Si le grain tombé en terre ne meurt, il reste seul, mais s’il meurt il porte beaucoup de fruits. Le jour viendra où les morts entendront la Parole du Fils de l’homme.
Il a été enseveli et descendu aux enfers (Symbole des apôtres).

Prodigieux mystère que cette descente aux enfers. Le silence règne sur la terre après Ta mort sur la croix. Le tombeau s’est refermé sur Toi. Les disciples sont éparpillés tremblant de peur. Toute Ton œuvre semble réduite à néant. Marie désolée soufre de Ton absence jusqu’au plus profond de son âme, tout en restant abandonnée à la grâce de l’Espérance qu’elle reçoit de Toi et qui permet à son âme de tenir debout alors que tout espoir humain est mort.

« Mon enfant et mon Dieu, le seul Amour de ma vie où es-tu ? Mon âme est brisée de douleur rien ne répond à mon appelle. Le ciel s’est fermé pour moi. Je vis l’abandon. Je suis seul et sans soutiens. Personne ne peut mesurer ma douleur, personne ne peut compatir a l’abîme dans lequel je me trouve. Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné? Le salut est loin de moi loin des mots que je rugis. Mon Dieu, j’appelle tout le jour, et tu ne réponds pas; même la nuit, je n’ai pas de repos… Je suis comme l’eau qui se répand, tous mes membres se disloquent. Mon cœur est comme cire, il fond au milieu de mes entrailles. Ma vigueur a séché comme l’argile, ma langue colle à mon palais (Ps 21).

Marie est la terre féconde qui reçoit la graine tombée de la croix. En son cœur de Mère elle accompagne Son fils au cœur des enfers. A la suite de Son Fils elle devient le cris des sans espoirs, des prisonniers de la mort, des gisants aux royaumes des ténèbres. Ses larmes sont la rosée qui fait éclater le grain et jaillir le germe. Elle devient sourde pour qu’ils entendent, aveugle pour qu’ils voient, sans consolation pour qu’ils soit consolés.

Mais dans la secret et le silence le mystère de la résurrection déjà commence. Grâce à la Tendresse, à l’Amour de notre Dieu, quand nous visite l’astre d’en haut, pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres et l’ombre de la mort ( Lc 1/78-79) .Fulgurance de la Lumière, les verrous éclatent les portes s’abattent, les démons fuient terrorisés. Les âmes frémissent de joie car Dieu vient les délivrer de la longue attente. J’entend mon Bien-Aimé. Voici qu’il arrive sautant sur les montagnes, bondissant sur les collines. ( Ct 2/8). Cet incroyable mystère est voilé à nos yeux de chair car il agit dans de telles profondeurs que nul œil ne peut le voir. Ce qu’il y a de plus profond dans l’agir salvateur de Dieu reste enveloppé dans le secret, afin que seule la foi puisse le contempler. Car la foi est les yeux nouveau que Dieu nous donne ici bas pour contempler ce qui est divin . Car seul ce qui est divin peut voir le divin. Donc dans la foi je peux dire Il a été enseveli et est descendu aux enfers. Mais les enfers ne sont pas simplement le séjour des défunt avant que le Christ en triomphe. Ils sont aussi en chacun de nous. Ils sont ces profondeurs ou gisent tout espoirs déçus, où saignent toutes nos blessures, nos traumatismes, nos hérédités malheureuses, nos refoulements amères, nos rancunes inavouées, nos vices, et toutes cette potentialité aux péchés si vaste que, si Dieu dans Sa miséricorde ne le tenait secret, nous tomberions dans le désespoir. Là aussi  le Christ descend. Il n’y a pas de lieu en nous, aussi ténébreux qu’il soit, où le Christ ne nous ait précédé afin de nous ouvrir les bras de nous prendre contre son cœur et de nous arracher au pouvoir de tout ce qui en nous est mort. Jésus est Son Nom: Dieu Sauve. Tu lui donneras le nom de Jésus: car c’est Lui qui sauvera le peuple de ses pêchers (Lc1/21) Le Christ descend en nos enfers qui est le lieux de toutes  nos maladies pour nous guérir. Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin de médecin mais les malades (Mc2/17). Le Samedi Saint, jour de la descente au enfers, est aussi le septième jour, jour du Sabbat, jour du repos. Comme Adam a sombré dans le sommeil pour que Dieu crée Ève Alors Yahvé Dieu fit tomber un profond sommeil sur l’homme qui s’endormit. Il prit une de ses côtes et referma la chaire à sa place. Puis de la côte qu’il avait tirée de l’homme, Yahvé Dieu façonna un femme (Gn2/21), ainsi avec Jésus nous devons entrer dans le Repos de ce grand Sabbat. Efforçons nous donc, d’entrer dans ce repos (He4/11). Se reposer, laisser Dieu agir, s’abandonner à Son action qui dépasse infiniment ce que nous pourrions imaginer ou faire. Cesser le « je veux faire » pour entrer dans le « laisser faire » ; se recevoir de Lui, ne pas interférer avec notre pauvre volonté. En Dieu seul le repos pour mon âme, de lui mon salut (Ps 62).  Je tiens mon âme en paix et silence comme un enfant contre sa mère (Ps 131).

Pédong le 10/04/04 Samedi Saint