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Lorsque j’ai entrepris de relire mon histoire afin d’en témoigner dans notre livre « Séparés, divorcés à cœur ouvert »,  j’ai mesuré le chemin parcouru et j’ai réalisé combien cet itinéraire m’avait permis de réfléchir sur certains points liés au mariage et à la vie chrétienne en général. Les enseignements reçus lors de notre retraite à Lourdes 2008 ont abondamment nourri les réflexions que je voudrais vous partager maintenant et que j’ai regroupées en trois points :
- la grandeur du sacrement de mariage
- la vie chrétienne vue comme un chemin
- enfin, quelques réflexions sur nos enfants.

  
La grandeur insoupçonnée du sacrement de mariage
Ce qui m’a frappée en effet c’est que, parmi tous les membres de la CNDA, nombreux sont ceux qui avouent n’avoir vraiment découvert le sacrement de mariage qu’après leur séparation.
mariage-egliseQuand nous nous sommes mariés, la plupart d’entre nous voyions le mariage religieux comme une belle cérémonie au cours de laquelle nous échangions nos consentements devant Dieu. Cela mettait en quelque sorte Dieu dans le coup ! Nous lui avons confié notre couple, les enfants à venir. Cela donnait à notre démarche la dimension spirituelle que nous souhaitions.

Après notre séparation, quand nous nous sommes retrouvés seuls et que nous avons cherché à savoir ce que devenait ce sacrement, nous avons compris que sa signification était beaucoup plus grande !
Nous avons découvert en effet que le sacrement de mariage, c’est bien plus qu’une cérémonie, c’est un acte du Christ, un acte dans lequel il s’engage pleinement et pour toujours. « Les dons de Dieu sont pour toujours » dit l’Ecriture (Rm 11,29). 
Le père Bostyn, notre aumônier en Aquitaine, utilise une image parlante : quand des jeunes fiancés veulent vivre le sacrement de mariage et qu’ils viennent le voir, ils s’imaginent qu’ils sont deux. Eh bien non ! Il leur annonce qu’ils sont trois, comme les trois pieds d’un tabouret et le tabouret, le foyer, sera solide dans la mesure où le couple prend conscience qu’il y a un troisième pied. Ce troisième pied, c’est le Seigneur Jésus lui-même qui s’engage dans cette alliance. C'est-à-dire que les conjoints ne sont pas seuls et qu’ils pourront toujours, dans les bons moments comme dans les mauvais,  recourir à la grâce du Seigneur qui les accompagne.
Le sacrement de mariage, c’est donc un acte d’engagement de Dieu autant que de nous.
On dit aussi souvent que ce sont les époux qui se donnent le sacrement de mariage. Or, si  les époux en effet sont les ministres du sacrement, ils n’en sont pas les auteurs. Ils sont médiateurs l’un pour l’autre d’un don qui les dépasse l’un et l’autre. C’est finalement comme le prêtre avec l’eucharistie. C’est bien Dieu qui est la source du sacrement de mariage.
« Par la grâce sacramentelle, les conjoints sont greffés l’un à l’autre et ils sont aussi greffés au Christ, à l’arbre de vie que le Christ devient dans et par son Eglise. Ils font réellement partie de cet arbre. Ils en reçoivent la sève et la vigueur et lui donnent  vie aussi. Cet arbre de vie qui relie la terre au ciel permet que l’amour humain sacramentel soit vraiment de même texture, de même saveur, que l’amour divin. » (P. Mattheeuws - A cœur ouvert p.128)
C'est la grâce du sacrement de mariage qui me permet de vivre dans le mariage un amour de même nature que celui de Dieu dans sa trinité. Ce qui est possible à Dieu devient possible à l’homme par la grâce du sacrement. Et c’est bien pour cela qu’on parle d’indissolubilité du mariage. Il ne s’agit pas d’une discipline de l’Eglise mais c’est la conséquence de cette réalité théologique. Nous sommes appelés à aimer notre conjoint comme Dieu nous aime, c'est-à-dire jusqu’au don de notre vie.
Pour parler de manière un peu plus compliquée, le sacrement de mariage est la transsubstantiation de l’amour humain en amour divin, comme à Cana l’eau fut changée en vin, et comme en chaque eucharistie le pain et le vin deviennent corps et sang du Ressuscité.
On est ici loin de la petite cérémonie à laquelle je faisais allusion tout à l’heure… Comme l’a dit Saint Paul en parlant du mariage : « Maris, aimez vos femmes COMME le Christ a aimé l’Eglise et s’est livré pour elle… Ne sommes-nous pas les membres de son corps ? Ce mystère est grand. Je déclare qu’il concerne le Christ et l’Eglise » (Ep 5, 21-32)
On peut dire que le mariage sacramentel a deux effets :
