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A l'occasion d'une journée d'amitié, nous avons découvert "Notre-Dame du Nid"...
Cela commence par un poème...

abbaye de Solesmes

 

Entre ciel et eau monte verticalement

Lourde et grise, pesante et mystique

L’abbaye de Solesmes

Enorme vaisseau à l’ancre…

Notre-Dame du Nid

chapelle blanche aux toits bruns

aux murs découpés

comme un rayon de miel

ajourés comme un damier

prêt pour tous les jeux

des nuages, du soleil et du ciel…

 

Notre-Dame du Nid

posée sur le coteau pour un nouveau cantique…

Dedans cette chapelle ici l’on vous bénit

ô Vierge maternelle Notre-Dame du Nid

ci se peut obtenir de réunir

Les époux meurtris séparés ou aigris.

Claude Renaudy

 


 

Touristes et fidèles viennent de loin pour voir la fameuse abbaye de Solesmes et prier sur les mélodies du chant grégorien. Hélas, beaucoup repartent sans même soupçonner que juste en face, de l’autre côté de la rivière, dans un écrin de verdure, se cache un précieux sanctuaire, pur joyau de lumière.

Cette chapelle, construite en 1936, est entièrement consacrée à la famille. C’est l’artiste

Raymond Dubois, sculpteur, lui-même enfant de parents désunis, qui la bâtit à la demande

d’une mère de famille pieuse et fortunée qui avait confié à la Vierge sa fille divorcée et son

fils dont le couple vacillait. Finalement, le divorce qui menaçait fut évité et la chapelle s’éleva

comme un touchant ex-voto. Elle devint bientôt rendez-vous de prière pour l’unité des familles.

La Vierge y fut d’abord priée comme « protectrice de la famille et gardienne du foyer » jusqu’au jour où, sous le ciseau du sculpteur, apparut « le nid » ! Raymond Dubois avait entrepris de travailler un imposant tronc de buis pour sculpter une Vierge de grande taille qui serait placée à l’extérieur, au chevet de la chapelle. Les mains de la Vierge devaient rapprocher l’un vers l’autre les époux en train de briser leur alliance et réunir entre père et mère leurs trois enfants. C’est alors qu’un nœud dans le bois fit apparaître entre les époux, sur le cœur de la Vierge, comme un nid ! Quel signe !


C’est ainsi qu’un nœud troublant au milieu d’une famille s’est dénoué en un nid plein d’œufs.
C’est ainsi que Notre-Dame Gardienne du foyer est devenue Notre-Dame du Nid !

 

Cependant, aux pieds de la Vierge, s’agrippant à sa robe, un monstrueux diable griffu s’acharne encore mais en vain : celle qui peut déjouer les ruses du grappin demeure impassible, ferme, royale, tenant ses protégés entre ses mains.

 

 

A l’intérieur, à droite de l’autel, trône une autre Vierge du Nid. Plus petite, c’est une Vierge au doux visage, avec Jésus sur ses genoux. Il tient en main les anneaux maintenant réunis et, près de lui, nous retrouvons le nid avec trois vivaces oisillons réclamant la becquée !

 

On comprend pourquoi les filles du pays, au lendemain des noces, montent à la chapelle pour offrir à Marie leur bouquet de mariée en disant cette prière :

 

Notre-Dame du Nid

Gardez notre amour vivant et fort

Et même si un jour notre cœur est las

Que notre volonté demeure

D’aimer encore et encore…