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6. Quand il n’y a plus d’amour, pourquoi rester ensemble ? Se séparer est normal et légitime.

« Il n’y a plus d’amour » : comment peut-on l’affirmer ? Il est important de se donner du temps avant de prendre une décision grave et lourde de conséquences.

Il semble qu’il n’y ait plus d’amour pour le moment, mais il y a peut-être seulement des obstacles à surmonter. L’un des époux ne se sent peut-être plus capable d’aimer, alors il se réfugie derrière cet argument au lieu de mettre tout en œuvre pour raviver l’amour. Par exemple « les 3 P : parler, pardonner, prier. »

C’est pour le bonheur de l’homme que le Seigneur dit : « Ce que Dieu a uni, l’homme ne doit point le séparer » (Mc 10).

Mais en amour, nous sommes très limités, c’est Dieu qui nous rend capables d’aimer.

S'aimer, c'est vouloir s'aimer et non pas sentir l'amour. L'amour étant par nature décentrement de soi, il est très difficile de juger soi-même s'il n'y a plus d'amour dans un couple qui a déjà partagé tant de choses.

Être amoureux d'un autre (d’une autre) peut arriver et sembler justifier que l'on n'aime plus son conjoint : il s'agit d'une épreuve à dépasser, d'un combat entre une passion de l'ordre de l'éros et l'amour conjugal qui est de l'ordre de l'agapè. Les amours passent, l'amour ne passe pas ! « L’amour ne passera jamais » (1 Co 13, 8)

L'amour-passion est amour propre en trouvant du plaisir à la compagnie de l'autre alors que l'amour conjugal est vouloir le bien de l'autre.

Se séparer est parfois non pas « normal » mais nécessaire - pour des raisons plus profondes (comportements graves mettant en cause l'intégrité de la personne...) - au moins temporairement, pour provoquer une réflexion avec une aide extérieure, un travail sur soi ou sur le couple, intéressant non pas les sentiments mais les comportements et les aspirations de chacun.

Se séparer peut-il être « légitime » ? Les époux sont bien sûr libres de se séparer s’il n’est vraiment plus possible de vivre ensemble mais seulement après avoir mûrement et honnêtement réfléchi aux conséquences de cette décision : assistance au conjoint, éducation des enfants, impact sur les grands-parents, les amis, l’entourage… Une conception de la liberté placée au-dessus de ces autres devoirs est individualiste, égoïste, hédoniste. La liberté est subordonnée au bien des personnes.