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4. Rester fidèle est réservé à une élite. Les divorcés fidèles sont des extrémistes, des conservateurs qui empêchent l’Église d’avancer. Il faut vivre avec son temps.


Jésus s’adresse à tous quand il dit : « Quiconque répudie sa femme […] et en épouse une autre commet un adultère » (Mt 19, 9) ou « Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas » (Mc 10, 9). Ceux qui s’efforcent de suivre les préceptes évangéliques et de respecter la parole donnée, malgré l’épreuve d’un divorce ou d’une séparation, manqueraient-ils d’humilité ? Leur rêve brisé et les difficultés rencontrées ne les rabaissent-ils pas suffisamment ?

Déjà les disciples de Jésus lui avaient répondu : « Si telle est la condition de l’homme envers la femme, il n’est pas expédient de se marier » (Mt 19, 10). Cela ne l’est pas plus aujourd’hui. Le mariage reste une aventure imprévisible et risquée mais si riche d’Espérance, de Foi et de Charité ! Souvenons-nous des paroles du Christ : « Il y a des eunuques qui se sont eux-mêmes rendus tels à cause du Royaume des Cieux. » (Mt 19, 12). « Laissez les petits-enfants et ne les empêchez pas de venir à moi car c’est à leurs pareils qu’appartient le Royaume des Cieux » (Mt 19, 14). Oui, c’est le désir du Royaume qui nous fait choisir la fidélité à un(e) absent(e), idée suspecte pour notre temps qui ne met rien au-dessus du bien-être personnel.
La fidélité au sacrement de mariage n’est pas une pénitence que l’on s’inflige mais le seul moyen de rester soi-même. Notre temps ne peut qu’y gagner des personnes paradoxalement plus libres et plus épanouies.
Quant à l’Eglise, elle aime bien le sel qui conserve, oui, qui conserve en donnant du goût à la vie !