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Cette grâce du salut est donnée à celui qui persévère jusqu’à la fin. Cette grâce du salut n’est pas évidente, elle ne se voit pas, elle n’est pas (comme ceux qui cherchent le Messie) ici et là. C’est une grâce qui se vit dans la foi. Cette grâce apparaît, ou, si je peux dire, est révélée à la fin. Mais ça ne veut pas dire qu’elle n’est pas présente dans l’aujourd’hui de notre fidélité.
Et cette parole : « celui qui aura persévéré jusqu’à la fin sera sauvé » s’atteste précisément quand vous vivez cette célébration où il y a un ROC. Un ROC qui est le « OUI » re-prononcé. Et cette possibilité de re-prononcer le OUI atteste la présence de la grâce du salut.
L’Evangile nous le dit de façon très claire : « Amen, je vous le dis, vous n’aurez pas encore passé dans toutes les villes d’Israël * quand le Fils de l’Homme viendra. »
Vous n’aurez pas fait le tour de ce qu’il y a à visiter. Vous ne serez même pas arrivés jusqu’à la fin, que le Fils de l’Homme viendra. Vous n’aurez pas tout résolu, vous n’aurez pas visité tout ce qu’il y a à visiter dans votre vie. Vous n’aurez pas réconcilié tout ce qu’il y a à réconcilier dans votre vie quand le Fils de l’Homme viendra. Voilà que vous faites l’expérience de sa présence dans vos vies. Voilà que vous faites l’expérience de son salut dans vos vies. Alors même que, maintenant, tout n’est pas achevé de la réconciliation à vivre, alors même que demeurent des obscurités, alors même que demeurent bien des questions, alors même que demeurent bien des échardes, alors même que demeurent bien des souffrances.
Et pourtant, vous pouvez dire en toute vérité : le Fils de l’Homme est venu pour moi, dans ma vie. Le Fils de l’Homme est là, avec la grâce de son salut. Il est là et il m’est impossible de dire autre chose que : « il est là ! ». Bien sûr, dans mon Israël * à moi, c'est-à-dire dans toute mon existence à moi, dans toute l’existence de ma famille, il y a encore bien des choses à visiter, il y a encore bien des choses où Dieu doit être celui qui visite : dans mes enfants, dans mes petits-enfants, dans mon conjoint, dans la situation de mon conjoint, dans ma propre situation. Il y a encore bien des villes, si je puis dire, pour reprendre le vocabulaire de l’Evangile, il y a encore bien des villes, il y a encore bien des lieux qui sont à visiter par la grâce de Dieu.
Nous n’avons pas fini de présenter ces lieux à la visite de Dieu. Nous n’avons pas fini de mettre au jour, à la visite de Dieu, ces lieux, ces villes. Dieu n’a pas fini de tout visiter. Nous n’avons pas fini de le faire nous-mêmes. Nous persévérons comme nous pouvons, peu à peu. Nous avançons dans notre fidélité jusqu’à la fin, c'est-à-dire jusqu’à ce que tout soit visité par la grâce de Dieu. Et pourtant le Seigneur Jésus est venu nous rencontrer. Il est déjà là. Et il est déjà là parce que c’est lui qui va avancer avec nous jusqu’à la fin.
Vous voyez bien qu’il ne s’agit pas d’une logique de récompense finale : parce que nous aurions persévéré jusqu’à la fin, le Seigneur viendrait ? Non : à la fin vient plutôt la manifestation de tout ce qu’il nous a donné et qui demeure maintenant caché dans la nuit de nos vies. Mais qui est caché tout en étant présent, totalement présent.
Le Seigneur est là, avec la grâce de son salut. Avec tout ce qu’il est.
Et que vient-il faire au milieu de nous, au milieu de nos existences ?
Pour reprendre toute la thématique de l’Ancien Testament, que vient-il faire dans nosimage-desert « égyptes » * ? Chaque homme va en Egypte * et de là, il reviendra. Le Seigneur va dans nos « égyptes », c'est-à-dire dans nos ténèbres. Le Seigneur va dans nos esclavages, il va dans nos manques de liberté. Il y va. Et il y va avec tout nous-même. Nous pourrions reprendre l’image : il y va avec nos enfants et nos petits-enfants, avec nos familles. Il va là où il y a l’esclavage, là où il y a la ténèbre. Il va à ce lieu-là. Et qu’est-ce qu’il fait dans ce lieu-là ? Il y met sa lumière, et cette lumière de Jésus, c’est toujours la même, toujours la même ! Il n’y en a pas d’autre.