contraint au divorce est semblable lorsque, bien conscient de l'indissolubilité du lien du mariage valide, il ne se laisse pas entraîner dans une nouvelle union, et s'emploie uniquement à remplir ses devoirs familiaux et ses responsabilités de chrétien. Alors, son témoignage de fidélité et de cohérence chrétienne est d'une valeur toute particulière pour le monde et pour l'Eglise ; celle-ci doit plus que jamais lui apporter une aide pleine de sollicitude affectueuse, sans qu'il n'y ait aucun obstacle à son admission aux sacrements." (Familiaris Consortio § 83, 3ème alinéa)


3. Dire "mon époux, mon épouse" et porter l'alliance, n'est-ce pas entraver la liberté de mon conjoint ?


Notre anneau est signe de notre engagement dans la fidélité, il est un cadeau qui nous aide à grandir dans l’amour vrai de l’époux – présent ou absent - et dans l’Amour de Dieu. Dans la société, continuer à porter son alliance est un témoignage d’engagement et peut « protéger » celui ou celle qui la porte de tentatives de séduction.

Il est des lieux, des moments, des assemblées où dire « mon époux, mon épouse » peut sembler une provocation et où la réserve est peut-être plus sage. Il en est d’autres où ce langage interpellera et permettra un partage en profondeur sur le lien sacré et indissoluble du mariage. C’est à nous de discerner. Comme, par exemple, quand on nous dit « ton ex » …

En ce qui concerne la liberté de l’époux, ma parole ou mon choix de vie n’engage que moi-même et n’interfère pas dans la liberté de mon époux (se) qui peut faire un choix différent. Je suis libre de ma parole qui est en totale cohérence avec l’engagement que j’ai pris le jour de notre mariage.


4. Rester fidèle est réservé à une élite. Les divorcés fidèles sont des extrémistes, des conservateurs qui empêchent l’Église d’avancer. Il faut vivre avec son temps.


Jésus s’adresse à tous quand il dit : « Quiconque répudie sa femme […] et en épouse une autre commet un adultère » (Mt 19, 9) ou « Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas » (Mc 10, 9). Ceux qui s’efforcent de suivre les préceptes évangéliques et de respecter la parole donnée, malgré l’épreuve d’un divorce ou d’une séparation, manqueraient-ils d’humilité ? Leur rêve brisé et les difficultés rencontrées ne les rabaissent-ils pas suffisamment ?

Déjà les disciples de Jésus lui avaient répondu : « Si telle est la condition de l’homme envers la femme, il n’est pas expédient de se marier » (Mt 19, 10). Cela ne l’est pas plus aujourd’hui. Le mariage reste une aventure imprévisible et risquée mais si riche d’Espérance, de Foi et de Charité ! Souvenons-nous des paroles du Christ : « Il y a des eunuques qui se sont eux-mêmes rendus tels à cause du Royaume des Cieux. » (Mt 19, 12). « Laissez les petits-enfants et ne les empêchez pas de venir à moi car c’est à leurs pareils qu’appartient le Royaume des Cieux » (Mt 19, 14). Oui, c’est le désir du Royaume qui nous fait choisir la fidélité à un(e) absent(e), idée suspecte pour notre temps qui ne met rien au-dessus du bien-être personnel.
La fidélité au sacrement de mariage n’est pas une pénitence que l’on s’inflige mais le seul moyen de rester soi-même. Notre temps ne peut qu’y gagner des personnes paradoxalement plus libres et plus épanouies.
Quant à l’Eglise, elle aime bien le sel qui conserve, oui, qui conserve en donnant du goût à la vie !


5. Rester fidèle, c’est se refuser d’être heureux. L’homme n’est pas fait pour rester seul. Dieu bénit ceux qui s’aiment. Opposer « heureux » et « fidèle » reviendrait à exclure des Béatitudes ceux qui ont la foi (fides = foi).

Il est vrai que rester seul est une épreuve surtout dans une société où la recherche du plaisir est comme un droit, voire un devoir ! Rester fidèle est un combat mais c’est aussi un bonheur, celui de vivre sous le regard du Seigneur qui nous comble de ce qu’un humain ne peut certainement pas combler …

S’il est vrai que « Dieu bénit ceux qui s’aiment », encore faut-il préciser de quel amour on parle. L’amour est-il seulement sentiment ? Amour-passion, amour-fusion - souvent feu de paille - ou amour don de soi jamais repris, à l’image de Jésus ?

La fidélité engendre l’ouverture de cœur et inversement. Elle nous permet de voir notre conjoint autrement. De le voir avec le regard bienveillant du Christ. Voir au-delà des actes le bien qui est en lui. Réapprendre à l’aimer à travers nos enfants et petits-enfants.