- les époux deviennent l’un pour l’autre et à jamais l’aide que Dieu leur a choisie pour aller vers Lui.
- les époux, par leur amour, deviennent le signe de l’amour de Dieu pour l’Eglise et pour le monde. Le sacrement de mariage rend présent et efficace l’amour du Christ pour son Eglise, un amour qui va jusqu’à la croix. Les époux donnent à l’Eglise d’exister.  « Toute nouvelle unité conjugale, par le sacrement de mariage, inscrit de manière indélébile l’amour dans l’Eglise. » (ibid. A cœur ouvert p.127)
D’ailleurs, le concile Vatican II a valorisé une réalité connue depuis longtemps en utilisant le terme « d’ecclesiola » en latin, ou « d’église domestique » en français. Par le mariage surgit une entité ecclésiale qui unit tous les membres de la famille. Chaque famille est une composante substantielle de l’Eglise. Chacun des conjoints est pour l’autre signe de l’Eglise et du Christ. C’est parce qu’elle est une grâce pour les personnes qui la composent comme pour les autres chrétiens que cette « petite église » a une mission dans l’Eglise universelle et dans le monde (Familiaris consortio, exhortation apostolique de JPII en 1981), celle d’être une lumière pour ceux qui la voient, signe de l’amour de Dieu pour le monde. (Merci au père Alain Mattheeuws qui nous a aidés à approfondir ces vérités théologiques. Cf p. 118 et sq de notre livre)
Finalement, pour celui qui est séparé de son conjoint, pour chacun de nous, cela a des conséquences très importantes. Que nous nous sentions trahis et injustement abandonnés, ou que nous ayons dû renoncer à une vie conjugale devenue insupportable, ou même que nous ayons  rompu nous-mêmes ce lien du mariage, nous restons porteurs d’une bénédiction et d’une grâce irrévocables qui ne cesseront jamais de nous accompagner, quels que soient les chemins de notre existence.
Cela a des conséquences aussi sur notre couple. En effet, comme le dit encore le père Mattheeuws, « le Christ ne disparaît pas du couple lorsqu’il est en souffrance ».
L’ecclesiola dont nous avons parlé est affectée bien sûr par ce qui affecte les personnes mais les ruptures n’entraînent pas la mort de cette communion qui dépasse les personnes. Et l’ecclesiola peut continuer à donner l’image de l’amour, même s’il est trahi, refusé, déchiré. Ce qui fait ressembler jusqu’au bout à une ecclesiola, c’est-à-dire au mystère de l’Eglise, c’est l’amour, l’amour blessé parfois, mais l’amour qui vient de Dieu, qui transforme notre pauvre amour humain en don et en pardon. Le Christ est venu sauver l’amour humain et tout amour humain doit être sauvé par le Christ.
Pour éclairer cette idée, le père Mattheeuws dit la phrase suivante que je trouve très parlante : « Un pauvre amour humain, quelle que soit son apparence, est toujours multiplié par l’amour sauveur du Christ, comme les cinq pains et les deux poissons offerts par le jeune garçon avant la multiplication des pains. » Et quand on  demande à Dieu de nous aider à aimer, même quand on s’en sent incapable,  il se charge de faire circuler l’amour que nos refus paralysent sur terre.
Même si les époux sont séparés, leur mission mutuelle n’est pas terminée. Le Christ les a confiés l’un à l’autre. Pour nous, comme pour les autres, le commandement du Seigneur garde toute sa force : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » Dans le présent évidemment, et peut-être dans l’avenir, notre amour ne s’exprimera plus de façon conjugale. Mais le sacrement reste une source actuelle de grâce. Même blessé, l’amour humain peut encore être vécu.
En définitive, notre mission, quand on est mariés sacramentellement, que l’on soit séparé ou pas de notre conjoint, reste la même. Seules les modalités changent. Notre mission est plus souffrante. Mais c’est toujours de rendre présent l’amour de Dieu. Ce que nous faisons par amour pour l’autre « fait du bien » à l’autre. Le chemin que nous faisons pour pardonner, l’effort de vérité, de lucidité que nous faisons sur nous, tout cela fait du bien à l’autre et fait du bien à l’Eglise. Invisiblement, nous donnons quelque chose du Christ à l’autre et, en passant par nous, la grâce nous fait du bien à nous aussi. Cette grâce est surabondante et déborde sur les enfants.
Autrement dit, dans notre situation de personne séparée ou divorcée, les grâces du sacrement de mariage, en nous permettant de continuer à aimer, restent pour toute la famille une source de paix et pour l’Eglise une source de Vie.

