Témoignages

Tout a commencé avec ma "re-naissance", en 1995. 

Catherine et moi étions alors mariés depuis 20 ans et avions trois filles, de 18, 15 et 13 ans. Issu d’une famille catholique, j’en avais adopté la morale mais j’étais sans doute plus déiste que chrétien. Mariés à l’église sans avoir bénéficié d’aucune préparation, nous allions dans les débuts à la messe chaque dimanche mais n’avons jamais prié en famille. Avec le temps et mon implication professionnelle grandissante, l’amour puis la pratique dominicale se sont effilochés, au point de me faire écorner mes engagements de baptisé et d’époux... 

Des divergences de vue dans le groupe pour lequel je travaillais m’ont fait envisager de démissionner mais la négociation des conditions pécuniaires de ce départ se présentait mal. J’avais 44 ans et je ne voulais pas que nos enfants fassent les frais de ce changement de carrière. Le contrat de prévoyance qui me couvrait en cas de décès leur aurait apporté une sécurité financière totale. J’envisageai alors très sérieusement d’aller me mettre au service des lépreux, très près d’eux... Mais le Christ veillait. Il m'a conduit à l'Abbaye Sainte-Madeleine du Barroux où j'ai passé quelques jours pour discerner. C'est alors que le Seigneur m'a retourné comme une crêpe et le père moine m'a réorienté d'autorité vers mon "devoir d'état". 

temoignage 338 1Cette reconversion professionnelle m’a obligé à repartir de zéro. J’ai ainsi progressivement appris le vrai sens du mot précarité (du latin precarius : "ce qui est obtenu par la prière"). Je me suis donc de plus en plus abandonné entre les mains de Dieu. Au point que, pour pouvoir lui donner concrètement la première place dans ma vie, je lui ai même confié le soin de m’amener des clients... Et Il a fait des merveilles en m’épargnant le désagrément de la prospection commerciale ! 

Nouvelle épreuve, en 2000... 

Lorsque Catherine est partie, si je n’avais pas été sûr d’être aimé par Dieu et solidement arrimé au Christ par ma conversion, j’aurais cette fois- ci vraiment commis l’irréparable... Grâce à Dieu, notre séparation s’est réalisée sans déchirements entre nous (même si la déchirure fut douloureuse pour moi) et dans un respect mutuel, je dirais même empreint d’une véritable affection. 

Notre fille aînée avait déjà quitté le foyer quelque temps plus tôt mais c’est le reste de la famille qui a éclaté : notre benjamine a suivi sa mère mais notre cadette est restée avec moi. Il m’a fallu apprendre à "tenir une maison" et j’eus beaucoup de mal dans les débuts (à vrai dire, j’en ai encore aujourd’hui). 

La fidélité s’est imposée à moi d’emblée comme évidente, mais j’ai vite éprouvé le besoin d’être soutenu spirituellement. L’appui de mon curé s’est révélé indéfectible et précieux mais je cherchais un mouvement d’Eglise pour ne pas rester isolé. 

En 2006, j’ai appris l’existence de la Communion 

C’est grâce à Famille chrétienne et au P. Alain Bandelier que j’ai trouvé l’ancrage spirituel que je cherchais. La Communion m’a aidé à découvrir les grâces issues du sacrement de mariage, que je ne cesse dorénavant, et encore aujourd’hui, d’expérimenter et d’approfondir. 

En "prime", moi qui suis fils unique de parents séparés quand j’avais un an, j’ai rencontré des frères et des sœurs, blessés comme moi mais qui cheminent tous dans cette belle voie de la fidélité. Avoir traversé les mêmes épreuves, bien que chaque cas soit particulier, évite les artifices et les faux-semblants et permet immédiatement un dialogue en vérité. De plus, c’est en percevant les blessures, fragilités et talents de ma nouvelle fratrie, que j’ai découvert les miens et ressenti une vraie complémentarité avec l’autre sexe. 

Mieux encore, j’ai aussi compris progressivement ma part de responsabilité dans notre séparation et pu cheminer vers le pardon. 

Du pardon unilatéral au pardon mutuel 

Dans les premiers mois de notre séparation, je me souviens d’avoir dit à mon épouse, en la conduisant à la gare, « je te pardonne » mais ce fut sans aucune réaction de sa part... 

