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chemin50La vie chrétienne est un chemin

 

Quand on entend la Parole de Dieu ou l’enseignement de l’Eglise, dans tous les domaines et tout particulièrement dans celui du sacrement de mariage,  quand on entend cet appel à la fidélité et au pardon, on est frappé par son exigence, sa radicalité, et on se sent loin de la perfection à laquelle ils appellent.
Voilà pourquoi l’Eglise qui, dans sa sagesse, comprend bien que l’on ne devient pas parfait du jour au lendemain, a voté lors du Synode sur la famille, en 1980, une importante proposition (la 7ème) sur la gradualité. Jean-Paul II la reprend dans son exhortation apostolique sur la famille.
Quand on parle de gradualité, on veut dire que la loi divine est bonne pour tous mais que chacun va vivre « un cheminement de croissance par lequel il sera conduit à une intégration totale de la loi du Christ qui lui est donnée à vivre comme une grâce… La loi est donnée par Dieu en même temps que la grâce pour la vivre. » (P. Eric Jacquinet – in « Fidèles jusqu’à l’audace » – p. 202 et 203)  
Nous expérimentons déjà cela dans notre vie de baptisé. Entre le moment où nous avons reçu le baptême et celui où nous prenons vraiment conscience des grâces reçues dans ce sacrement, il s’écoule souvent une vie entière ! Pourquoi cela n’en serait-il pas de même pour le sacrement de mariage ? Le sacrement est comme une graine qui est déposée en nous et qui grandit peu à peu. Quand le sacrement n’est pas compris et nourri, il ne peut pas porter de fruits.
Quand on parle de gradualité, «  il s’agit bien d’un processus dynamique, d’un nécessaire cheminement pédagogique de croissance » (P. Jacquinet - p.202) autrement dit d’une conversion progressive et continuelle.  En nous invitant à le suivre, Jésus nous fait d’abord découvrir nos résistances, notre dureté de cœur. Alors seulement, nous pouvons recevoir de lui le « cœur nouveau ». Alors seulement, nous pouvons entrer dans un mouvement de conversion et recevoir les dons du St Esprit… à condition que nous ouvrions les portes de notre cœur.
La juste compréhension de la gradualité préserve à la fois du désespoir et de la présomption. Le péché de désespoir, c’est de penser que Dieu ne peut pas me sauver dans la situation où je suis. Le péché de présomption, c’est de croire que Dieu est tellement bon que mes actes n’ont pas d’importance car il me pardonnera de toute façon : il s’agit d’une miséricorde sentimentale qui dispense du désir de conversion et qui finalement ne respecte pas beaucoup à mon avis la dignité de l’homme. La vie chrétienne est une croissance qui suppose le passage par des degrés divers encore marqués par l’imperfection.
Mais la loi de gradualité ne signifie pas la gradualité de la loi (voir à ce sujet le riche enseignement de Mgr Batut donné pour Miséricorde et Vérité - Anneau de Feu de décembre 2009 et site www.cn-da.org : rubrique « enseignements ») L’Eglise ne veut pas mépriser l’homme en lui présentant une version « soft » de l’appel divin. Elle annonce la vérité de l’appel à la sainteté dans sa totalité et à tous les baptisés car elle sait que le Christ mort et ressuscité accompagne le chemin de tout homme, jour après jour.
La loi de Dieu, elle est là. Elle est  bonne pour tous. C’est notre horizon  à tous et nous devons le garder en ligne de mire.  La loi n’est pas un obstacle, c’est un signe de l’amour de Dieu, c’est un don de Dieu pour notre vie. Il n’y a pas des chrétiens de première classe et d’autres de seconde classe, certains qui recevraient les grâces et d’autres qui ne les recevraient pas. Nous sommes tous appelés à la sainteté et le concile Vatican II l’a redit. Bien sûr la barre est haute. Partout dans l’Evangile on voit que la barre est haute. Mais le Seigneur nous attend et avec son amour, on peut avancer sur ce chemin. « Ce qui est impossible à l’homme, avec Dieu cela devient possible » (Mt 19,25).
La seule question importante aujourd’hui pour moi quand je constate que je suis tellement loin de ces exigences c’est la suivante : pour le moment j’en suis là mais quel est le pas que je peux faire aujourd’hui pour répondre à l’amour du Christ ? Et ce pas, c’est dans la prière et avec Dieu que je trouverai la force de le faire.