 


chemin50La vie chrétienne est un chemin

 

Quand on entend la Parole de Dieu ou l’enseignement de l’Eglise, dans tous les domaines et tout particulièrement dans celui du sacrement de mariage,  quand on entend cet appel à la fidélité et au pardon, on est frappé par son exigence, sa radicalité, et on se sent loin de la perfection à laquelle ils appellent.
Voilà pourquoi l’Eglise qui, dans sa sagesse, comprend bien que l’on ne devient pas parfait du jour au lendemain, a voté lors du Synode sur la famille, en 1980, une importante proposition (la 7ème) sur la gradualité. Jean-Paul II la reprend dans son exhortation apostolique sur la famille.
Quand on parle de gradualité, on veut dire que la loi divine est bonne pour tous mais que chacun va vivre « un cheminement de croissance par lequel il sera conduit à une intégration totale de la loi du Christ qui lui est donnée à vivre comme une grâce… La loi est donnée par Dieu en même temps que la grâce pour la vivre. » (P. Eric Jacquinet – in « Fidèles jusqu’à l’audace » – p. 202 et 203)  
Nous expérimentons déjà cela dans notre vie de baptisé. Entre le moment où nous avons reçu le baptême et celui où nous prenons vraiment conscience des grâces reçues dans ce sacrement, il s’écoule souvent une vie entière ! Pourquoi cela n’en serait-il pas de même pour le sacrement de mariage ? Le sacrement est comme une graine qui est déposée en nous et qui grandit peu à peu. Quand le sacrement n’est pas compris et nourri, il ne peut pas porter de fruits.
Quand on parle de gradualité, «  il s’agit bien d’un processus dynamique, d’un nécessaire cheminement pédagogique de croissance » (P. Jacquinet - p.202) autrement dit d’une conversion progressive et continuelle.  En nous invitant à le suivre, Jésus nous fait d’abord découvrir nos résistances, notre dureté de cœur. Alors seulement, nous pouvons recevoir de lui le « cœur nouveau ». Alors seulement, nous pouvons entrer dans un mouvement de conversion et recevoir les dons du St Esprit… à condition que nous ouvrions les portes de notre cœur.
La juste compréhension de la gradualité préserve à la fois du désespoir et de la présomption. Le péché de désespoir, c’est de penser que Dieu ne peut pas me sauver dans la situation où je suis. Le péché de présomption, c’est de croire que Dieu est tellement bon que mes actes n’ont pas d’importance car il me pardonnera de toute façon : il s’agit d’une miséricorde sentimentale qui dispense du désir de conversion et qui finalement ne respecte pas beaucoup à mon avis la dignité de l’homme. La vie chrétienne est une croissance qui suppose le passage par des degrés divers encore marqués par l’imperfection.
Mais la loi de gradualité ne signifie pas la gradualité de la loi (voir à ce sujet le riche enseignement de Mgr Batut donné pour Miséricorde et Vérité - Anneau de Feu de décembre 2009 et site www.cn-da.org : rubrique « enseignements ») L’Eglise ne veut pas mépriser l’homme en lui présentant une version « soft » de l’appel divin. Elle annonce la vérité de l’appel à la sainteté dans sa totalité et à tous les baptisés car elle sait que le Christ mort et ressuscité accompagne le chemin de tout homme, jour après jour.
La loi de Dieu, elle est là. Elle est  bonne pour tous. C’est notre horizon  à tous et nous devons le garder en ligne de mire.  La loi n’est pas un obstacle, c’est un signe de l’amour de Dieu, c’est un don de Dieu pour notre vie. Il n’y a pas des chrétiens de première classe et d’autres de seconde classe, certains qui recevraient les grâces et d’autres qui ne les recevraient pas. Nous sommes tous appelés à la sainteté et le concile Vatican II l’a redit. Bien sûr la barre est haute. Partout dans l’Evangile on voit que la barre est haute. Mais le Seigneur nous attend et avec son amour, on peut avancer sur ce chemin. « Ce qui est impossible à l’homme, avec Dieu cela devient possible » (Mt 19,25).
La seule question importante aujourd’hui pour moi quand je constate que je suis tellement loin de ces exigences c’est la suivante : pour le moment j’en suis là mais quel est le pas que je peux faire aujourd’hui pour répondre à l’amour du Christ ? Et ce pas, c’est dans la prière et avec Dieu que je trouverai la force de le faire.


