A presque 101 ans Maman a enfin rejoint la Maison du Père. Je dis enfin car les derniers mois, voire les dernières années de sa longue vie, furent difficiles, pour elle et pour nous, ses quatre enfants. Auprès du Père elle a retrouvé tous ceux qu’elle a chéris et qui l’ont devancée dans la vie éternelle, comme René, son cher époux et notre Papa mais aussi sa fille, Marie Françoise, notre sœur ainée.
La mort d’une Maman est toujours une épreuve, une souffrance mais sans commune mesure avec celle que vivent les parents lors du décès de leur enfant, ou lors du décès brutal d’un proche.


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Pour moi, cette souffrance s’est vite transformée en paix retrouvée après un long temps de perturbations. Je n’ai pas tout de suite réalisé ce qui se passait mais j’ai pris conscience que quelque chose avait changé en moi et cela grâce à Maman. Pourquoi ? Parce que, à celle qui m’a donné la vie, j’ai donné pendant ses trois dernières semaines de vie sur terre, mais aussi dans les mois précédents, rien d’autre que moi-même, en étant auprès d’elle, en lui donnant de la tendresse par mes caresses, en priant tout simplement le Notre Père, le Je vous salue Marie alors qu’elle ne parlait plus et n’entendait que très peu, en demandant à un prêtre de ma paroisse de venir lui donner le sacrement des malades. A aucun moment je n’ai lu dans son regard de la peur, de l’effroi sur l’après, au contraire je lisais un désir de partir.
Mon accompagnateur spirituel m’a parlé du trésor que je porte en moi, comme chacun d’entre nous : « car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur » (Mt, 6, 21). Ce trésor c’est la foi, cette foi qui m’a permis de me recentrer sur l’essentiel : donner mon temps à Maman pour qu’elle parte dans la paix du Seigneur en toute sérénité. La foi qui ferait déplacer des montagnes m’a révélée un peu à moi- même. Elle m’a permis de pardonner à Maman tous les moments de conflits que nous avons vécus pour ne retenir que sa générosité, son amour de Dieu et de Marie. Ces moments partagés avec Maman, même dans le silence,
sont pour moi gravés dans mon cœur pour toujours.
Quelle découverte pour moi aussi d’être portée par la prière de tous ceux et toutes celles à qui j’ai confié la fin de vie et le départ de Maman. Cette prière m’a permis de vivre cette séparation en toute sérénité, comme une évidence.
Lors de la célébration de ses obsèques, pour lui dire merci de tout ce qu’elle avait pu me donner sans que j’en ai vraiment conscience sur le moment, j’avais choisi, avec mes frère et sœurs, l’Evangile des Béatitudes Je sais que là où elle est maintenant, Maman est heureuse, bienheureuse. DEO GRATIAS
Annick (Ormesson-sur-Marne) - ILE DE FRANCE (Combs-la-Ville)