Non, l’indissolubilité du mariage n’est pas une règle imposée par l’Église, elle n’est pas non plus une simple tradition culturelle. Elle est inscrite dans le don que les époux font d’eux-mêmes...
Sans ce caractère irrévocable de la donation ils ne feraient que se prêter. Le cœur épris le sait bien. « Ne me quitte pas » n’est pas seulement la chanson d’un poète ; c’est la prière secrète de quiconque donne sa foi. Plus encore que cette prière, il y a dans l’amour nuptial cette promesse : « jamais je ne t’oublierai. » Ainsi s’épousent-ils. Pour le meilleur et pour le pire.
Les épousés sont donc inséparables. Pourtant il arrive qu’ils se séparent. Parfois à la suite d’un éloignement progressif, dont ils ne se sont même pas rendu compte, d’autres fois à cause d’une situation fausse qui s’est instaurée de façon irrémédiable, ou encore à l’occasion d’une cassure brutale. Que reste-t-il, quand il ne reste plus rien ? L’appel demeure. Tu es responsable de ce que tu as apprivoisé, dit le renard au petit Prince. L’autre peut partir à l’autre bout du monde, de ton monde, être très loin géographiquement, psychologiquement, spirituellement, il ne sera jamais dans un lieu totalement étranger ou inaccessible à l’amour miséricordieux du cœur du Christ. Et donc du tien, si tu communies un tant soit peu à l’amour du Seigneur.
Et le don, est-ce qu’il demeure ? L’autre, dont tu dis peut-être qu’il n’est pas un cadeau, est-il encore un don de Dieu ? Ou Dieu se repent-il de ses dons ? Osons cet acte de foi : les dons et l’appel de Dieu sont sans repentance (Ro 11,29).