Comment je fais pour continuer à aimer ma femme, malgré le fait qu’elle soit partie avec un autre homme ?

Comment je fais pour aimer mon ennemi, cet homme qui est parti avec ma femme ?
Je peux espérer qu’elle change, qu’il change, qu’il prenne conscience, qu’il demande pardon … Mais si ça n’arrive pas : comment je fais ? Oui, mon Dieu, comment je fais ?
Je n’ai qu’une solution, je peux espérer changer moi-même, au point d’arriver à aimer plus, que mon amour soit plus grand que cette trahison. Et si je ne peux aimer, je peux laisser le Christ l’aimer en moi.
Au fond, le plus dur dans tout cela, c’est que je suis toujours renvoyé à moi-même et que la seule vraie conclusion c’est qu’il n’y a qu’une seule conversion dont j’ai à m’occuper : c’est la mienne.
Le changement est douloureux, car j’ai l’impression de me renier moi-même. Pourtant si c’est pour aimer plus et mieux, c’est bien vers là qu’il me faut aller.
Tant que ce moi-même n’aime pas d’un amour parfait, il a besoin de changer, de s’améliorer. L’amour a besoin d’être purifié, et il doit l’être en vérité. C’est là que ce situe le défi : la part de vérité que je connais aujourd’hui est très limitée, et elle a constamment besoin d’être complétée, ajustée, éclairée, élevée.
Avec la sagesse, l’humilité grandit aussi car on prend conscience que, plus on sait, plus on se rend compte de sa petitesse. Comment dès lors concilier ce désir d’amour parfait et céleste avec l’amour humain, confronté aux souffrances du péché ?
Là où la souffrance abonde, la grâce surabonde. Plus ma souffrance est grande, plus la grâce peut se déployer – si je le permets.
C'est-à-dire si la souffrance m’ouvre à l’amour au lieu de me fermer, en somme.
Si mon cœur reste ouvert. Et un cœur qui reste ouvert est un cœur qui a mal.
Mon Dieu, si tout cela a un sens, s’il y a une fécondité dans tout ça, si les enfants sont préservés, si… telle est ta volonté,
Alors oui, pourquoi pas ?
Alors oui.