« Mais dès l’origine de la création, Il (Dieu) les fit homme et femme. Ainsi donc, l’homme quittera son père et sa mère et les deux ne feront qu’une seule chair. (Mc, 10, 6)

La fidélité est un chemin de sainteté. En appuyant notre fidélité sur celle du Christ, nous bénéficions de sa grâce (son soutien) et nous en éprouvons beaucoup de joie. Avec lui, nous ne sommes jamais seuls. Être seul et rester fidèle peut aussi conduire à trouver un nouveau sens à sa vie en pratiquant le bénévolat, l’écoute des autres et notamment des plus démunis.


6. Quand il n’y a plus d’amour, pourquoi rester ensemble ? Se séparer est normal et légitime.

« Il n’y a plus d’amour » : comment peut-on l’affirmer ? Il est important de se donner du temps avant de prendre une décision grave et lourde de conséquences.

Il semble qu’il n’y ait plus d’amour pour le moment, mais il y a peut-être seulement des obstacles à surmonter. L’un des époux ne se sent peut-être plus capable d’aimer, alors il se réfugie derrière cet argument au lieu de mettre tout en œuvre pour raviver l’amour. Par exemple « les 3 P : parler, pardonner, prier. »

C’est pour le bonheur de l’homme que le Seigneur dit : « Ce que Dieu a uni, l’homme ne doit point le séparer » (Mc 10).

Mais en amour, nous sommes très limités, c’est Dieu qui nous rend capables d’aimer.

S'aimer, c'est vouloir s'aimer et non pas sentir l'amour. L'amour étant par nature décentrement de soi, il est très difficile de juger soi-même s'il n'y a plus d'amour dans un couple qui a déjà partagé tant de choses.

Être amoureux d'un autre (d’une autre) peut arriver et sembler justifier que l'on n'aime plus son conjoint : il s'agit d'une épreuve à dépasser, d'un combat entre une passion de l'ordre de l'éros et l'amour conjugal qui est de l'ordre de l'agapè. Les amours passent, l'amour ne passe pas ! « L’amour ne passera jamais » (1 Co 13, 8)

L'amour-passion est amour propre en trouvant du plaisir à la compagnie de l'autre alors que l'amour conjugal est vouloir le bien de l'autre.

Se séparer est parfois non pas « normal » mais nécessaire - pour des raisons plus profondes (comportements graves mettant en cause l'intégrité de la personne...) - au moins temporairement, pour provoquer une réflexion avec une aide extérieure, un travail sur soi ou sur le couple, intéressant non pas les sentiments mais les comportements et les aspirations de chacun.

Se séparer peut-il être « légitime » ? Les époux sont bien sûr libres de se séparer s’il n’est vraiment plus possible de vivre ensemble mais seulement après avoir mûrement et honnêtement réfléchi aux conséquences de cette décision : assistance au conjoint, éducation des enfants, impact sur les grands-parents, les amis, l’entourage… Une conception de la liberté placée au-dessus de ces autres devoirs est individualiste, égoïste, hédoniste. La liberté est subordonnée au bien des personnes.


7. Attendez-vous le retour de votre conjoint ? Regarder en arrière vers quelque chose qui n’est plus, n’est-ce pas refuser la vie ?

La première chose que l’on peut faire quand on nous pose une question qui nous embarrasse, c'est d'en poser une autre qui nous semble plus juste ou plus appropriée et à laquelle on peut donner une réponse. Exemples : « Tu veux savoir si j'aime toujours mon conjoint ? Ou si j'ai toujours confiance en lui – ou elle ? Ou si je le (la) vois encore ? » Cela permet de ne pas rester devant une question trop difficile pour commencer une conversation.

Voici une réponse possible : Depuis notre séparation et la souffrance qui a suivi, nous avons pris des chemins très différents. Aujourd’hui une reprise de vie commune n’est pas envisageable. Pourtant dans le fond de mon cœur, il y a un désir profond de réconciliation, même si je sais qu’elle n’aura peut-être pas lieu ici-bas. Par le sacrement du mariage, Dieu est venu sceller notre union de manière indissoluble. Il me demande d’aimer mon conjoint aujourd’hui. Même si mon conjoint n’est plus près de moi, je continue de recevoir une grâce spéciale – une aide, une paix - en lien avec le sacrement de mariage. La parole que j’ai prononcée et par laquelle je me suis engagé(e) m’aide à l’aimer encore, mais autrement. Nos enfants m’aident à cultiver une image positive de mon conjoint. L’épreuve a transformé mon amour, l’a purifié. La porte reste ouverte. Cela ne m’empêche pas de vivre pleinement ma vie et de profiter de tous les cadeaux que la vie me donne chaque jour.


