Index de l'article

Mgr LéonardDans ses enseignements, Mgr Léonard a évoqué le mariage avec beaucoup d’humour ! Cette belle réalité concerne autant le spirituel que le charnel de l’existence humaine, c’est pourquoi elle est aussi une réalité menacée, fragile, délicate et vulnérable.
Quant à l’indissolubilité du mariage comme Jésus la voit à partir de la Genèse, il a approfondi le lien indissociable entre le sacrement de mariage et le sacrement de l'eucharistie. Tous les deux ont la même destinée, l'Alliance. L'eucharistie entre Dieu et l'homme, le mariage entre l'homme et la femme.
Le mariage sacramentel n'est pas une « assurance tout risque » contre toutes les épreuves de la vie conjugale, il n’a pas une efficacité automatique. Si on s'est marié dans le Seigneur, et si ensuite, tout se passe comme si le Seigneur était radicalement absent, si on ne prie jamais ensemble, si on n'alimente pas la grâce du sacrement de mariage auprès des sacrements de l'eucharistie et du pardon, ça ne va pas porter un fruit automatique d'harmonie, de fidélité et de durée.
On peut comparer la grâce du sacrement du mariage à la semence qui tombe en terre et qui contient potentiellement toute la richesse de la moisson. Mais la fécondité de la semence dépend de l'accueil de la terre dans laquelle elle tombe. D’ailleurs, c’est le cas pour tous les sacrements et à ce propos, on pourrait dire qu’il y a beaucoup de gaspillage de la grâce des sacrements !
Au cours des groupes de partage, il y eut plusieurs questions de parents ou grands-parents concernant la transmission de la foi aux enfants ou petits-enfants. Là aussi, Mgr Léonard nous a rassurés en nous disant que nous avons une grâce prophétique pour eux, une grâce de porte-parole de Dieu ! : « De temps en temps vous en constaterez les effets, mais la plupart du temps ça se passe dans l'invisible. Il faut y croire ! Cette grâce sera efficace. Vous constaterez un jour que toute votre intercession pour eux sera couronnée de gloire, si ce n'est pas en cette vie, vous le constaterez à coup sûr dans le monde qui vient. »
Donc il reste vrai que nous avons à nous demander chaque jour : que faisons-nous de la grâce de Dieu dans notre vie ?
Demeurer fidèle à celui qui nous a blessé, qui parfois nous a trahi, ce n'est pas raisonnable à vue humaine, c'est une folie que Jésus nous demande. Mais pour qu'on puisse le vivre sans être écrasé par une exigence qui nous dépasse totalement, il faut que la miséricorde nous porte et c'est une des raisons pour laquelle Jésus lui-même a vécu une telle solitude et une telle expérience de trahison : « L'abandonnant, ils s'enfuirent tous... » (Mc 14. 50). Jésus meurt seul, mais fidèle à son Père et fidèle à tous ses disciples qui l'ont abandonné. Quand nous vivons une situation d'abandon, il se fait proche de nous. Jésus est le Simon de Cyrène universel de toute l'humanité.
« Vous, séparés fidèles, qui êtes dans une situation meurtrissante, si vous faites le choix de la fidélité avec Jésus, pour Jésus, en Jésus, il vous fera passer, comme Marie-Madeleine en pleurs, du vide à la plénitude, de la nostalgie au témoignage. J'ai été heureux d'entendre vos témoignages hier soir à la veillée de prière. Quand on renonce à quelque chose pour l'Amour du Seigneur, cela peut porter du fruit chez d'autres. Cela se passe dans l'invisible, « mais ton Père qui voit dans le secret, te le rendra ». Il y a une fécondité attachée au renoncement que Jésus nous propose quand on a vécu le drame d'une séparation. Il faut découvrir progressivement comment le choix exigeant de rester fidèle porte du fruit. Le Seigneur nous fait goûter parfois la fécondité de ce choix. Il vous donnera la conviction intime que ce choix en aidera d'autres à vivre la même chose. »
Pour plusieurs participants, c’était la première fois qu’ils entendaient parler de cette réalité et quelques-uns ont pu dire combien ils étaient bouleversés par cette découverte : la fidélité à la grâce du sacrement de mariage peut aller jusque là !
L’ambiance chaleureuse, accueillante, amicale et fraternelle a hautement contribué au profond respect et à la haute estime de l’autre.
Quelle joie pour nous que de deviner davantage l’ampleur de notre mission en faveur du sacrement de mariage, et quelle grâce que de constater progressivement la grandeur de notre place irremplaçable dans l'Eglise : elle nous attend ! Les couples mariés, les couples en difficulté, les jeunes qui hésitent à s'engager pour la vie, les jeunes qui sont en recherche, ils ont tous besoin de notre témoignage de fidélité ! « Il faut y croire ! », dirions-nous avec Monseigneur. Que la riche expérience de cette belle récollection nous incite à ne pas gaspiller cette grâce !
Jeanine