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Chers amis,
Vous voici réunis ce soir pour cette veillée de prière. J’aurais
aimé être présent parmi vous. Maiscardinal-ricard le Saint-Père m’a nommé, il y a quelques semaines, membre d’une Commission cardinalice qui se réunit à Rome justement cette semaine. C’est donc de Rome que je m’unirai par la pensée à votre propre prière.

Vous allez vous remettre devant Dieu, ce Dieu qui se révèle à travers l’expérience d’Israël et la venue du Christ comme le Dieu fidèle. Dans la Bible, Dieu est comparé à ce roc, à ce rocher, qui tient bon et sur lequel on peut s’appuyer. Par sa propre fidélité, Jésus, le Fils de Dieu, vient révéler la fidélité du Père. Saint Paul, plus d’une fois, soulignera cette fidélité si importante pour notre vie chrétienne. Aux Corinthiens, il écrira : « Il est fidèle, le Dieu qui vous a appelés à la communion avec son Fils Jésus-Christ, notre Seigneur » (1 Co 1, 9). Vous connaissez aussi cette hymne de la 2e lettre à Timothée qui proclame : « Si nous lui sommes infidèles, lui demeure fidèle, car il ne peut se renier lui-même » (2 Ti 2, 13).

Si nous confessons ainsi cette fidélité de Dieu, ce n’est pas pour l’avoir sous les yeux comme une image idéale que nous devrions imiter dans notre vie. C’est pour la recevoir dans l’Esprit Saint comme un don, comme une force, comme un soutien. La fidélité de Dieu soutient notre propre fidélité, son engagement à notre égard soutient notre propre engagement. Dans le sacrement de mariage, nous reconnaissons que le Christ s’engage sur cette route du mariage avec le couple qui se marie et que c’est sa fidélité qui soutient la fidélité des époux. Il en va de même dans l’ordination sacerdotale et la consécration religieuse.

Le Seigneur sait bien que la vie quotidienne n’est pas toujours facile, qu’elle est marquée par des faiblesses, des crises, des blessures et des souffrances. La vie de couple, elle non plus, n’est pas épargnée. C’est pour cela que le Christ s’offre à nous pour nous soutenir, pour nous aider, pour nous sauver. Jésus se présente comme ce roc qui permettra à la maison, secouée par la tempête, de tenir bon. Attachez-vous donc au Christ et à sa parole. Prenez la main qu’il vous tend. Accueillez sa présence, son amour et sa fidélité. Vous tiendrez bon.
A votre tour, témoignez au cœur de votre vie de couple et de famille que la fidélité est possible. Notre société en doute. Votre témoignage est plus vital que jamais. Merci de tout cœur pour votre engagement.
Je vous assure de ma prière et de ma cordiale communion dans le Christ.

Bordeaux, le 11 février 2012
En la fête de Notre-Dame de Lourdes
†  Jean-Pierre cardinal RICARD
Archevêque de Bordeaux