Joyeuses fêtes !

De ville en ville, ce message en lettres de lumière nous poursuit. Chaque année nous sommes invités à la joie et à la fête. Pourquoi pas ? Même si nous ne sommes pas dupes : une bonne part des guirlandes a pour but d’attirer les faveurs des électeurs et des acheteurs. Mais comme dit saint Paul : (Ph 1,18) « qu'importe? Après tout, d'une manière comme de l'autre, hypocrite ou sincère, le Christ est annoncé, et je m'en réjouis. » Quoique… Est-il encore question du Christ ? Avez-vous remarqué qu’on ne dit plus « Joyeux Noël » ? Le laïcisme stupide est passé par là ! Nos amis juifs et musulmans ont bien de la chance : les gens ne savent pas ce que veut dire Yom Kippur ou Aïd el Kebir !

 

Joyeux Noël ? On peut avoir une hésitation. Ce n’est pas la joie pour tout le monde ! Devons-nous avoir quelques scrupules à être en fête, alors que tant d’êtres humains, et en particulier d’enfants, sont en guerre, en détresse, en famine plutôt qu’en fête ? Et pouvons-nous oublier, frères et sœurs de la Communion, que chez nous la joie de la fête, et surtout la joie de Noël, est toujours teintée d’un peu de tristesse ? Il y a un absent, une absente…

 

J’ai pourtant dans le cœur de vous redire (et de me redire) le message de Saint Paul, qu’on lit le 3ème dimanche de l’Avent, dit de Gaudete : « Réjouissez-vous sans cesse dans le Seigneur, je le dis encore, réjouissez-vous » (Ph 4,4). N’ayez pas peur de la joie. N’ayez pas honte de la joie. Être en joie, c’est autre chose que faire la tête. La fête se fait et se défait. Trop souvent elle est une excitation superficielle, artificielle. Loin de consoler, elle abandonne le fêtard à sa désolation, quand la fête est finie.

 

À vrai dire, nous ne fêtons pas Noël. Nous ne faisons pas Noël. C’est Noël qui nous fait fête. « Je vous annonce une grande joie » dit l’Ange aux bergers. Pauvres bergers, veilleurs nocturnes, plus ou moins endormis sans doute, un peu marginaux, en tout cas pas comme les autres. La joie qui sera pour tout le peuple, elle est d’abord pour eux. Les derniers seront les premiers.


N’est-ce pas cela que l’Enfant de Noël nous souhaite ? Et ce souhait n’est pas une vaine promesse, un beau rêve. Il nous souhaite la joie. Une joie surnaturelle, humainement inexplicable. Elle ne sèche pas toutes les larmes. Mais toutes les larmes du monde ne peuvent l’effacer. Joie de sa présence. Joie de son silence. Joie de sa confiance. Il nous donne sa joie, pour que notre cœur se réjouisse, et que nous puissions réjouir d’autres cœurs !


Père Alain Bandelier