Index de l'article

Seuls mes proches étaient au courant. Le dimanche, j’allais à la première messe, à 7 heures, afin d’éviter mes amies et de ne pas entendre : « tu as de bonnes nouvelles de ton mari ? ». Quand tout s’écroule, inutile de dire combien on se sent humiliée. Je me croyais la plus laide, la plus minable de la terre, disant : « mais, Seigneur, pourquoi moi ? Qu’est-ce que j’ai fait ou qu’est-ce que je n’ai pas fait pour en arriver là ? »
N’ayant plus mes parents, hélas décédés trop tôt, je m’agrippais à mon chapelet comme à une bouée de sauvetage... Peu à peu, grâce à l’affection de ma famille et à l’aide spirituelle du curé de ma paroisse, j’ai pu remonter la pente. C’était un saint homme, émule de Charles de Foucauld. Lorsque je pleurais dans son bureau, je me disais parfois : « mais qu’est-ce qu’il en sait ? Il n’a jamais été  marié, il est vieux (alors qu’il n’avait que la soixantaine à peine), il ne me comprend pas. » En vérité, révoltée comme on peut l’être lorsqu’on est jeune, c’était bien moi qui ne voulais  pas comprendre...