Onze ans plus tard, réunis à Noël chez notre fille aînée, Catherine et moi avons eu une vive altercation. Lors de l’explication qui s’ensuivit, comme elle prétendait « tout faire pour me ménager », je lui ai rappelé qu’elle ne m’avait jamais demandé pardon d’être partie. Elle m’a alors pris au mot... et pris de court : tel un benêt, je n’ai pu que bredouiller que je ne pouvais répondre sur le champ. 

Il m’a fallu quelques semaines pour prendre conscience que cette demande de pardon, même fortement suggérée, était une grâce divine. Méditant tout cela, je m’aperçus que si j’étais resté muet, alors que je lui avais spontanément dit que je lui pardonnais des années auparavant, quand elle ne me demandait rien, c’était sans doute que j’avais mis la charrue avant les bœufs et que je ne pourrais réellement pardonner qu’en lui demandant pardon moi-même... En couple, en effet, il est rare qu’il n’y ait qu’un agresseur et un agressé, car chacun est, le plus souvent, tour à tour blessé et blessant. 

Quatre mois plus tard, en tête-à-tête, nous nous sommes mutuellement demandé et accordé ce pardon si apaisant, alléluia ! Cela fait maintenant plusieurs années que nos rencontres sont plus sereines, même si cette séparation me fait toujours mal... 

Foi et fidélité accompagnent la résilience des enfants 

Ma renaissance m’avait fait prendre conscience que je n’avais rien transmis à mes enfants de cette foi nouvelle qui m’habitait. Bien que "le temps perdu ne se rattrape jamais", j’ai éprouvé le besoin de leur insuffler un peu de cet enTHousiasme, dont le "TH" vient de Théo, qui avait embrasé leur père... C’est pourquoi, depuis plus de vingt ans, j’écris au fil de l’eau mes "pensées affectueuses" et je les leur offre chaque année à Noël. 

temoignage 338 2Quels que soient leur âge et le climat de la séparation, les enfants n’en sortent jamais indemnes :
- Notre aînée a été la moins touchée car elle avait déjà quitté le nid familial. Marié à l’Eglise, leur couple nous a donné depuis cinq petits-fils, tous enfants de Dieu par le baptême.
- Notre cadette s’est d’abord étourdie de substances et de relations délétères, puis s’est rapprochée du Christ au point d’avoir été confirmée en 2013, mais elle n’a pas encore trouvé l’âme sœur. 

- Quant à notre benjamine, qui avait 18 ans lors du séisme et était la plus investie dans l’Eglise, elle a tout jeté par-dessus bord. Elle disait encore il y a quelques années qu’elle ne voulait pas avoir d’enfant. Cependant, grâce à elle, nous avons aujourd’hui une petite-fille de trois ans... 

Au fur et à mesure, leurs réactions à mon égard ont évolué : après avoir été partagées entre le silence (pour se protéger) et les conseils de "refaire ma vie" (par incompréhension ou de peur que je vieillisse seul), nos filles m’ont révélé qu’elles me savent gré de mon témoignage de fidélité, car il leur sert de boussole et me permet d’être totalement disponible à la relation avec chacune d’elles. Elles ont maintenant entre 36 et 41 ans et continuent de cheminer grâce à Dieu... 

Pour conclure, j’aimerais partager avec vous deux phrases qui s’appliquent fort bien à notre situation et se combinent à merveille : 

- « Les yeux qui n’ont pas pleuré ne voient rien » (Louis Veuillot)
- «
Celui qui n’est pas tombé ne sera jamais relevé » (Charles Péguy) 

Bruno (Saint-Maur-des-Fossés) - ILE-DE-FRANCE-AVON 

temoignage 337 1 1Voici le témoignage que Cathy, une femme mariée et séparée venue du Minnesota, nous a livré au cours d'une soirée de la retraite. 

« Je trouve très étrange de passer une semaine à Nevers sans bien savoir pourquoi je suis ici et je commence à réaliser ce que je suis en train de vivre et que c’est un appel de Dieu. 

