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On dit qu'à Paris, un mariage sur deux se conclut par un divorce. Mesure-t-on combien de drames familiaux se cachent derrière ce triste constat ?

La Communion Notre-Dame de l'Alliance, grâce à l'accueil bienveillant du père Christian Lancrey-Javal, curé de St Louis d'Antin, a proposé en plein cœur de la ville un rendez-vous d'espérance :
le mardi 14 décembre de 19h à 21h
soirée « Séparés, divorcés à cœur ouvert »

à l'Auditorium de l'espace Bernanos, paroisse St Louis d'Antin
stlouisdantinreduit
La présentation de notre livre, sorti en mars 2010, a permis témoignages, réflexions, échanges avec plusieurs membres de la Communion Notre-Dame de l'Alliance et le Père Alain Bandelier.

Plusieurs participants nous ont fait l’amitié de donner leurs impressions sur la soirée :

 
Marie-Françoise : C'est très modestement que j'essaie d'écrire une impression ressentie lors de cette soirée : un participant arrive, il regarde les livres disposés sur la table. J’étais debout derrière le présentoir. Me saluant, il me dit : « Moi, depuis sept ans que je suis divorcé, j'ai décidé de rester célibataire et on me prend pour un extra-terrestre ». Je lui souris gentiment pensant qu'il n'y a rien d'étonnant à rester célibataire. Or, après la présentation des quatre intervenants, il a pris la parole et du coup, il ne parlait plus de célibat mais de fidélité à son épouse. Il l'attendait et se demandait même comment il se comporterait si elle revenait.
J'ai ressenti que son « abstinence », qu'il nommait « célibat », s'était transformée, après le témoignage de Philippe, en honnêteté morale par rapport à l’engagement du jour de son mariage.
Bruno
: Comme toujours, j'ai été très touché par le témoignage à cœur ouvert : cette plongée dans la tragédie vécue par un autre et cette entrée avec empathie dans son ressenti sont magnifiques car, loin de nous recroqueviller sur notre propre drame, elles nous font percevoir que l'amour indéfectible de notre Dieu transcende concrètement toutes nos expériences !

Danièle : Péripéties et retards sur la ligne RER nous ont, hélas, fait manquer le début de la conférence et le témoignage de Philippe. Mais Gisèle et moi avons bien apprécié la suite. L’intervention de Claire sur la grandeur du sacrement de mariage et la souffrance des enfants (Lire page "enseignements")a certainement touché au cœur toutes les personnes présentes. J’entends surtout ce couple âgé et uni dire avec enthousiasme : « vous êtes bien les seuls dans l'Eglise à dire ce qui pourtant ressort de toutes les pages de l'Evangile ». Le père Alain Bandelier, très convaincant comme d'habitude, a su répondre avec  grande éloquence aux questions pièges. Une femme s'est plainte : « j'ai été annulée de force ». Un juif a posé littéralement la même question que les pharisiens : « pas de divorce ? Et la loi de Moïse alors ? »
Belle soirée même si nous étions assez peu nombreux, sans doute à cause de la neige et du froid.
Isabel : La conférence a été très juste, c’est vrai pour tous les intervenants. Les témoignages très profonds, complétés par des informations précises, ont donné le goût d’en savoir plus sur la CNDA. La fin a été le bouton d'or : un couple est intervenu et nous a vivement remerciés de rappeler si clairement la beauté du sacrement du mariage. Jamais ils n’avaient entendu parler ainsi en Eglise du mariage et de la famille. Je regrette qu'il n'y ait pas eu plus de monde, tellement tout était clair et profond. Puis serrés comme des sardines, membres et amis de la Communion ont joué les prolongations dans un petit bistrot encore ouvert. Cette « troisième mi-temps » fut un vrai bonheur !

Pierre-Yves : Il n'est pas très facile de témoigner du côté tribune, moi qui me suis bien des fois trouvé dans ce même auditorium côté auditoire, pour des raisons professionnelles ou associatives. Moi qui devais présenter la Communion, ce qui m’a le plus ému, c'est de me replonger dans nos « archives » pour préparer l’intervention. Cette histoire toute simple n'a vraiment rien de banal. C'est touchant de revivre les tâtonnements, les balbutiements puis les géniales intuitions des débuts. Quelle richesse accumulée en si peu d'années ! Quelle lourde responsabilité pour les successeurs que nous sommes de transmettre et de faire fructifier cet héritage ! 
Claire : Un mercredi soir à Saint Louis d’Antin, en plein centre de Paris, une soirée invite les personnes touchées par le divorce à réfléchir et à entendre le témoignage de quelques chrétiens. Une cinquantaine de personnes seulement se sont dérangées dont une quinzaine de la CNDA. Aucun prêtre, aucun chargé de pastorale alors que les divorces se multiplient, et que les prêtres ou autres responsables sont tellement démunis devant ce fléau !
Parmi les personnes présentes, très diverses par leurs histoires,  je remarque un point commun : souffrance, désarroi, recherche de soutien et de repères, soif et joie d’entendre la grandeur du mariage.
Comment expliquer ce qui paraît si contradictoire : tellement de personnes touchées par cette véritable épidémie et si peu de mobilisation pour aider les victimes ?
Je n’ai pas de réponse mais ce que j’ai compris une fois de plus ce soir-là, c’est que nous ne pouvons pas manquer une occasion d’écouter la détresse des personnes touchées par la séparation, ni celle de parler, de proclamer la grandeur du mariage chrétien, de témoigner pour dire que le divorce n’est pas une fatalité, qu’on doit aider les couples en difficulté, que si, par malheur, la séparation survient, elle n’empêche pas les grâces du sacrement de se déployer et que la fidélité et le pardon sont des clefs pour continuer à faire vivre la famille dans une certaine paix.

Thierry : Au cours de cette soirée de témoignage et de rencontre, chacun des intervenants a témoigné en vérité d’un cœur qui se laisse transformer car ouvert à la grâce. Merci à eux. Parisien que je suis, la faible assistance au regard de l’investissement de la CNDA et du lieu mis gracieusement à sa disposition par le Père Lancrey-Javal me laisse un petit goût de déception. Je l’offre au Seigneur car Il nous dit souvent combien les Anawims, le « petit reste », sont précieux : le Royaume des cieux est à eux. Mais, c’est autant un appel fort et urgent à chacun de nous, membres de la CNDA, à nous faire connaître. Et si possible à nous faire reconnaître, là où Dieu nous a placés, et en premier par nos proches et nos paroisses. La rencontre interpersonnelle prévaudra toujours sur les moyens, y compris de communication. Que l’Esprit Saint vienne à notre aide pour donner visibilité et consistance au choix de la fidélité quels que soient les inévitables obstacles ! Notre monde en a besoin. « Sois sans crainte, petit troupeau, car votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume. » (Lc 12, 32)