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coeurchristnov2010Mon épouse est l'aide que Dieu a choisie pour moi, le canal de mon chemin de sainteté. Pardonnez-moi l'emploi du mot canal. En l'utilisant, je le fais avec respect vis-à-vis de mon épouse. Oui, je crois que la transmission de l'amour de Dieu entre époux se réalise dans notre pleine humanité d'homme et de femme devenus pleinement « un » par la grâce du sacrement de mariage.

En effet, Dieu, le jour de notre mariage, a fait sien notre choix en accueillant et en bénissant nos « Oui ». Par sa grâce, Dieu a créé cet état qui fait que nous sommes devenus l'un pour l'autre « ce matériau » qu'Il a choisi pour que nous allions vers Lui. Ce don est magnifique, car Il a mis en nous cette nouvelle semence, après celle de notre baptême, pour que nous soyons à son image et à celle de son Fils, c'est-à-dire saints. Cette semence ne peut croître que si nous persistons à vouloir le bien de notre conjoint malgré notre division conjugale. Cela dépend de moi et non de l'autre. « L'homme doit aimer sa propre femme comme lui-même et la femme doit avoir du respect pour son mari » (Ep 5, 33).

Nous pouvons être victimes en subissant la séparation, la tourmente du divorce, l'absence de relation avec notre conjoint... et pourtant nous pouvons être sûrs d'être aimés par notre Dieu. « Elle est sûre cette parole : si nous supportons l'épreuve avec Lui, avec Lui nous règnerons » (2 Tm 2, 11). La solitude, le manque de confiance en nous et en l'autre, la peur de l'avenir peuvent nous paralyser. Cependant, sommes-nous sans cesse reconnaissants pour la présence aimante de Dieu et pour sa miséricorde qui nous rétablit dans notre dignité ? Alors que notre conjoint, même s'il paraît serein, n'a pas conscience de cet amour divin dans sa vie, je crois que c'est cet amour-là que lui aussi recherche. Nous avons tous été créés pour accéder à la béatitude éternelle. Grâce à la présence du Seigneur dans nos liens familiaux, nos liens d'amitié, et dans toute notre vie, nous sommes appelés dès aujourd'hui à la vivre au quotidien. C'est une grâce magnifique.

 

N'avons-nous pas à transmettre cette grâce avec l'aide de Celui qui est notre premier prochain ? Il ne s'agit pas de le faire coûte que coûte avec une attitude figée sur le bien-fondé de notre choix de fidélité. Le chemin pour faire un effort de vérité, de lucidité sur moi, pour pardonner, ne me fait-il pas du bien comme à toi, mon épouse ? Invisiblement, je te donne quelque chose du Christ et, en passant par moi, la grâce me fait du bien à moi aussi. Cela nous édifie malgré la séparation dans nos cœurs. Te faire profiter de ces progrès est aussi une ouverture, une main tendue vers toi et une invitation pour moi à t'aimer comme Dieu t'aime. Soyons sûrs que l'amour de Dieu ne nous manquera pas. Essayons chaque fois que possible de rendre présent cet amour divin par de petits gestes, en prenant peut-être des nouvelles de notre conjoint, en s'intéressant à ce qu'il fait, en partageant des faits ou des décisions sur notre famille.coeurjsusnov2010

Cette grâce est toujours offerte dans le sacrement. Sa source est celle du cœur de Jésus qui est mort sur la croix et ressuscité pour nous. La croix, qui ne va pas de soi dans ma vie quotidienne, est paradoxalement ce chemin qu'il m'est donné de choisir, en consentant à des efforts, pour chercher sans cesse et sans me décourager à aimer mon épouse. Seul le Seigneur peut m'en rendre capable, si j'accepte de m'abandonner à Lui en offrant mes pauvretés, mes limites. Ce chemin de vie est une lente maturation pour renaître et devenir saint comme Jésus le veut pour chacun de nous. « Soyez parfaits, comme votre Père du ciel est parfait » (Lc 6, 16).

« Et voici ma prière : que votre charité croissant toujours de plus en plus s'épanche en cette vraie science et ce tact affiné qui vous donneront de discerner ce qui est important, de vous rendre purs et sans reproche pour le Jour du Christ, dans la pleine maturité de ce fruit de justice que nous portons par Jésus-Christ pour la gloire et la louange de Dieu » (Ph 1, 9-11).

Ces quelques mots ont été écrits en écho à notre appel à la sainteté célébrée en Église à la Toussaint.