Je suis séparée de mon mari depuis dix ans : nous avons ressenti, mes cinq filles et moi-même, les mêmes émotions que vous : honte, peur, sentiment d’être des victimes, épreuve de deuil. J’ai eu à remplir les papiers de notre divorce pendant la semaine sainte : j’ai alors traversé ma propre passion, en communion avec celle du Christ, bien que je ne l’aie pas fait avec autant de sainteté : j’ai pleuré et pleuré toute la semaine. Vint le vendredi saint, le jour où nous embrassons le crucifix. 

Temoignage 337 1Quand j’étais enfant, et que je demandais à ma mère pourquoi on embrassait les pieds de Jésus, elle me répondait : « Regarde ce qu’il a souffert pour nous, on embrasse ses pieds pour le consoler. » J’étais alors à genoux et j’ai prié : « Ô Jésus j’embrasse ta croix ! » J’entendis aussi clair que le son d’une cloche : « Je ne veux pas que tu embrasses ma croix mais que tu embrasses ta croix. » Je n’ai pas trop aimé... Comment pouvais-je embrasser quelque chose d’aussi moche : je ne voulais pas du divorce, je ne pouvais pas embrasser le divorce, alors j’ai discuté avec le Seigneur : « Pourquoi cela ? Et puis, je ne sais pas trop comment le faire... Tu dois me montrer comment. » Et quand je me suis approchée du crucifix, je lui ai donné mon "fiat". 

Pendant les trois ans qui ont suivi, l’Esprit Saint m’a soufflé comment embrasser ma croix et j’ai fondé un groupe similaire au vôtre il y a six ans, intitulé "Époux fidèles" : c’est un groupe très petit, un bébé comparé au vôtre. Martin a alors entendu parler de notre groupe, et m’a contactée. Je crois sincèrement que Dieu m’a appelée, ici, pour mieux connaître la Communion... et pour faire évoluer notre petit groupe, qui sera peut-être le premier groupe affilié aux USA. 

Dans le désordre, je vais vous faire part de ma propre expérience. Avec cinq enfants, j’étais très préoccupée par la brisure de notre couple : comment nos filles pourront-elles croire au sacrement du mariage ? Je leur ai expliqué la différence entre le divorce civil et un mariage-alliance, et elles l’ont compris, surtout en voyant ce que je vivais. Dieu m’a appris à pardonner puis à partager les bons moments que nous avions vécus avec leur père. 

Quand j’ai commencé à embrasser la croix, j’étais révoltée, puis Dieu m’a fait comprendre que je devais le faire avec tendresse: la communauté devait voir en moi une nouvelle personne, avec de la consistance... Mon époux a appris, au cours des années, à appuyer sur les boutons qui font mal... et je devais apprendre à ne pas réagir... ne pas hurler en retour... Quelques onomatopées, d’abord, puis répondre très gentiment. Nos enfants ont commencé à voir que j’étais vraie et même mon mari a vu un réel changement. 

Un psychologue américain a fait une étude sur les enfants de divorcés : les taux d’échec scolaire, les niveaux d’alcoolisme et de drogue, le pourcentage de grossesses hors mariage, étaient plus élevés que dans le reste de la population... Mais, lorsque l’un des deux reste fidèle, ces statistiques ne sont plus valables. Quand mes filles étaient en colère vis à vis de leur père, je rétorquais que c’était un homme bon... J’ai demandé à Dieu de purifier ma mémoire ainsi que celle de mes filles, puisque nous pouvions nous rappeler les moments où il était un homme honorable... Je pouvais alors embrasser la croix avec amour. 

temoignage 337 2Deuxième expérience, celle du jeûne : je suis du Kentucky... J’ai réalisé l’importance du jeûne et j’ai demandé au Seigneur quel jeûne je pouvais faire sur une longue période pour la guérison de mon mariage et pour le salut de mon mari. Ce fut « Ne boire que de l’eau, soit jusqu’à son retour, soit jusqu'à la mort de l’un de nous... » Mes filles m’y ont aidée car, lors d’un pique-nique paroissial il y a 2 ans, j’ai failli craquer pour un verre de limonade, c’est une de mes filles qui m’a reprise : « Non, Maman, Dieu veut que tu deviennes une sainte, sainte Catherine-du- Kentucky... » et je n’ai alors bu que de l’eau... Dans le but d’aider nos enfants, nous devons nous tourner vers Dieu. 