8. Quelle distinction faire entre mariage civil et mariage sacramentel ?

Le mariage civil est un acte solennel par lequel un homme et une femme établissent entre eux une union légitime en vue de fonder un foyer et dont les conditions, les effets et la dissolution sont régis par le code civil. Il ne peut être dissous que par la mort de l’un des deux époux ou par le divorce. Le mariage civil crée entre les époux des rapports d’égalité avec des droits et des devoirs réciproques : fidélité, cohabitation, assistance et secours mutuel, respect, direction morale et matérielle de la famille et éducation des enfants.

Le mariage religieux est un sacrement. Il consiste en la volonté des époux baptisés, exprimée publiquement et en présence de deux témoins et d’un prêtre ou d’un diacre, de s’unir pour la vie. Ce don mutuel instaure une communauté de toute la vie en vue du bien des époux et de l’éducation des enfants, dans la fidélité, la fécondité, l’unité et indissolubilité. Le sacrement de mariage vient sanctifier l’union de l’homme et de la femme et leur donne la grâce d’aimer comme le Christ nous a aimés. (Mais il faut se souvenir que la grâce d’aimer à l’image du Christ n’est pas réservée aux époux et que tout baptisé l’a reçue lors de son baptême.)

Références bibliques :

« C’est pourquoi l’homme quitte son père et sa mère et s’attache à sa femme, et ils deviennent une seule chair. » (Gn. 2, 24)

« Ainsi ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Eh bien ! Ce que Dieu a uni, l’homme ne doit point le séparer. » (Mt. 19, 6)

« Ce mystère est de grande portée ; je veux dire qu’il s’applique au Christ et à l’Église. » (Ep 5, 32)


9. Comment répondre à l’attente des époux séparés ?

« Dieu est fidèle : il ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces ; mais, avec la tentation, il vous donnera le moyen d'en sortir et la force de la supporter » (1 Co 10, 13).

Il est important d’écouter ceux qui nous sont envoyés, de cerner leur situation, leurs attentes, leurs souffrances, de libérer leur parole et leur cœur. Par la parole en effet, une relation peut s’instaurer. Nous sommes ensuite amenés à leur proposer des temps de rencontres fraternelles, celles de la CNDA ou toute autre activité, sortie culturelle, loisir partagé ou autre temps d’amitié qui allègera leur solitude et les encouragera à l’autonomie et à la confiance en eux.

Nous pouvons aussi leur proposer des lectures de divers articles, revues, enseignements répondant à leurs questions, les orienter vers le site internet de la Communion et les inviter à lire notre bulletin, l’Anneau de Feu, sources de soutien fraternel et spirituel.

Soutenir leur foi semble capital, en partant de là où en sont les personnes et en les amenant à rencontrer un prêtre, un groupe de partage biblique, un groupe de prière. Nous les invitons à une récollection, une retraite fondamentale et surtout nous pouvons témoigner auprès d’elles et leur dire comment le Seigneur nous a redonné joie et espérance au cœur même de l’épreuve et dans le choix de fidélité qui est le nôtre.

Il est important que ces personnes sachent que nous prions pour elles et leurs conjoints. Nous prions avec elles aussi à l’occasion de neuvaines ou du chapelet. Nous n’hésitons pas à les confier au groupe des intercesseurs de la Communion.

Mais, sans pour autant en nier l'existence et l'importance, nous ne sommes pas habilités à traiter des questions sociales, matérielles, juridiques et psychologiques. En revanche, nous devons toujours encourager les personnes à prendre les contacts qui semblent nécessaires et à s'adresser aux personnes compétentes.

Nous ne sommes pas non plus formés à l’accompagnement des couples en difficulté. Là, il faut orienter vers l'Eglise locale ou des mouvements comme le CLER, Cana Espérance, Amour et Vérité...

Nous n’avons pas à nous prononcer non plus sur une éventuelle non validité du sacrement de mariage. Là aussi, et avec discernement, nous pouvons seulement faire état d'une démarche possible auprès de l'Officialité diocésaine.


10. Quel dialogue avec les mouvements qui accueillent les divorcés-remariés ?

Le dialogue suppose d’aller vers l’autre avec bienveillance. Ainsi pourrons-nous :

- Accepter de participer aux groupes existant dans nos différents diocèses avec, comme attitude, l'ouverture de cœur, sans pour cela renoncer au message du Christ, qui reste immuable : « Ce que Dieu a uni, l’homme ne doit point le séparer » (Mt 19, 6).

- Témoigner de ce que nous apporte notre choix de fidélité : joie et paix intérieures.

- Dire que personne n'est jamais exclu de la miséricorde divine, quel que soit le chemin suivi (parabole du Pharisien et du Publicain - Lc 18, 9-14) et que tout baptisé garde une place dans l'Eglise (cf. Association « Miséricorde et Vérité » et Fraternité des Ouvriers de la Onzième Heure.


