6. La fidélité au conjoint absent (p.59-76)

Jeanine : l'Eglise appelle à assumer la solitude de la séparation. Dans l’évangile, ce que Jésus propose à ses disciples leur semble « un véritable surmenage spirituel » : « Aimez-vous les uns les autres comme moi je vous ai aimés... » « Soyez parfaits comme votre Père céleste... »
Retenons bien que la miséricorde de Jésus ne consiste pas à bénir le comportement mauvais (relire par exemple la femme adultère : « Va et ne pèche plus »)
La miséricorde exercée par la pastorale de la famille dans l'accueil de divorcés et divorcés remariés ne doit (ou ne devrait) jamais démobiliser ceux et celles qui s'efforcent de demeurer fidèles à un conjoint absent.
Jésus n’impose pas ses exigences « du haut du ciel ». Il a assumé notre détresse et notre solitude. Il se fait notre Simon de Cyrène. Le soutien de frères et sœurs dans la foi est nécessaire et indispensable. Mgr Léonard cite ici la Communion Notre-Dame de l’Alliance.
Sont nécessaires aussi une vie de prière intense et le recours aux sacrements. Malgré la blessure de l'échec, on peut cultiver l'espérance qui jaillit de la Croix glorieuse (le coup de lance dans le cœur de Jésus après sa mort : l'eau et le sang qui coulent nous donnent la vie nouvelle.)
Jésus nous manifeste sa présence comme à Marie-Madeleine au tombeau. Ceux qui vivent la fidélité au conjoint absent éprouveront la joie d'une communion et d'une fécondité nouvelles. Soulignons que cet état est tout différent du célibat car il est fidélité au mariage et au conjoint séparé.
Esprit SaintPère Antoine-Marie : Dire que Jésus propose un « véritable surmenage spirituel » peut décourager. Cette formulation pourrait être remplacée par : « course d’endurance ».
Vivre le commandement de l’amour parfait comme Jésus le demande « Soyez parfaits comme votre Père céleste... » ne peut être envisagé qu’avec la grâce en se référant aussitôt à « Sans moi, vous ne pouvez rien faire… » Le Christ est vainqueur de mon péché. La loi ancienne m’accable car elle me met face à ma responsabilité et me condamne. Elle devient supportable par la loi nouvelle qui libère par la Vérité et ouvre à la grâce de l’Esprit Saint. « La loi nouvelle, c’est la grâce de l’Esprit Saint donnée par la foi au Christ et opérant par la charité » (Saint Thomas d’Aquin).
L'accueil que promeut la pastorale de la famille envers les divorcés remariés doit veiller à prendre aussi en compte ceux qui veulent demeurer fidèles à leur conjoint absent. Leur témoignage de « la joie d'une communion et d'une fécondité nouvelles » est précieux pour l’Eglise.