Témoignages

« J’ai 53 ans, je suis marié à Soline depuis 29 ans et nous avons trois enfants et à ce jour trois petits enfants. Nous nous sommes fiancés en octobre 1985 et mariés un an après. A l’époque, la préparation au mariage était assez sommaire.

Mon épouse s’occupait bien des enfants et nous participions à la messe tous les dimanches. Nos enfants étaient scouts et mon épouse catéchiste. Malgré cela, avec du recul, il manquait quelque chose dans notre communication intime avec Dieu : le partage et notamment la prière quotidienne dans notre couple.

Lors du Bureau de mars dernier, la rencontre fortuite au prieuré de Montmartre entre le père Grégoire, notre Conseiller Spirituel Général, et le Père Tanneguy, a amené ce dernier à nous donner son témoignage et la place que sa grand-mère tenait dans sa vocation sacerdotale. Très touchés par ce que nous avons entendu nous avons souhaité le partager avec vous.

Annick et Martin

La manière dont ma grand-mère a vécu son mariage m'a fortifié pour répondre à ma vocation de prêtre

Grand mere 330 1"Maminou", comme on l'appelle dans la famille, est un pilier sur la route de ma vie. Depuis toujours je lui connais ce même regard aimant, bienveillant, tendre, miséricordieux, maternel, toujours prêt à s'émerveiller. Pourtant, en grandissant, j'ai compris petit à petit qu'elle n'avait pas eu une vie facile...

Quand maman a eu 18 ans environ, Maminou a dû se séparer de Bonpapa pour des raisons nécessaires. Elle a alors élevé ses 7 enfants seule. Elle a continué de porter son alliance, elle a continué de signer ses lettres du nom de son mari, et elle lui est restée fidèle. Elle m'a témoigné un jour que la dévotion au Sacré-Cœur l'avait beaucoup soutenue, et que la lourde charge des enfants l’avait probablement empêchée de déprimer.

Ce témoignage a été donné lors de la clôture de l’Année du jubilé de la miséricorde à la cathédrale de Versailles

annee misericorde 328Je suis mariée depuis 40 ans. Nous avons trois enfants et cinq petits- enfants. J’ai été très heureuse avec mon mari et nous étions de « bons pratiquants » allant à la messe tous les dimanches et investis dans la paroisse. Mais il y a 10 ans, juste après le mariage de notre fils ainé et la fête de nos 30 ans de mariage, il m’a annoncé qu’il partait, vivre avec une de mes meilleures amies. Ça a été un tsunami ! Je ne comprenais pas ! J’étais trahie, humiliée, dans mon amour, dans mon couple, dans ma famille, dans ma foi et, aussi, dans mon amitié ! Très vite des amis bien intentionnés m’ont dit : « tu vas bien refaire ta vie ! » C’était une deuxième blessure ajoutée à la première, comme si on pouvait balayer 30 ans de vie commune, avec quelqu’un que l’on aime et le remplacer par un autre du jour au lendemain !

J’étais aussi blessée et interpelée dans mes convictions, car j’avais donné ma parole !