main-enfantLes enfants

Les enfants sont incontestablement les grands perdants du divorce.
Quand un adulte fait le bilan de son divorce, il peut toujours trouver des points positifs : oui j’ai mûri ; oui j’ai appris à me remettre en question ; oui je suis plus proche des personnes qui souffrent ; oui, dans ce grand malheur je me suis davantage tourné vers Dieu et ma vie est maintenant enracinée dans des valeurs plus profondes.
Mais pour les enfants, je pense qu’on a beau chercher, on ne trouve rien de positif. La richesse d’un enfant, c’est de vivre dans un foyer où ses parents s’aiment. C’est ce qui va lui donner la sécurité affective nécessaire à sa croissance.
Alors, bien sûr, ces dernières années, il y a eu des voix pour dire que les familles recomposées, c’était formidable… Ces voix venaient des adultes et pas des enfants. D’ailleurs aujourd’hui, ces mêmes voix commencent à oser dire le contraire. Ainsi j’ai pu lire, il y a quelques mois, un article d’Alexandre Jardin dans la revue Paris Match. Cet article s’intitulait : « Faire passer la famille recomposée pour quelque chose de formidable, c’est nier le mal qu’on fait aux enfants » et, après avoir dit comment lui-même avait participé à ce grand mensonge (ce sont ses propres termes), il terminait son article ainsi : « Cette manœuvre de faussaire me paraît indigne car il y a quelque chose de plus incorrect que de brusquer un enfant, c’est de nier le mal qu’on lui fait…  La prochaine fois que vous verrez dans Paris Match une photo de famille puzzle exhibant des stars radieuses sur leur canapé, pensez à mon article. Leurs enfants auraient-ils dit la même chose ? »
Dans le cas où la séparation survient, il ne faut jamais perdre de vue que les enfants  gardent  dans leur cœur leur père et leur mère et il nous revient, à nous parents, de ne pas détruire le conjoint séparé dans le cœur de notre enfant.
La situation est plus cruelle encore lorsque les enfants, déchirés entre les conflits, les ressentiments, voient - ou sentent - l’un de leurs parents en venir à nier la période vécue avec l'autre. Ce qui revient à dire : on ne s'est jamais aimés, on n'a jamais été heureux… Négation douloureuse et déstructurante pour l’enfant qui peut en déduire : « je ne suis pas le fruit de l'amour de mes parents ».
Dans notre livre, le père Gérard Berliet écrit : « Le respect que des époux séparés continuent de porter à leur conjoint et à la personne avec qui il ou elle a pu continuer sa vie, par-delà toutes les tentations de rivalité dominées, est extrêmement précieux pour les enfants. Plus les tensions sont fortes, plus l’enfant risque d’être pris dans des conflits de loyauté. Plus le respect est là, plus peut être accueilli quelque chose encore de la grâce du sacrement de mariage, au bénéfice des conjoints du sacrement, mais aussi des enfants et de tous ceux qui les entourent. Finalement, il s’agit toujours d’aimer le mieux possible ou le moins mal possible dans une configuration nouvelle, et de continuer à vivre de la présence du Christ du sacrement de mariage, qui garde, nous l’avons dit, un lien particulier avec l’un et l’autre des conjoints et avec leurs enfants. Tout ce qui est destiné à incarner cela dans les faits et au quotidien est précieux pour les enfants. » (A cœur ouvert - p. 186-187)
Ce que nous expérimentons à la CNDA, c’est que la fidélité que nous essayons de vivre aide les enfants. Quand ils sentent dans le cœur de leur mère (je parle de leur mère puisque c’est mon cas), quand ils sentent qu’il y a une fidélité, un respect de la période qui a été vécue avec leur père et que l’on continue d’une certaine manière à l’aimer, je pense que pour l’enfant, c’est beaucoup moins compliqué de vivre la situation, même si nous aussi nous avons connu les difficultés de nos enfants.
Et quand les enfants grandissent, qu’ils atteignent l’âge de fonder une famille, notre témoignage de fidélité est pour eux un signe fort d’espérance et de confiance. De même tout ce qui ressort du travail de pardon à l’égard du conjoint, à l’égard de son compagnon ou de sa compagne ne peut qu’aider les enfants. Même adultes, nos enfants continuent à  souffrir de notre divorce. Et notre rôle est loin d’être terminé.
D’une part, le fait que nous continuions en quelque sorte à vivre notre mariage, à respecter notre conjoint, à lui laisser sa place de père ou de mère, de grand-père ou de grand-mère, exprime le prix que nous donnons à cet engagement et peut encourager nos grands enfants à s’engager eux-mêmes dans une vie de couple et parfois à tenir bon au-delà des difficultés de la vie.
D’autre part, quand ils ont une vie de famille, des enfants, qu’ils sont amenés à organiser des fêtes autour d’eux, notre attitude peut aussi être facteur de paix.
Pour ma part, j’essaie de faire en sorte que chaque fête de famille chez nos enfants ne soit pas pour eux un casse-tête : «  Papa sera-t-il là ? Sera-t-il seul ou accompagné ? Maman va-t-elle accepter cela ? » Nos enfants ont assez souffert, ils ont été assez écartelés et perturbés. Aujourd’hui, ils sont adultes et je ne veux plus que notre histoire continue à porter une ombre sur la leur.
Enfin, notre action est importante aussi dans les cas où nos enfants eux-mêmes vivent une séparation. Je vois autour de moi des amies qui jouent un rôle pacifiant vis-à-vis des gendres, des belles-filles et surtout des petits-enfants, en refusant d’entrer dans une guéguerre qui aggrave les divisions. Là encore, parler de son gendre ou de sa belle-fille avec respect, lui laisser sa place de père ou de mère est de la plus haute importance. Et si nos enfants sont tellement immergés dans leur souffrance qu’ils ne peuvent le faire, nous pouvons, nous, avoir la distance nécessaire pour leur montrer le chemin du pardon et de la paix. Peu à peu, ils sentiront qu’il y a dans ce chemin une vérité qui aide toute la famille à vivre et les enfants à se construire.
Quoi qu’il arrive, rappelons-nous que chaque enfant est  à jamais l’enfant de son père et de sa mère et qu’en aidant chacun à garder sa place, on aide toute la famille.


