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Le 10 septembre 2006 à 3H00 du matin, ma femme et moi sommes réveillés par un médecin ami qui nous annonce la mort de notre fils Martin. Il faisait du stop sur une route et une voiture l’a fauché.

Cette terrible nouvelle provoqua un chaos « généralisé ». C’est une véritable catastrophe pour un couple. Ma femme et moi, avons pataugé pour vivre ce deuil auquel nous ne nous étions pas du tout préparés. Et nous l’avons vécu de manière très différente elle et moi. Je nous voyais chacun sur une île différente et je voyais ces îles se séparer l’une de l’autre sans que je ne puisse rien y faire.

Le 29 janvier 2009 ma femme m’a quitté. Si le choc fut terrible, cette séparation a allumé en moi une tristesse inouïe et une grande culpabilité aussi. Je me disais que je ne m’étais pas assez impliqué dans la proximité que j’avais avec mon épouse, que j’aurais dû me montrer plus proche d’elle, que j’avais certainement mal agi quelque part.

Au niveau matériel, les choses se sont bien déroulées. Nous n’avons pas eu de difficultés à nous mettre d’accord pour trouver des solutions à toute une série de points pratiques. Aucune rancune, aucune colère non plus, mais mon cœur était envahi d’une tristesse immense.

Nous avions auparavant, vécu une cohabitation sans problème.

Nous avons eu 6 enfants qui tous ont réussi dans leurs études et dans leurs couples. Mais ma tristesse était immense.

J’ai essayé de trouver de l’aide chez des amis proches. Ils me comprenaient, me donnaient d’excellents conseils, mais ma tristesse était immense.

Je me suis alors tourné vers Dieu. J’ai toujours prié dans ma vie. J’ai toujours été fidèle à la messe dominicale, à la prière quotidienne. Mais ici, je me suis adressé à Dieu comme à mon unique secours. Je ne pouvais pas attendre des conseils humains que je recevais, une aide en profondeur. Dieu seul pouvait m’aider, j’en avais l’intuition.

Choix-de-la-fidlitJe priais chez moi ou à l’église de mon village... C’était souvent le soir et l’Eglise était très obscure. Je n’osais pas y allumer les lumières de peur que quelqu’un vienne me distraire. Et j’ai ouvert mon cœur à Dieu, sans mot excessif, dans une simplicité extraordinaire, avec des mots à moi... sans l’aide d’un bréviaire ou d’un numéro de Magnificat...

Petit à petit, Dieu m’a renvoyé à la célébration même de mon mariage, à l’engagement que j’avais pris. J’ai reçu de lui ce rappel immense : Il avait béni lui-même notre mariage, Il s’en était porté garant. Il n’était pas du genre à restreindre les grâces qu’Il donnait à profusion à un couple aimant et sincère, même si la route en était devenue cahoteuse... Je me souviens avoir dit à Dieu : mon mariage était vrai, entier, radical... Pour toi, Seigneur, je vais continuer à y croire jusqu’à la fin de ma vie...

Tout naturellement alors, s’est posé à moi la question de la fidélité avec cette réponse claire, nette, aimante, enveloppante : je suis à Geneviève pour toujours... pour toujours... Je m’y suis engagé. Mais je sentais le besoin d’être accompagné là-dedans. Je ne voulais pas un accompagnement psychologique, mais spirituel. Et là encore Dieu m’a aidé. Tout à fait par hasard, je suis tombé sur une émission de KTO qui présentait en 5 minutes un site internet : celui de la Communion Notre- Dame de l’Alliance. J’ai pris contact avec eux et dans la foulée, j’ai pu participer à ma première récollection puis à ma première retraite à Banneux.

Avec cette Communion, j’ai pu prendre conscience que j’étais dans la bonne direction. J’avais choisi la bonne réponse à ce qui m’arrivait. Et au mois d’août 2012, j’ai pu refaire avec tous mes frères et sœurs de la Communion, mon premier renouvellement du oui. Un engagement que j’aime refaire chaque fois qu’on me le propose.

Thierry Peltier (Nismes) - BELGIQUE