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9. L'accès à la communion (p.103-139)

Jeanine : L’auteur s'efforce de faire comprendre la lettre du cardinal Ratzinger (Congrégation pour la Doctrine de la Foi - lettre publiée en 94) sur l'accès à la communion pour les divorcés remariés. D'abord il place le problème dans le contexte général du respect de la communion pour tous.
consécration Pourquoi les divorcés remariés présentent-ils un cas particulier ? Il y a là un très grave enjeu : « le nœud de la question est que l'alliance conjugale (indissoluble) se glisse dans le sacrement de l'Alliance par excellence qu’est l'Eucharistie, alliance fidèle entre le Christ et son Eglise ». Mais Dieu n'est pas prisonnier de ses sacrements. La « communion spirituelle » est une grâce. A ce propos, il cite le mot de Sainte Thérèse : Si le bon Dieu ne permet pas (de recevoir les sacrements) c’est bien aussi : « tout est grâce ».
Ceux qui s'abstiennent pour cette raison de la communion en tirent de grands profits spirituels s'ils le vivent par amour et non par contrainte.
Il y a des divorcés remariés qui revendiquent la communion, parce que, actuellement, on supporte très mal que d'autres puissent faire ce que moi, je ne peux pas. Or il ne faut pas banaliser l’Eucharistie, ce grand sacrement. Il faut réexpliquer la haute dignité de la communion. Mgr Léonard voit une contradiction entre le grand nombre qui revendique la communion et le très petit nombre qui veut se confesser.
Il reconnaît que, occasionnellement et à certaines conditions, en conscience, certains divorcés remariés peuvent peut-être s’approcher de la communion mais il conseille d'accueillir les directives permanentes de Rome. Il conclut que c'est difficile à faire comprendre mais ajoute que Rome n'a visé aucune discrimination blessante et qu’il ne faut pas se braquer sur la question de la communion.
Il déplore que dans ce document on ait traité isolément de la communion eucharistique des divorcés remariés sans resituer cette question dans le contexte plus vaste du respect dû (par tous les baptisés) au sacrement de mariage indissoluble et au sacrement de l'eucharistie. Il explique également le pourquoi du « non- accès » au sacrement de réconciliation des divorcés remariés : c’est qu'ils se sont engagés dans une situation permanente et durable de contradiction avec l'alliance conjugale.
S'ils veulent communier ou se confesser, l’Eglise leur demande de « vivre en complète continence, c'est-à-dire en s’abstenant des actes réservés aux époux » (Familiaris Consortio).
Mais pour cela il faut une forte motivation spirituelle, l'accord profond dans le couple et le soutien d’un mouvement fraternel et spirituel.
Il rappelle en concluant que toute la pensée pastorale de son livre est gouvernée par une double préoccupation : que soit respectée la vérité de l'alliance conjugale et que les personnes blessées par l'échec conjugal puissent assumer leur situation avec une conscience personnelle éclairée.
Père Antoine-Marie : Le nœud de la question du « non accès à la communion des divorcés remariés » est l’incompatibilité entre l’état adultère établi par le remariage civil et l’état de grâce nécessaire à tout baptisé pour communier dignement. Le cheminement du salut peut se faire en dehors des sacrements, dans la mesure où existe dans le cœur de la personne une démarche d’obéissance et d’humilité envers l’Eglise (ceci pour préciser l’emploi du mot de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus citée par Mgr Léonard dans ce contexte : « tout est grâce »). Ce qui est important, c’est d’envisager en premier la relation verticale avec le Christ, plutôt que de se soucier de la relation horizontale souvent d’une extrême complexité : y entre par exemple le souci de ce que les autres vont penser de moi si je ne communie pas.
La communion est un don et non un dû. Je ne la prends pas, je la reçois.
La conscience, comme sanctuaire de Dieu, doit être éclairée par l’Eglise qui enseigne la Parole du Christ. Et cela exige humilité.
Si les personnes veulent communier ou se confesser, elles devront s'abstenir des actes propres aux époux, actes en l’occurrence adultères. Pour y parvenir, il faut en découvrir le véritable enjeu et s’appuyer sur une véritable entente mutuelle (l’accepter gratuitement pour l’autre). Un accompagnement spirituel semble alors indispensable. Le témoignage spécifique de la Communion Notre-Dame de l’Alliance peut être aussi un bel encouragement.