Témoignages

Ce témoignage a été donné lors de la clôture de l’Année du jubilé de la miséricorde à la cathédrale de Versailles

annee misericorde 328Je suis mariée depuis 40 ans. Nous avons trois enfants et cinq petits- enfants. J’ai été très heureuse avec mon mari et nous étions de « bons pratiquants » allant à la messe tous les dimanches et investis dans la paroisse. Mais il y a 10 ans, juste après le mariage de notre fils ainé et la fête de nos 30 ans de mariage, il m’a annoncé qu’il partait, vivre avec une de mes meilleures amies. Ça a été un tsunami ! Je ne comprenais pas ! J’étais trahie, humiliée, dans mon amour, dans mon couple, dans ma famille, dans ma foi et, aussi, dans mon amitié ! Très vite des amis bien intentionnés m’ont dit : « tu vas bien refaire ta vie ! » C’était une deuxième blessure ajoutée à la première, comme si on pouvait balayer 30 ans de vie commune, avec quelqu’un que l’on aime et le remplacer par un autre du jour au lendemain !

J’étais aussi blessée et interpelée dans mes convictions, car j’avais donné ma parole !

Me revenait en boucle notre consentement de mariage : « Je te reçois comme époux et je promets de te rester fidèle, dans le bonheur et les épreuves, pour t'aimer tous les jours de ma vie, jusqu’à ce que la mort nous sépare ». Et je me souvenais aussi des enseignements que nous donnions aux fiancés que nous préparions au mariage : « le sacrement du mariage, c’est l’image de la fidélité de Dieu pour son peuple ». Pour moi, être fidèle, quand l’autre est fidèle, me paraissait facile ! Mais là, que voulait dire cette fidélité, au cœur de ce douloureux abandon ?

annee misericorde 2 328La séparation s’est faite dans un contexte où mes enfants étaient loin géographiquement, j’étais seule dans ma maison, et je venais de démarrer une activité de conseil à mon compte.

J’ai eu soif de comprendre en lisant beaucoup, j’ai cherché un conseiller spirituel, laissé le psy. J’ai consacré mon temps libre à écouter Radio-Notre-Dame et regarder KTO, les seuls qui me réconfortaient et m’ouvraient des perspectives au milieu du bruit des autres média !

Je me suis inscrite à des formations à la vie spirituelle, je me suis mise à lire la Bible, et à la partager en petits groupes, je suis allée passer du temps dans des monastères, ce que je n’avais jamais fait avec mon mari avant !

Je me sentais de plus en plus en paix et ressentais une joie intérieure chaque fois que j’approfondissais ma méditation de la Parole de Dieu. Puis j’ai commencé à aller à la messe en semaine. Ma soif de la Parole de Dieu allait croissant ; je sentais bien qu’elle me consolait ! J’ai commencé à lâcher prise et à m’émerveiller de la providence divine dans ma vie quotidienne. Ma solitude devenait habitée !

Parallèlement -et paradoxalement, j’ai redécouvert progressivement le sens du sacrement du mariage comme jamais je ne l’avais imaginé ! J’avais confondu l’"Amour" dont il est question partout dans la Bible avec mon mari et j’avais oublié la présence concrète de Dieu à nos côtés et la pratique de la prière en couple ou en famille.

C’est alors qu’un moine m’a conseillé de rencontrer la Communion Notre-Dame-de-l’Alliance. Ça m’allait bien ! Ces rendez-vous d’enseignements, de prière et d’amitié m’ont aidée à apaiser et éclairer mon épreuve en me rapprochant doucement du Christ. A travers ce chemin, j’ai retrouvé la paix et je chemine aujourd’hui vers le pardon ; chemin pas si évident à vues humaines, mais chemin possible, ouvert... et qui rend heureux ! Surtout qu’il fait aussi du bien à nos enfants de façon impalpable.

Mon regard sur ma vie et sur le monde s’est transformé : je vois que de tout mal, Dieu a la puissance de faire un bien.

Cette année, le jubilé de la miséricorde a eu un écho très particulier en moi : j’ai vraiment compris que Dieu aime infiniment tous les hommes et qu’il ne veut en perdre aucun. Ça a eu quatre conséquences :

1/ d’abord, moi, je suis infiniment aimée de Dieu ! Ça, ça me porte ! 2/ quand même plus difficile à accepter, que Dieu aime tout autant mon mari... et sa 2ème femme ! Pleinement ! Sans restriction !
3/ du coup, ça m’oblige à changer mon regard sur chaque personne autour de moi, puisque Dieu l’aime autant que moi, -même celle qui m’agace !