J’ai eu l’image du trou de lance dans le cœur du Christ, de pénétrer moi-même dans cette blessure pour être en sécurité et devenir une sainte. De cette manière j’ai appris à devenir aimante, paisible et à embrasser la Croix avec tendresse. Se centrer sur le présent, juste pour aujourd’hui... Embrasse ta croix aujourd’hui. 

Le recours à saint Joseph : je râlais souvent, et étais irritée de ne pouvoir être à la fois mère et père... Dieu m’a dit alors : « Prends saint Joseph pour être le père de tes enfants ». J’ai alors appris que d’être le père, le protecteur de mes enfants n’était pas mon problème mais celui de saint Joseph et j’ai commencé à trier les problèmes... Saint Joseph s’est manifesté miraculeusement de nombreuses fois : des chèques me parvenaient par la poste, des gens me donnaient de l’argent à l’église, y compris lorsque leur père a cessé de payer les études d’une de mes filles en milieu d’année... J’ai dit à ma fille que son problème était d’étudier et que l’argent était celui de saint Joseph. Mais un jour où saint Joseph ne suffisait pas pour transporter des meubles à l’étage, trois séminaristes ont frappé à ma porte... J’ai ainsi appris à embrasser la croix à travers la foi. 

Vous, les hommes, demandez à la sainte Vierge d’être la mère de substitution de vos enfants... 

En conclusion, je définirai trois étapes : 

- Au départ, on se sent paniqué : restez tranquille, prenez le temps du deuil. Juste dites « oui, j’embrasse la croix ». Vous sentirez la paix vous 

envahir de plus en plus. 

- Creusez de plus en plus profondément votre sacrement : « refais ta vie, avance ! » nous dit-on mais Dieu nous invite à aller plus loin Nous avons l’opportunité d’aimer alors que la plupart des couples ne l’ont pas: grâce à l’absence de réciprocité dans l’amour, nous sommes comme le Christ sur la croix qui déverse son amour sans rien en retour. 

- Allez de l’avant et témoignez : c’est embrasser la croix avec joie. 

Cathy (Minnesota) – U.S.A. 

« Nous étions deux à prononcer le
« OUI » pour que notre mariage soit ! Il a suffi de son « NON » pour que la rupture soit ! » 

« Quand je me suis mariée le 31 juillet 1982, quand nous nous sommes mariés Bruno et moi, c’était pour la vie... Nous nous étions connus aux scouts – sens de l’engagement, de la promesse, de la parole donnée, de la fidélité – dans la ligne de l’éducation reçue de nos parents catholiques pratiquants. 

temoignage 337 3Pour des raisons d’études à terminer puis professionnelles nous avons commencé les premières années de notre vie conjugale séparés la semaine, ne nous retrouvant que les week-ends et les vacances. Toutes ces séparations subies mais consenties en attendant des jours meilleurs nous avaient donné l’horreur des valises et des « au revoir »... plus jamais ça ! 

Notre première enfant s'annonçant, j'ai rejoint Bruno : nous nous sommes enfin retrouvés pour vivre ensemble la semaine et le week-end. Une "vraie" vie de couple et bientôt de famille nous comblait, nous donnant la joie de nous retrouver le soir et de nous réveiller le matin côte à côte... Les valises étaient posées, plus jamais séparés ! L'épreuve était surmontée. 

Nous avons été intégrés à la vie de la paroisse : pratiquants réguliers, nous avons été sollicités pour accompagner les jeunes fiancés dans le cadre du Centre de préparation au mariage. Un 2e puis un 3e et un 4e enfant consolidaient la famille, nous rappelant qu'ils étaient la vraie richesse de notre vie ! 

Une alerte de santé chez mon mari, petite mais sérieuse, nous a fait décider, à la fin de mon congé parental, de reprendre mon poste... laissé à Bordeaux : à nouveau, les valises en attendant une mutation qui est venue 18 mois plus tard. 

