Imprimer

« J’ai 53 ans, je suis marié à Soline depuis 29 ans et nous avons trois enfants et à ce jour trois petits enfants. Nous nous sommes fiancés en octobre 1985 et mariés un an après. A l’époque, la préparation au mariage était assez sommaire.

Mon épouse s’occupait bien des enfants et nous participions à la messe tous les dimanches. Nos enfants étaient scouts et mon épouse catéchiste. Malgré cela, avec du recul, il manquait quelque chose dans notre communication intime avec Dieu : le partage et notamment la prière quotidienne dans notre couple.

Et donc, il y a 5 ans, c’est le coup de grâce : ma « jolie épouse » part à 1 000 km avec notre fille de 17 ans, trouve un travail, une nouvelle maison et quitte son alliance, signe du sacrement scellé par Dieu. C’est pour moi le chaos, tout s’écroule ! Je me retrouve seul dans ma grande maison...

Que faire ? Vers qui me tourner ? Comment rebondir ? J’ai alors 47 ans et une bonne situation professionnelle... Dois-je refaire ma vie ? Mon épouse va-t-elle revenir ? C’est peu probable... Ce qui est sûr, c’est que je ne me voyais pas rester seul... Et je ne vais pas rester seul !

Temoignage 331 1C’est en effet une retraite ignacienne qui va déclencher ma véritable conversion. Dans les moments d’épreuve, nous pouvons fuir, nier notre blessure (« même pas mal ! »), faire comme si de rien n’était, faire l’autruche, refaire sa vie en refaisant les mêmes erreurs. Nous pouvons aussi nous replier sur nous-même (et là... c’est la dépression assurée !) ou alors, au contraire, offrir notre souffrance à Dieu, nous confier à Lui, nous abandonner à Lui, lâcher prise... Le Seigneur n’attend d’ailleurs... que cela !

Temoignage 331 2Alors, dopé par cette rencontre avec le Christ, je vais multiplier les retraites tous azimuts, les pèlerinages à l’étranger, suivre des cours de théologie, me nourrir le plus souvent possible de la sainte communion, profiter également de ce beau sacrement de la réconciliation, visiter des personnes âgées dans les maisons de retraite. Grâce au Service d’évangélisation des malades, je deviens hospitalier régulier à Lourdes et rencontre d’autres catholiques, des prêtres, des évêques...

Surtout, le Seigneur me fait découvrir la Communion Notre-Dame-de-l’Alliance, qui regroupe d’autres personnes qui croient à l’indissolubilité du mariage sacramentel, et qui puisent dans la réalité permanente de ce sacrement, la grâce spéciale de vivre le pardon et la fidélité à leur conjoint.

Je ne suis plus seul dans ce monde qui nous incite à refaire notre vie, le Seigneur m’a donné un moyen supplémentaire pour me sanctifier ! Aujourd’hui, malgré cette solitude et cet abandon par mon épouse, je suis heureux ! ! ! Heureux de ce choix de rester fidèle à mon épouse, d’essayer de lui pardonner et d’espérer son retour... sans vraiment y croire. J’évoquais ce coup de grâce il y a 5 ans comme une « mise à mort », et aujourd’hui, je rends grâce à Dieu pour ce qu’il fait de ma vie, des fruits abondants qu’il me donne pour persévérer sur ce chemin !

Temoignage 331 3Avec cette immense grâce de tenir dans la Vérité dans un monde contraire, ma plus grande joie est de voir les répercussions divines sur mes enfants car, dans un divorce, ce sont eux qui souffrent le plus ainsi que leur vision du mariage ! Notre fils ainé, malgré, la séparation de ses parents ou grâce à elle, choisit de se fiancer, de vivre plus d’un an dans la chasteté avant de se marier, et d’avoir trois enfants en trois ans. Sa relation à Dieu, à son épouse, leur implication dans l’éducation des enfants et l’Opus Dei, font toute ma joie !

Son frère cadet s’est fiancé et ils suivent le même chemin, mettent le Christ au centre de leurs vies de fiancés et font en sorte que le Seigneur soit le premier invité à leurs futures noces...

Eh bien, je dis MERCI SEIGNEUR de me conforter sur ce beau chemin de fidélité, de pardon et d’espérance... et de l’indiquer à nos enfants. Oui ! Il n’est pas facile ce chemin, il me semblait même impossible il y a cinq ans... Mais avec Dieu tout est possible ! Lui rester fidèle, pardonner et espérer ! ! !

Merci, Notre-Dame-de-l'Alliance, Deo gratias pour tout ! ! ! » Frédéric (Saint-Paul-en-Forêt) – PROVENCE