olivier_bonnewijn_photo_sIntervention du père Olivier Bonnewijn* au Conseil de la Communion Notre-Dame de l'Alliance
La réflexion du père Olivier Bonnewijn sur le divorce et ses lendemains a commencé à l’occasion d’une mission reçue de l’Institut Jean-Paul II pour les études sur le mariage et la famille. Le point de départ en est la référence évangélique «  Laissez venir à moi les petits enfants » qui, au chapitre 10 de Saint Marc, arrive juste après la réponse de Jésus aux pharisiens au sujet de la répudiation et de l’adultère.


Sur le plan anthropologique, il ne fait aucun doute pour le père Olivier que c’est le couple qui fonde la famille et non pas la famille qui se construit autour de l’enfant. On quitte ses parents pour fonder un foyer puis on engendre la vie. Conjugalité, filiation et parentalité sont indissociables. C’est l’amour des parents qui donne à l’enfant son identité. Par rapport à cette incontournable réalité, l’idéologie du « gender »  ne peut s’analyser que comme une déconstruction de la conjugalité et de la parentalité. On parle à tort des « nouveaux modèles familiaux » qui ne sont ni nouveaux, ni des modèles, ni des familles.
En cas de séparation des parents, l’enfant devient le seul « garant » du lien conjugal. Son identité d’enfant est mise à mal. Il va devoir « s’auto-responsabiliser ». Ainsi « adultisé », l’enfant peut donner l’impression de mûrir plus vite. En fait, on lui vole son enfance et il en gardera une latente vulnérabilité. La parabole du fils prodigue s’inverse et devient celle du « parent prodigue ». Car c’est le parent qui, en quelque sorte, part avec l’héritage destiné à ses enfants. 
Sur le plan éthique, il est fondamental de ne pas inverser les responsabilités. On doit respecter l’enfance de son enfant et ne pas en devenir le « partenaire » dans une logique incestuelle d’auto-engendrement qui nierait la différence des générations comme on nie la différence sexuelle.
Comme le rappelait Jean-Paul II, « les parents doivent vouloir la nouvelle créature de la même manière que la veut le créateur : pour elle-même. »
Le Père Olivier Bonnewijn définit pour les parents sept repères concrets :
1) Se rendre disponible à son enfant. Une disponibilité à la fois matérielle et intérieure, difficile mais essentielle, qui consiste parfois à déléguer, à s’appuyer sur des relais. 
2) Savoir dire humblement la vérité à son enfant pour ne pas l’obliger à imaginer. Veiller toutefois à utiliser un discours adapté qui puisse le faire grandir. Et ne pas l’accabler de confidences qui soulagent l’adulte mais sont trop lourdes à porter pour l’enfant.
3) Lui donner la possibilité de s’exprimer pour éviter que la blessure du divorce ne s’infecte, pour lui procurer des ressources aptes à prévenir -ou à surmonter- de possibles rechutes dans l’angoisse ou la culpabilité, pour le prémunir contre les comportements de répétition des conflits du passé. Il faut souligner que, dans ce dialogue, les parents ne seront généralement pas les meilleurs interlocuteurs.
4) Lutter contre l’auto-accusation de son enfant et sa tendance naturelle à se sentir responsable de la séparation de ses parents.
5) Accorder une juste place à son enfant : il ne doit ni devenir invisible pour l’un qui mène sa vie en l’oubliant totalement, ni être envahi par l’autre qui l’accapare et l’instrumentalise.
6) Ne pas détruire le conjoint séparé dans le cœur de son enfant : ce serait comme empoisonner sa source. Cela n’empêche évidemment pas de le protéger en cas d’éventuelles dérives mais en évitant de le confronter à d’inextricables conflits de loyauté.
7) Rechercher une certaine cohérence éducative afin de ne pas risquer un dédoublement de personnalité.
Dans le partage qui suivra, quelqu’un fera très justement remarquer que ces repères concernent tous les parents, séparés ou non. Emergeront aussi une belle définition de la fidélité comme « signe et moyen de l’amour du Christ et de son Eglise » et l’amorce d’une réflexion sur la place des nouveaux conjoints avec qui la juste relation n’est pas toujours facile pour les enfants et vice-versa.

parents-enfants-bonnewijn-1* Le père Olivier Bonnewijn, prêtre du diocèse de Malines-Bruxelles et membre de la communauté de l’Emmanuel, a écrit plusieurs ouvrages, notamment « Ethique sexuelle et familiale », puis une série de mini-romans éducatifs pour enfants et, en 2010, « Parents aux lendemains du divorce ».*
8,50 € - Editions de l’Emmanuel