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martigne-pereblanchetQu'est-ce qui fait que cette récollection des 6 et 7 novembre 2010 au monastère de Martigné marquera plus particulièrement mon souvenir ? Apparemment rien, sinon la chaleureuse présence de notre prédicateur, le père Dominique Blanchet, jeune vicaire général du diocèse d'Angers. Rien d'autre ? Et pourtant...


Comme d'habitude, après avoir entendu la messe, nous mettons en commun les plats apportés par chacun pour ce premier repas et, dans la joie de nous retrouver, les langues vont bon train. Nous accueillons un « petit » nouveau, Thierry qui apparemment s'est tout de suite senti à l'aise parmi nous.
Au cours du repas, une fois le silence rétabli, nous faisons un tour de table pour permettre au père Dominique de nous situer et de faire déjà un peu connaissance. Quelques-uns d'entre nous, dont je suis, vivent des moments douloureux et ont peine à retenir leurs larmes.
Nous arrivons au dessert, moment attendu pour les gourmands - la majorité - et je demande la parole car ce dessert est un peu spécial ! Je vous raconte :
En allant visiter une grand-mère dans mon quartier, je rentre dans la boulangerie à côté de chez elle pour acheter un petit gâteau (tant pis pour le régime).
La boulangère me dit : martigne-gateau
- Vous savez, pour deux achetés, vous avez le troisième gratuit. Tant mieux ! Au diable l'avarice, je prends !
- Qu'est-ce que c'est que celui-ci ? (Je montre un chou que je ne connaissais pas et qui était à côté d'une religieuse)
- Ça s'appelle un « divorcé ».
J'éclate de rire !!!! La boulangère n'a pas compris, pensez donc !
Comme, avec Christine, nous papotons souvent au téléphone, je lui raconte ma petite anecdote. Il lui vient une idée :
- Si tu en apportais à la réco ? Moi, j'apporte à boire. (Cela va de soi, il faut bien faire couler !)
martigne-srmarieCe qui fut fait. Et voilà ces petites choses, sans encore mentionner leur nom, arrivant sur la table avec deux bouteilles de Crémant de Loire. J'explique alors le pourquoi en racontant l'histoire. Eclats de rires unanimes. Fini les larmes et la tristesse. Nous avons tous croqué à belles dents notre « divorcé » et... dommage du peu? Non, je plaisante car c'était fort copieux. Le cœur dilaté, nous avons tous apprécié ce moment convivial. On en parle encore dans les chaumières !... Oserais-je ajouter que nous savons notre chère sœur hôtelière, Sœur Marie, un tantinet gourmande. Nous en avions donc prévu un également pour elle. Le carême étant loin, elle ne s'est pas fait prier. Son sourire et ses yeux vraiment malicieux faisaient plaisir à voir !

 

La vaisselle faite, nous nous mettons à l'écoute d'un enseignement fort apprécié par tout le monde. Puis, c'est le déroulement normal d'une réco : groupe de partage, méditation silencieuse, goûter, vêpres, lectio divina, entretien individuel avec le père puis repas en silence avec les sœurs ou « en parole » à l'hôtellerie (comme les places sont limitées au réfectoire des sœurs, nous nous partageons). Le soir, veillée instructive et recueillie autour de la cheminée.
La journée du dimanche se déroula normalement si ce n'est... qu'il restait du Crémant ! Christine avait vu large ! Mieux valait finir ce nectar avant l'enseignement et non pas juste au moment de reprendre la route, sécurité oblige. Notons que malgré cet extra, personne ne s'est assoupi tant l'après-midi fut intéressant, enrichissant et priant.


L'heure de la séparation arrive sans tristesse car nos cœurs réconfortés s'étaient habillés de riches lueursmartigne-soeurmonique comme pour se mettre à l'unisson des lumineuses couleurs mordorées de l'automne.
Il fallait bien que quelqu'un se distingue une dernière fois et ce fut... le père Dominique !!! Même les saints prêtres ont des failles ! Sa voiture était verrouillée avec les clés à l'intérieur. Nos hommes, qui avec un outil, qui avec un conseil, ont bien essayé, par la force mais en vain, d'ouvrir une portière... quand finalement arriva l'astucieuse Sœur Monique et avec elle le salut ! Après un rapide coup d'œil sur le problème, elle disparut un instant et revint aussitôt avec un long fil de fer. Mis en crochet et enfilé par l'étroite ouverture de la vitre arrière, cet outil rudimentaire réussit finalement à dégager le loquet de fermeture de la portière ! Applaudissements et embrassades ! Poussée d'adrénaline pour tout le monde mais surtout pour notre cher père Dominique ! Merci à St Joseph et à nos anges gardiens qui ont sûrement contribué à l'opération de sauvetage.

martigne-depannageEnfin ce sont les adieux. Chacun reprend la route.
Dans la voiture, avec les trois autres Mancelles, Agnès, Anne, Suzy, je reçois un appel téléphonique de Jean... mon mari : il m'annonce qu'il est de passage au Mans et qu'il m'invite à déjeuner le lendemain ! « C'est cocasse, dit Anne, alors que nous venons de croquer du ' divorcé' ! ». Je crois que c'était plutôt un petit clin d'humour et d'amour du Seigneur.
Qui dirait que nous sommes tristes à la CNDA ? La Croix et la Joie, voilà notre vie et ce n'est pas incompatible quand nous savons que nous sommes aimés de Dieu et qu'Il est tous les jours à nos côtés. Rendons grâce !