Index de l'article

La Belgique est loin de compter autant de saints que la France et peut-être pas des saints aussi connus que, par exemple,  la petite Thérèse de l’Enfant-Jésus auprès de laquelle nous avons vécu une retraite il y a quelques années.  Nous voudrions cependant vous en faire découvrir quelques-uns qui ont marqué l’histoire de la chrétienté en Belgique et l’Eglise universelle.saint-materne
Saint Materne, disciple de saint Pierre, est venu avec ses frères, saint Euchaire et saint Valère, évangéliser la Gaule du Nord vers l’an 50.  Les deux aînés, compagnons de mission, s’attardent en Alsace, plus précisément à Trêves, l’antique capitale de la tribu celtique belge.  Saint Materne, à la mort de ses frères, prend son bâton de pèlerin et de prédicateur et s’en vient à Tongres, première ville de la Belgique actuelle à entendre le message du Christ.  Sa mission d’évangélisation va s’étendre tout le long de la Meuse ainsi que vers le Nord, jusqu’à Utrecht, une ville des Pays-Bas.
Dès que saint Materne arrive à Tongres, l’évangélisation connaît un grand succès : de nombreuses conversions ont lieu et très vite naissent les premières communautés chrétiennes. Suite à ces conversions massives, Materne bâtit un oratoire en l’honneur de la très sainte Mère de Dieu pour laquelle il a une grande dévotion.  On prétend que ce fut le premier oratoire dédié à la Vierge Marie au-delà des Alpes.
julienne_de_mont-cornillonMille ans plus tard, en 1192, naquit en Belgique, à Rétine, une petite fille du nom de Julienne. Orpheline à 5 ans, elle est recueillie par les sœurs Augustines du Mont Cornillon où elle prend l’habit à l’âge de quatorze ans.  Elle a régulièrement des visions dont celle de la lune rayonnante de lumière mais divisée en deux par une bande noire.  Elle cherche obstinément une signification à cette vision.  Dieu la lui révèlera.  La lune représente l’Eglise et la bande noire signifie l’absence d’une fête solennelle dans l’Eglise, celle du Saint-Sacrement, qui doit être instituée pour ranimer la foi et pour expier les fautes commises contre ce sacrement. Mais pour obtenir de l’Eglise l’institution de cette fête, sainte Julienne se heurte à de nombreuses résistances au point de devoir quitter son monastère.  En 1246, une première fête eut lieu mais l’évêque, Robert de Langres, mourut avant la tenue du synode qui devait l’établir par mandement officiel. La fête disparut pendant quinze ans tellement l’opposition était forte. C’est finalement par la bulle Transiturus de hoc mundo d’Urbain IV, ancien vicaire de l’évêque Robert de Langres, que la fête du Corpus Domini devint fête de l’Eglise universelle.  Sainte Julienne du Mont Cornillon mourut en 1258 sans avoir connu l’instauration de cette fête par l’Eglise.saint-damien-of-molokai

Enfin, parlons de saint Damien de Veuster ou Damien de Molokaï récemment canonisé. Septième d’une famille de huit enfants, il a un grand amour pour l’adoration eucharistique qui le soutiendra dans sa mission. Jeune religieux, il prend la place de son frère malade pour partir sur l’île de Molokaï.  C’est là que sont isolés les lépreux.  Il va s’en occuper jusqu’à la fin de sa vie avec un grand amour fraternel au point de devenir lui-même lépreux. Sa grande désolation est de ne pouvoir se confesser régulièrement, étant le seul prêtre du lieu.  Il meurt le 15 avril 1889, quelques jours avant Pâques.  Et voici ses dernières paroles : « Qu’il est doux de mourir comme un enfant des Sacrés-Cœurs de Jésus et Marie ! »