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Pendant la retraite du Puy-en-Velay, mgrdemonleonle dîner avec Monseigneur Brincard et Monseigneur de Monléon fut un moment de grâce qui devint particulièrement passionnant lorsque Mgr Brincard, sortant de sa poche carnet et crayon, déclara :
« Je voudrais vous entendre tour à tour : que diriez-vous d’essentiel à de futurs époux ? »  

Le tour de table donna la parole à chacun des douze convives : Père Alain, Père Antoine-Marie, Lucile (Provence), Claire (Aquitaine), Agnès (Pays-de-Loire Vallée), Marie-France (Belgique), Renée (Lorraine-Champagne-Ardenne), Olivier (Midi-Pyrénées), Pierre-Yves (IDF NO), Albert (Normandie), Louisette et Vincent. Voici résumés les points essentiels qui ont été soulignés.


  Enseigner les fondamentaux (Père Antoine-Marie) :

pereantoinemarie- La conception naturelle du mariage. Le mariage sur le plan naturel s’appuie sur l’intention des fiancés de fonder un couple, une famille en se donnant aide mutuelle, pour la vie. Des mariages à l’Eglise peuvent être non valides, non pas tant d’abord parce qu'il n'y aurait pas la foi en Jésus, et donc ignorance de ce qu'est un sacrement, que parce qu'il n'y a pas l'intention de fonder un couple et une famille dans un mariage selon la loi naturelle.
- La vie chrétienne dans le mariage avec sa dimension de combat spirituel propre aux époux dans la vie ordinaire. Pour cela, la grâce du sacrement de mariage nous libère du poids de nos esclavages. Libération qui est un « combat de tous les jours » car les dons de Dieu viennent toujours se greffer sur notre nature humaine. Rien de magique dans les sacrements !


Annoncer la bonne nouvelle du mariage (Père Alain - Pierre-Yves)pierreyvesperealain
Il existe pour tous les sacrements une tension entre deux exigences qui semblent contradictoires : ne pas les galvauder tout en restant suffisamment ouverts et accueillants à tous ceux qui les sollicitent.
Il est essentiel que l’Église ne se résigne pas devant les actuels modes de vivre et d'aimer. Chacun fait de son mieux pour suggérer le sens chrétien de l'amour, de la fidélité, de la présence du Christ dans la vie du couple et de la famille. Mais le fond des mentalités, dès l'âge du catéchisme, est imprégné des contre-valeurs du monde : expériences précoces et multiples, infidélité, divorce.
Promouvoir la beauté et la grandeur du sacrement de mariage n’est pas à réserver au cadre des CPM (Centres de Préparation au Mariage). Il faut déjà le faire auprès des enfants et des adolescents et continuer auprès des adultes déjà mariés (un « service après-vente » en quelque sorte). L’Église, experte en humanité, a des choses à dire pour parler au cœur de ceux qui croient que l’amour se conjugue avec fidélité et engagement. Il faut oser parler en vérité et parfois dire non.


Réfléchir sur le sens de la parole donnée (Albert-Louisette)louisettealbert
En amour comme en amitié, donner sa parole ce n'est pas signer un contrat d'affaires, c'est engager toute sa personne. Deux époux s'impliquent corps et âme : moi-même et celui à qui je donne ma promesse de l'aimer toujours comme unique et irremplaçable. Si je reprends ma parole, je blesse profondément celui qui a confiance en moi, je le jette hors de ma vie, je le renie. Mais je me blesse aussi moi-même : en reprenant ma parole, je me morcelle, je me disperse et me désintègre. Je me renie moi-même.
Réfléchir aux enjeux de la parole donnée n'est pas réservé aux chrétiens. C'est une question cruciale pour tout éducateur, surtout à notre époque du zapping et du jetable.
Mais donner sa parole devant Dieu, c'est entrer dans une autre dimension : c’est lui demander d'être partie prenante, c'est lui confier le lien. Et lui, il ne reprendra pas sa parole car il ne peut se renier lui-même (selon 2 Timothée 2, 13)
Il faut veiller à protéger son couple par l'attention dans ses engagements. On ne doit pas faire n'importe quoi, c'est fragile un couple. Il faut aimer, c’est-à-dire donner et non prendre ou reprendre. Il est essentiel de réfléchir sur le sens de l’amour (amour sentiment -fragile et fluctuant- et amour volonté de durer), sur les étapes de croissance et les difficultés inévitables dans la vie d'un couple. Une réflexion à mener par exemple à partir de témoignages d'époux ayant surmonté épreuves et tentations et gagné en vrai bonheur.


