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En 1962, arrachée à ma terre natale, je me retrouve en Moselle où j’ai suivi ma sœur et son mari, tous deux enseignants à quelques kilomètres de Metz. Un peu déboussolée par tous ces bouleversements, je garde une correspondance très suivie avec mon père spirituel rapatrié à Perpignan. Très vite, il me conseille de faire une retraite dans un Foyer de Charité. Avec quelques réticences, j’accepte. Je me souviens de ma première retraite à la Roche-d’Or près de Besançon, le Foyer d’Alsace n’existant pas encore. Dans le train, je me posais des questions : « est-ce que je vais tenir toute une semaine dans le silence ? Je ne suis pas religieuse pour m’enfermer ainsi. » Pour calmer mon angoisse, je me disais : « si cela ne me convient pas, je repartirai aussitôt. » Mais depuis, que de grâces reçues ! Plus proche, le Foyer d’Ottrott, en Alsace, devint mon oasis. Surtout après les remous de mai 1968, j’allais m’y ressourcer pour affronter ce monde que je côtoyais au bureau et qui se déchristianisait. J’y allais souvent pendant mes congés et aussi les weekends. J’aidais et je partageais la vie de la communauté.
En novembre 1972, lors d’une retraite à Châteauneuf-de-Galaure, j’eus le bonheur et la grâce de rencontrer Marthe Robin et le privilège, après notre entretien, de rester près d’elle pour prier le chapelet avec le père Finet et trois membres du Foyer. J’ai vécu là l’inexprimable... Toujours avec les Foyers, j’ai participé à des retraites itinérantes : Rome, Assise et, en 1978, deux semaines en Terre sainte.