4/ et je vois, au fil des jours, combien mon attitude dans ma propre famille et avec mes enfants se transforme : je recherche activement la paix entre eux, accepte chacun comme il est, évite les jugements hâtifs, les petites phrases blessantes.

C’est tout un entrainement, une pratique nouvelle, car je commence à accepter de reconnaitre que j’ai trouvé, dans ce drame de notre couple, la source d’un Amour qui m’invite à aimer différemment.

Et comme dit le psalmiste « qu’elle est douce à mon palais ta promesse ! » Et ça aujourd’hui, c’est ma joie.

Merci mon Dieu.

Christine (Montigny-le-Bretonneux) ILE-DE-FRANCE (POISSY)

primo327Pour la première fois je suis allée à la retraite annuelle, à Merville... Après hésitation, questionnements, appréhension, j’ai «osé» suivre cette retraite... et sans aucun regret !

Je suis séparée depuis trois ans... et handicapée physique suite à un accident vasculaire cérébral depuis vingt ans... Ce temps fort m’a permis d’aller vraiment au cœur de ma foi... Il m’a aidée à prendre conscience de l’impact de mon mariage sacramentel au-delà de la séparation...

J’ai apprécié cette « ambiance » de paix, d’unité qui nous unissait les uns les autres... Avec l’amitié fraternelle, elles m’ont vite aidée à « oublier » mes peurs et préjugés et à cheminer dans la paix... Les enseignements de Mgr Bruguès, prédicateur de cette retraite, étaient de grande qualité et assez accessibles... Ils m’ont « nourrie » !

Sans omettre les groupes de partage, en toute confidentialité, les « temps libres - oraison personnelle », les entretiens personnels avec les prêtres m’ont donné l’opportunité de me « poser » seule, face au Seigneur, de me dépouiller... La prière m’a plongée lentement vers ce chemin de conversion et de pardon, qui compte tant pour moi, mais qui exige persévérance et patience !

Merci Seigneur pour ce temps béni !
Marie Andrée (Les Herbiers) – V
ENDEE-POITOU-CHARENTE

pere cieutat 327Ce fut la première phrase de la présentation de notre nouveau conseiller spirituel général.

Il nous a ensuite confié que « là où est sa blessure, là est sa mission... » : des parents qui divorcent quand il avait deux ans, une enfance brutalisée et une mère qui tente cinq fois de "refaire sa vie" l’ont mené à se considérer comme "orphelin de père et mère" à vingt ans.

Sommant Dieu, pourtant inconnu de son cœur, de se révéler sous deux mois, il est d’abord déçu par la messe et rebuté par le groupe de prière : « un sur trois chantaient faux mais, le visage rayonnant et les yeux fermés, ils parlaient à Dieu comme s’Il était en face d’eux... » Interpellé, il y retourne une fois, deux fois, pratique le mimétisme... et vit une rencontre personnelle avec Jésus, « mort pour mes péchés et ressuscité pour ma vie éternelle » ; et ça n’avait pris que trois semaines ! Dans le sanctuaire inviolable de son âme, une présence lui confiait dans un face-à-face invisible : « Je t’aime tel que tu es et je t’ai toujours aimé »...

Conversion radicale, transformation physique, lune de miel avec Jésus... Un jour, en prière, il entend :
- « Tu ne pourras pas me suivre si tu ne pardonnes pas à ta mère... »
- « Je ne peux pas ! »
- « Je ne te demande pas de pouvoir, mais de vouloir : Moi, je peux ! » Après neuf mois de prière quotidienne pour que le Seigneur fasse son œuvre, la puissance du pardon fut donnée...
Ce déblocage dans le cœur du fils permit, quatre ans plus tard, la conversion au Seigneur de la mère une nuit de Noël, son retour à l’Église et son investissement dans la catéchèse de sa paroisse.

Alléluia ! Merci, Seigneur, de nous avoir donné un conseiller spirituel qui n’ignore rien des souffrances auxquelles nous avons été confrontés...

Père Cieutat