C'était le Congrès de l'évangélisation, à Bruxelles, en 2006. Ce soir-là, nous avions loué le Seigneur en dansant sur les musiques d’EXO, Place des Palais, puis, ayant poussé la porte de Notre-Dame du Sablon, nous avions veillé et prié avec les jeunes du Verbe de Vie, sous le doux sourire de Marie et de notre petite Thérèse de Lisieux. Tard dans la nuit, nous voici dehors, le cœur tout brûlant d’action de grâce pour les témoignages entendus dans cette église. Nous attrapons le tram, presque vide à cette heure tardive. Un homme sans âge, perdu dans ses pensées, se retrouve assis au milieu de nous. Entre deux chants de notre louange, je lui glisse avec un sourire : « Pardon monsieur, nous sommes un peu exaltés, nous continuons notre veillée de prière… » Et lui : « Continuez, continuez… Moi, je sors d’une conférence sur la souffrance… On nous a dit : Dieu nous accompagne… » Il lève les yeux, un regard douloureux, dubitatif… Alors, spontanément, tout doucement, tous les cinq, nous entonnons :

Ecoute, écoute,
Surtout ne fais pas de bruit,
Il marche sur la route,
Il marche dans la nuit…
Ecoute, écoute
Les pas du Seigneur vers toi,
Il marche sur la route
Il marche près de toi…

Jamais je n’oublierai le regard de cet homme, cet inconnu, ce frère : regard intense qui, pendant tout le chant, ne lâche pas le mien. « Merci ! C’est beau ! » furent ses dernières paroles. Nous voici station St Job, la nôtre ! Dans un joyeux tourbillon, nous quittons le tram. « Bonne route monsieur ! N’oubliez pas…! »