Notre famille réunie, n'ayant pas de souci majeur de santé ni de travail, nous avancions, de projet réalisé en projet à venir... Mon mari évoluait dans un métier qui lui convenait, je m'épanouissais dans ma vocation d'épouse et de mère, mon travail étant compatible avec ma vie de famille. Nous avions des projets "normaux" de famille "normale", les enfants grandissaient, nous retrouvions un peu de "liberté" dans notre vie de couple, nous étions devenus complices, nous comprenant d'un regard, nous "amusant" de nos particularités de caractères parfois bien trempés... Nous avions construit notre bonheur en consentant à des sacrifices personnels et nous avions gagné une joie de vivre et une certaine sagesse qui nous faisait relativiser beaucoup de choses : nous avions appris comment fonctionner individuellement et en couple... S'ouvrait devant nous le bonheur de voir grandir nos enfants, de les aider à franchir les différentes étapes – adolescence qui commençait à poindre pour les aînées – et nous étions prêts à les affronter ensemble... Bref, nous vivions des grâces d’un 

week-end "Amour et partage" où Bruno avait écrit sur le cahier : « le plus beau jour de ma vie c’est le jour de notre MARIAGE... tu m’as donné de beaux enfants, maintenant nous allons leur donner le meilleur... » Bruno était très fier de sa famille, de ses enfants dont il aimait parler, de sa femme... 

Et puis, un jour, mon mari s'est fermé, il a coupé toute communication : j'ai cru au début qu'il avait des soucis au travail (il avait un poste à responsabilité) et je comptais sur les vacances traditionnelles au ski pour en discuter... Mais j'ai dû me rendre à l'évidence : son problème c'était moi, c'était nous, c'était sa vie "à la maison"... Isolement, coupure avec toute pratique religieuse, annulations d'invitations... Dans sa tête, il était déjà parti mais je n'ai rien vu venir... Nous n'avons pas fêté notre 19e anniversaire de mariage ensemble ! Alors que les enfants préparaient leur rentrée scolaire, lui préparait ses valises... Oui, ce fut un tsunami, un chaos total: plus d'emprise sur aucun événement, impuissance totale devant ce qu'il nous impose aux enfants et à moi... 

Nous étions deux à prononcer le « OUI » pour que notre mariage soit et il a suffi de son « NON » pour que la rupture soit... Mais le Seigneur veillait sur sa petite église domestique ! Il m'a conduite chez des sœurs bénédictines et Il a parlé à mon cœur. Il avait entendu Bruno me dire « je ne t’aime plus, je ne t’ai jamais aimée, je ne t’aimerai jamais plus, c’est définitif et sans retour, tu n’es pas assez bien pour moi » et Lui me disait « Je t’aime depuis toujours et pour toujours, tu as du prix à mes yeux je suis le Dieu fidèle. Et toi, m’aimes-tu ? Jusqu’où m’aimes-tu ? Ce n’est pas pour rire que je t’ai aimée : vois, je t’ai aimée jusqu’à la Croix ! Et toi, veux-tu m’aimer ? Veux-tu aimer ton époux comme je t’aime ? Et avec tout l’amour que je mets en toi pour l’aimer ? » 

Oh oui, Seigneur ! Moi non plus ce n’était pas pour rire que je lui ai dit que je l’aimerais jusqu’à la mort... Alors, je vais continuer, essayer de continuer... Aide-moi à tenir ma promesse de lui être fidèle dans l’amour ! Et ma prière – « Seigneur, délivre-moi de cette souffrance » – s'est transformée en « merci Seigneur ! Puisqu’elle est signe d'amour, plutôt souffrir que de ne plus aimer...» Que cette souffrance soit joie de participer à la Tienne ! » 

Et aujourd'hui, Il m'aide à travers la Communion Notre-Dame de l'Alliance où tous ensemble nous nous soutenons, nous nous relevons quand nous tombons. Rester fidèle c'est non seulement ne pas entraver le plan de réconciliation du Père mais c'est aussi le hâter... La fidélité n'est pas une idée, elle est un chemin, un chemin de joie et de paix dans la certitude de retrouver mon époux dans le cœur du Père qui nous attend pour les noces éternelles ! 

Par le sacrement de mariage, le Seigneur nous a inscrits au plus profond du cœur l'un de l'autre, unis à jamais dans le Sien. C'est pour cela que je sens Bruno vivant en moi : ce que Dieu a uni, non seulement l'homme ne doit pas le séparer mais il ne PEUT pas le séparer ! Les grâces du sacrement s'expriment bien dans ces paroles de mon fils : « la plus grande preuve d'amour qu'une mère peut donner à ses enfants c'est de continuer à aimer leur père ! » 

Alléluia ! » 

Christiane (Lescar) – AQUITAINE