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La Communion Notre Dame de l’Alliance, représentée par ses modérateurs et son conseiller spirituel général, a travaillé à un document qui a été remis à Mgr d’Ornellas, notre évêque référent et à Mgr Léonard, archevêque de Malines-Bruxelles. En voici le contenu.

Synode-familleVivant de la grâce du sacrement de mariage, au-delà de l’épreuve de la séparation, nous croyons en foi et en vérité que ce sacrement est un trésor pour l’humanité, chemin privilégié du salut de l’âme pour l’homme et la femme qui se sont unis en Christ. Mais il ne peut être perçu comme tel qu’avec les yeux et le cœur de la foi. Il n’est donc pas étonnant que dans un monde déchristianisé et axé sur la consommation immédiate, les exigences du mariage soient considérées comme d’inacceptables contraintes. En tant que "séparés fidèles", nous faisons pourtant l’expérience d’un espace de liberté et de croissance insoupçonné, qui se situe bien entendu sur un plan spirituel, et qui va de pair avec des renoncements et souffrances sur les plans émotionnels et affectifs. Mais avec le Christ, ce chemin est vie, bonheur et joie, en plénitude.

 

Dans le cadre de la consultation, nous répondons à la question 9. Il y a en effet des défis et propositions qui nous semblent urgents à proposer, les voici :

Aller vers les personnes séparées

De la même manière qu’un prêtre rejoint une famille endeuillée par le décès d’un proche, il doit aller trouver la personne qui se sépare. La séparation engendre un repli sur soi, une honte qui coupe du monde extérieur. Etre rejoint dans un moment d’immense détresse, voilà ce dont nous avons besoin. Une oreille qui écoute, sans jugement, pour nous amener en douceur vers le Christ.

Parler en vérité

Quand il parle, c’est une parole de vérité dont nous avons besoin, pas des mots qui font plaisir. Nous avons besoin de paroles d’évangile, d’un discours clair, pas d’accommodements qui sèment le trouble. Des paroles qui sont difficiles à dire et à entendre, mais qui font grandir. Des paroles du Christ, et l’enseignement de l’Eglise. Des paroles de la promesse de mariage, qui nous ont un jour engagés corps et âme, pour toute la vie.

Aider à rester fidèle

La plupart d’entre nous ont fait l’expérience d’un discours accommodant, tentant d’apporter un réconfort sur le plan émotionnel et affectif : « vous retrouverez quelqu’un, vous êtes encore jeune... ». Ce discours est d’autant plus déroutant qu’on ne l’attend pas de la part d’un homme d’Eglise, qui a un jour lui-même choisi le célibat. Aidez-nous plutôt à rester fidèles. C’est un chemin exigeant, surtout au début de la séparation, et en parfait décalage avec le monde. Il faut rassurer, encourager, fortifier une personne séparée sur ce chemin de fidélité.

En cela, nous pensons que la Communion Notre-Dame de l’Alliance est un trésor pour l’Eglise. Malheureusement trop méconnu et sous- employé. Loin d’imposer un chemin trop exigeant à une personne qui souffre déjà trop, le prêtre pourra proposer un mouvement de personnes présent dans toute la France et la Belgique, qui ont vécu la séparation de leur couple et qui ont choisi de rester fidèle à leur conjoint (la formule identique existe en Italie : « separati fedeli »).

La bénédiction de remariages

Certaines personnes de notre mouvement ont appris que leur conjoint, après un remariage civil, a reçu une bénédiction de son nouveau couple. Quelle souffrance pour la personne qui reste fidèle. Quel mensonge vis-à-vis des personnes qu’on bénit. Et quel contre- témoignage envers tout l’entourage, en particulier les enfants et les jeunes qui un jour se marieront.

Aider les couples en difficultés

Au lieu de laisser aller les couples à la dérive, au naufrage, et avec eux, les enfants, il est urgent de leur proposer de l’aide. Le Mouvement "Retrouvaille" est un exemple. Mais mieux serait encore de suivre les couples qui sont passés par une préparation au mariage et de tout mettre en œuvre pour les insérer dans la communauté chrétienne afin de garder un lien au fil du temps.

Préparation au mariage

Faut-il attendre la séparation pour parler des exigences du mariage sacramentel, et en particulier de l’indissolubilité? Chaque couple qui s’approche de l’autel devrait être pleinement conscient de la portée de son engagement. À l’inverse, ceux qui n’ont pas pleinement intégré cette dimension, ne devraient pas s’y engager. Dans le contexte actuel, une préparation d’un an devrait être exigée.

La responsabilité de l’Eglise

Nous entendons de la part de prêtres : « on ne refuse pas un sacrement à des personnes qui le demandent », ou « 50% voire 80% des mariages actuellement célébrés sont non valides». Est-ce là une attitude responsable ? Le véritable enjeu n’est-il pas le salut de leur âme, et la mission de l’Eglise d’amener toutes les âmes vers le Christ ? A une demande de mariage "à l’église", la réponse ne doit pas nécessairement être favorable. Il faut six ans pour former un prêtre. Le mariage serait-il moins exigeant dans le contexte actuel que la vie consacrée ?

La beauté du mariage réside dans son exigence. C’est elle qui fait grandir. Nous sommes confiants que l’Eglise, notre Mère, veille sur ses brebis, et membres de la Communion Notre-Dame de l’Alliance au sein de l’Eglise, sommes à disposition pour aider là où nous pouvons.

Que le Seigneur bénisse ses pasteurs et tous ceux qui participent au Synode et à sa préparation.

Pour la Communion, Annick Marie et Martin Brochier