Conclusion  

Finalement, vous l’avez compris, le message de ce livre, c’est bien la grandeur du sacrement de mariage et ce que nous souhaitons, c’est que les fiancés, les mariés heureux, les couples en difficulté, les époux séparés, tous découvrent que Dieu qui s’engage avec nous dans cette aventure est fidèle, qu’il déploie ses grâces jour après jour, qu’il sauve notre pauvre amour humain et qu’il nous donne  d’aimer comme lui quelle que soit notre situation.
Et je terminerai par un beau paragraphe de notre théologien, le père Alain Mattheeuws (A cœur ouvert – p. 140) :
« Seul comme vrai Dieu, comme vrai homme, le Christ a la force de prendre en sa personne ce qui est cassé, ce qui est mort, ce qui a été renié,  pour encore en tirer un bien... C’est à cette puissance d’amour que les époux sont invités à coopérer humblement en posant des actes bons, des actes d’amour. Rien de ce qui est bon ne sera perdu, au dernier jour. Il est possible de continuer à aimer, à vouloir le bien de l’autre, le bien des autres, le bien de la famille. Car Jésus reste le bien, le don de l’amour engagé dans ce lien conjugal qui continue à faire signe dans l’histoire : Christ crucifié en la personne des époux, mais également déjà ressuscité et dont la gloire resplendit comme un arc-en-ciel dans la vie des couples. »