11. Que répondre si l’on nous dit : « Pourquoi pas la communion eucharistique des divorcés-remariés ? Jésus permettrait aux divorcés-remariés de communier car Il est miséricordieux. »

Si le Christ est miséricordieux, Il nous invite cependant à la fidélité au conjoint, (Mc 10,1-12) et à vivre un chemin de vérité et d'humilité. A la femme adultère, il dit : « Va, désormais ne pèche plus » (Jn 8 ,11)

Et ailleurs : « Ce n’est pas de pain seul que vivra l’homme mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Mt 4, 4) Et encore : « Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples et vous connaîtrez la vérité et la vérité vous libérera. » (Jn 8, 31-32)

Accepter de recevoir le Christ en soi, c'est accepter intégralement son message, l'Église ne peut changer cela. Elle nous enseigne cependant que Dieu aime les cœurs qui se reconnaissent « pauvres pécheurs » (Lc 18, 13). On peut évoquer ici le mouvement « Miséricorde et Vérité » (voir adresse site internet en Q 10), mouvement qui accompagne les époux civilement remariés et leur propose un cheminement à la lumière de l’évangile dans le respect de l’Église .


12. Renouvellement du Oui au Conjoint (ROC). Comment redire oui à un conjoint qui n'est plus là et qui a peut-être contracté une autre union ?

En référence à la parole de l’Évangile selon Matthieu 5, 37 : «Quand vous dites "oui" que ce soit un "oui", quand vous dites "non" que ce soit un "non". Tout ce qui est en plus vient du Mauvais. »

Nous pouvons dire « oui » si nous prenons un chemin d’humilité et d’amour qui conduit au pardon, car il n’y a pas d’humilité sans amour et réciproquement.

L’affection et le soin que nous portons à nos enfants sont aussi une manière de dire « oui » à notre conjoint. Avec la grâce du Seigneur, nous leur transmettons notre fidélité qui survit aux épreuves et à toutes les infidélités.

C’est du Christ que nous recevons le « oui » de la promesse. C’est de Lui que nous recevons la force de redire le « oui » de notre mariage dans lequel le Seigneur s’est engagé avec nous pour toujours.

Chaque jour notre « oui » est dans la main du Seigneur. Sa miséricorde restaure en nous le « oui » que nous lui confions. Elle nous donne la paix et nous fait découvrir que tout est grâce.

Ce « oui » en vérité nous libère et nous guérit. Notre « oui » reste ouvert à l’avenir.


13. Que se passe-t-il après la mort d’un des deux époux unis par le sacrement de mariage ?

La formule de l’échange des consentements durant la messe de mariage dit : « Je te reçois comme époux(e), je me donne à toi librement pour t’aimer fidèlement dans les joies et dans les peines tout au long de notre vie ». Une des variantes remplace cette dernière partie par « jusqu’à ce que la mort nous sépare ».

« En effet les sacrements sont des réalités de ce monde présent, ils sont faits pour « l’homo viator », l’homme en chemin ici-bas. Au Ciel il n’y a plus ni médiations ni signes ; même les signes sacramentels sont abolis, parce que Dieu sera tout en tous (1 Co 15, 28). Il n’y a plus non plus d’expression proprement conjugale de l’amour, selon l’enseignement explicite de Jésus, quand il répond à l’objection des Sadducéens et à leur histoire de la femme aux sept maris : « à la résurrection, on ne prend ni femme ni mari, on est comme des anges dans le ciel » (Mt 22, 30). En ce sens le « compagnonnage » propre aux époux est terminé. » P. Alain Bandelier (voir sur ce sujet l'intégralité de son billet dans l’Anneau de Feu d'avril 2008).
Le conjoint survivant est alors libre de choisir, avec discernement, l’orientation à donner à sa vie : il peut contracter une nouvelle union, choisir de rester fidèle à l’amour du conjoint, consacrer sa vie à Dieu.

St Paul évoque ainsi l’état de veuvage : « La femme demeure liée à son mari aussi que longtemps qu’il vit ; mais si le mari meurt, elle est libre d’épouser qui elle veut, dans le Seigneur seulement. Elle sera pourtant plus heureuse, à mon sens, si elle reste comme elle est » (1 Co 7, 39-40).

On peut citer ici la « Fraternité Notre-Dame de la Résurrection » qui témoigne que l’amour est plus fort que la mort et accompagne les veuves dans leur cheminement. La communauté « Anne la prophétesse » s’adresse aux veuves de plus de 50 ans qui après leur veuvage ont entendu l’appel du Seigneur à lui consacrer cet état de vie, en continuité avec leur sacrement de mariage et en union avec leur mari. Cette communauté veut être un soutien spirituel aux veuves et un témoignage de fidélité.