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Pendant la retraite, le Père Cieutat nous invite à réfléchir à la question suivante : « je n’ai pas épousé un saint, mais un pécheur. Comment puis- je l’accepter et le vivre ? » J’ai donc témoigné en groupe de partage et Sabine m’a suggéré de l’écrire pour l’Anneau de Feu. 

temoignage 1 336« En 1985, je me donnais à Bernard et le recevais comme époux. Mon engagement était total et plein d’espérance car nous nous appuyions sur le Seigneur. Les nuages ont immédiatement assombri notre alliance. Un an après notre mariage, mon accompagnateur spirituel, prêtre, prononce le mot « perversion » et soulève la question de la validité du sacrement de mariage. C’est inenvisageable pour moi. Je choisis de m’appuyer sur le sacrement pour vivre la vie conjugale. Elle sera très difficile. 

En 2008, un évènement douloureux me fait quitter précipitamment le domicile, je me réfugie dans une structure qui reçoit des femmes victimes de violences. Je rencontre des professionnels qui m’écoutent, m’aident à comprendre la violence psychologique, et proposent de m’accompagner vers une séparation. Ce n’est pas ce que je souhaite, je regagne le domicile et m’enfonce progressivement dans une voie sans issue. 

En 2012, je participe à un parcours "Béthasda". L’invitation « Lève-toi et marche » me fait choisir la vie. Je quitte mon conjoint et nous divorçons civilement par consentement mutuel. Que s’est- il passé ce jour où nous nous donnions le sacrement de mariage ? Où étais-tu Seigneur ? La question du mariage contracté devant Dieu me trouble pendant des mois. Je la soulève avec le prêtre cité plus haut, réfléchis avec mon accompagnateur spirituel et envisage finalement de la soumettre à l’Eglise. 

C’est alors que je fais une retraite spirituelle. Le premier jour, je rencontre un prêtre à qui je confie mon parcours. Sa réponse, dite au nom du Seigneur, va me donner une paix profonde. Je la transcris : 

temoignage 2 336"Que le seigneur vous apporte la paix. Vous avez aimé et, aveuglée, vous n’avez pas vu, ou ne vouliez pas voir la perversion que le prêtre avait signalée dès le début de votre mariage. Vous n’avez pas à demander pardon à votre mari, ni à lui donner le pardon. Il est comme cela psychiquement. En a-t-il conscience ? Votre engagement était sans doute sincère des deux côtés et le vécu s’est imposé. Soyez fidèle à vous-même. Ce n’est pas un coup de goupillon qui effacera un amour, l’accueil des enfants et une vie commune de près de trente ans. Vous avez aimé, vous aimez toujours, vous ne souhaitez pas examiner la validité du sacrement de mariage et ne le ferez peut-être jamais. Vous faites des reproches au Seigneur, Il ne vous en veut pas et vous accompagne fidèlement. Qu’Il vous bénisse, vous, votre mari, vos enfants, et vous accorde sa paix." 

Une grande paix m’a immédiatement envahie. Je savais que je pouvais continuer à aimer et continuer à m’appuyer sur le sacrement de mariage car les grâces du sacrement nous ont toujours accompagnés et elles continueront à nous accompagner malgré la séparation. » 

Monique (Metz) – LORRAINE-CHAMPAGNE-ARDENNE