Que signifie se marier à l'Eglise ? (Vincent-Renée)renevincent
Se marie-t-on à l’Eglise parce que c'est plus solennel ou bien pour une raison plus profonde ?
Il est important de savoir d’abord où chacun en est et si ce projet de mariage à l’église est vraiment commun. A-t-on pris le temps de se connaître, de mettre des mots sur ce que l’on vit et sur ce que l’on veut vivre ? Par exemple y a-t-il un désir commun d’avoir des enfants ? De les élever dans la foi ?
Viendra un moment où chacun découvrira la limite de l'autre, la blessure de l'autre. Lorsqu'on se rencontre, on est dans l'harmonie totale, chacun se croit comblé dans ses besoins, ses attentes, ses manques... Mais quand les difficultés arrivent, est-ce qu’on désire vouloir aimer encore, aimer toujours ? C'est peut-être là qu'aimer commence.
Le mariage chrétien exprime que l'amour n'est pas seulement l'engagement du couple. C'est un don que les époux reçoivent. L’échange des consentements pour la vie, devant témoins, et devant Dieu qui s’engage lui-même avec les époux, fait de leurs paroles et de leurs gestes un sacrement. Le sacrement est le signe visible d’une réalité invisible : amour avec un grand A reçu d'une source divine et créatrice.


Que représente pour les fiancés un mariage à l’Eglise sur le plan spirituel ? (Olivier-Lucile)lucileolivier
Il ne s’agit pas de se marier à l’église pour faire plaisir à l’autre sans évaluer le sens de cet engagement, surtout si l’un des deux n’est pas croyant ou ne pratique pas. Le passage à l'église n'est pas une simple formalité ou une façon d'embellir la festivité familiale. Le peu de foi des fiancés ou leur faible connaissance du catéchisme peuvent représenter une difficulté. N’y a-t-il pas à proposer dans un premier temps un approfondissement du catéchisme, par exemple sous forme de retraite fondamentale ?



mariefranceDire l’importance de la prière (Marie-France)
Lors de la célébration d'un mariage, le premier acte que font les époux, c'est une prière. Dieu nous donne les grâces et les dons nécessaires pour vivre. Dons dans lesquels les époux devront puiser largement par la prière en couple, puis en famille avec les enfants. Cette prière devrait être quotidienne avec des mercis, des pardons, des demandes et des louanges, c'est remettre la vie du couple et de la famille sous le regard de Dieu chaque jour.


Parler des conséquences de l’infidélité (Agnès) agns
À l’heure où l’infidélité dans le couple est banalisée, parfois présentée comme normale, courante ou inévitable, il est important de bien faire connaître les impacts psychologiques et affectifs d’un tel acte. Celui (ou celle) qui le commet, est entraîné(e) dans une spirale de mensonges et se trouve dans une situation inextricable. Un retour vers son époux (se) lui paraît rapidement comme une deuxième infidélité qu’il ne veut (ou ne peut) pas commettre et c’est l’impasse complète. Celui (ou celle) qui le subit, ressent une trahison immense, de même que les enfants s’ils sont en âge de comprendre la réalité de l’acte.
Ce qui est sacré a été profané, la confiance entre les époux est saccagée et si la relation extraconjugale se prolonge dans le temps, elle devient un véritable poison pour le couple et elle se révèle impossible à rompre sans l’aide du Seigneur. « Une liaison extraconjugale, c’est comme un élastique, plus tu tires dessus pour essayer de t’éloigner d’elle, plus la force qui t’attire vers elle est grande : seul le Seigneur peut couper cet élastique, mais il ne peut le faire sans que tu lui demandes » (Père Jacques Marin)



claireDire l’importance du pardon (Claire).
Par le sacrement du mariage, Dieu nous donne la force, de vivre cette loi de vie : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». Dieu rend possible cet amour en nous introduisant dans une dimension nouvelle de l'amour. Il apprend aux époux ce chemin du pardon pour de petites choses et pour de grandes choses. Il leur donne la capacité de pardonner comme Lui et transforme le pardon en joie.

Le tour de table donna la parole à chacun des douze convives : Père Alain, Père Antoine-Marie, Lucile (Provence), Claire (Aquitaine), Agnès (Pays-de-Loire Vallée), Marie-France (Belgique), Renée (Lorraine-Champagne-Ardenne), Olivier (Midi-Pyrénées), Pierre-Yves (IDF NO), Albert (Normandie), Louisette et Vincent. Voici résumés les points essentiels qui ont été soulignés.